La séance du dimanche: Cuba une odyssée africaine

27 Nov

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« Le sang d’Afrique coule abondamment dans nos veines. D’Afrique, vendus comme esclaves, arrivèrent bon nombre de nos ancêtres, et beaucoup d’entre eux combattirent dans les rangs de l’armée de libération pendant les guerres contre le pouvoir colonial espagnol. Nous sommes frères des Africains et pour eux nous sommes disposés à combattre. »
Fidel Castro, 22.12.1975, discours de clôture au Ier Congrès du Parti communiste cubain

Militaire et civil, l’engagement de la révolution Cubaine au côté des mouvements de libération, en particulier africains, est un cas unique dans l’histoire. Pays du tiers-monde, le cuba socialiste a été et reste un pilier de la coopération internationale.  A l’heure de la mort de Castro, l’histoire de la révolution cubaine nous rappelle que la solidarité internationale est «intrinsèque» à toute expérience révolutionnaire. De la kalachnikov au stéthoscope, les révolutionnaires Cubains ont été des acteurs  de la décolonisation de l’Afrique et de la lutte contre le néocolonialisme. A sa libération  Nelson Mandela fait son premier voyage a Cuba et ne dit pas autre chose. Les actions en Afrique de la révolution Cubaine ont été décisives pour sauver l’Angola, puis permettre l’indépendance de la Namibie qui viendront précipiter la chute de l’Apartheid en Afrique du Sud. La défaite militaire des Sud-Africains en Namibie a eu un énorme impact sur les Noirs d’Afrique du Sud. Il ne faut pas sous-estimer l’élément psychologique dans un processus décolonial. La victoire de la SWAPO et des Cubains a remis en cause l’idée de la supériorité blanche.

Fidel Castro vient de mourir, au-delà des échecs et des réussites de la Révolution cubaine il faut garder celle de l’internationalisme vivante. A l’heure ou les peuples d’Europe s’enferme dans un nationalisme étroit, c’est une des leçons qu’il faut retenir de la Révolution cubaine.

Et si la Guerre Froide nous était vraiment contée… Cuba, une odyssée africaine, raconte l’histoire de la Guerre Froide dans son théâtre le plus méconnu : l’Afrique

Cuba, Une Odyssée Africaine

Sur ce continent, entre 1961 et 1989, ce ne sont pas seulement deux super-puissances qui se sont combattues, comme on le croit trop
souvent, mais quatre adversaires aux intérêts définis et opposés.

Les Soviétiques voulaient étendre leur influence sur un nouveau continent, les Etats-Unis entendaient s’approprier les richesses naturelles de l’Afrique, les anciens Empires sentaient vaciller leur puissance coloniale et les jeunes Nations défendaient leur indépendance nouvellement acquise.
Contre le capitalisme, le socialisme ou le colonialisme, ces peuples disposant pour la première fois de leurs pays constituèrent une sorte de troisième bloc et combattirent au nom d’un nouvel idéal : l’internationalisme comme arme pour assurer l’indépendance nationale.

Tous les jeunes révolutionnaires africains comme Patrice Lumumba, Amilcar Cabral ou Agostinho Neto firent appel aux guérilleros cubains pour les aider dans leur lutte. Et la Cuba de Fidel Castro s’est mise à jouer un rôle central dans la nouvelle stratégie offensive des nations du Tiers-Monde contre le colonialisme des empires anciens ou nouveaux.

Derrière cette guerre dite « froide » et ses conflits que l’on a cru « par procuration », depuis l’épopée tragi-comique de Che Guevara au Congo jusqu’au triomphe de la bataille de Cuito Cuanavale en Angola, Cuba, une odyssée africaine raconte l’histoire de ces internationalistes dont la saga explique le monde d’aujourd’hui : ils ont gagné toutes les batailles, ils ont fini par perdre la guerre.

On appelait « internationalistes » les combattants cubains engagés sur les fronts de la guérilla en Afrique et en Amérique latine. Dans les années 60, les interventions en Afrique ont été nombreuses, mais restent méconnues. C’est au Congo, peu après l’assassinat du leader indépendantiste Patrice Lumumba, que Che Guevara reprend le maquis pour prêter main-forte aux rebelles. Opérant sous une fausse identité (« Tatu« , un prénom swahili), le guérillero, secondé par une centaine de Cubains noirs, tente, en 1965, de faire tomber le pouvoir « néocolonialiste » installé à Kinshasa. Cette première aventure se solde par un fiasco militaire. Mais un an plus tard, La Havane s’attaque au maillon faible de l’empire lusophone, la Guinée, et fournit un soutien technique aux troupes d’Amilcar Cabral, dont la lutte aboutit à l’indépendance du pays en 1974.

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Ce second volet est consacré au plus haut fait d’armes des internationalistes cubains : la lutte pour l’indépendance de l’Angola. Dans la guerre qui débute en 1975, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) d’Agostinho Neto, prosoviétique, affronte deux autres rébellions soutenues par les États-Unis et l’Afrique du Sud. Dans cette guerre qui n’a de froide que le nom, La Havane dépêche un corps expéditionnaire de 35 000 hommes sans prévenir le grand frère soviétique. Cette intervention permet au MPLA de proclamer l’indépendance angolaise le 11 novembre 1975. Castro entame une tournée triomphale en Afrique, mais la stabilité angolaise reste fragile. En 1987, le Lider Maximo engage des forces supplémentaires aux côtés du MPLA. Un an plus tard, les Cubains s’invitent aux négociations qui s’ouvrent au Caire entre Angolais et Sud-Africains, sous les auspices américains, pour mettre fin au conflit. Des pourparlers qui aboutiront aussi à la libération de Nelson Mandela

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