Une vie ordinaire en Palestine occupée

20 Déc

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Il y a cinq ans jour pour jour, Salah Hamouri sortait de prison, libéré dans le cadre de l’échange de 1027 prisonniers politiques palestiniens contre le soldat franco-israélien Guilad Shalit. 

Dès le départ, cette liberté était conditionnelle et partielle. Pendant plusieurs mois, il n’a pas eu le droit de sortir du territoire. Ensuite, il est régulièrement convoqué pour des interrogatoires, chacun de ses passages à la douane durent des heures. En 2014, des personnes « suspectées » d’être invitées à son mariage sont refoulées à la frontière. En mars 2015, les autorités israéliennes lui remettent un ordre militaire lui interdisant de se rendre en Cisjordanie, où il est inscrit à la faculté. Cet ordre militaire initialement prévu pour six mois est renouvelé, le restreignant dans ses mouvements et dans son parcours universitaire durant un an.

Aujourd’hui, cela fait près d’un an qu’il est éloigné de sa femme, incarcérée puis expulsée vers la France en janvier 2016, alors qu’elle était enceinte de six mois et qu’elle possédait un visa lui permettant de vivre légalement à Jérusalem. Eloigner Salah Hamouri de sa femme et son fils, est un moyen de pression, un chantage, pour le forcer à quitter Jérusalem, sa ville, et sa patrie. Mais c’est bien mal le connaître.

Même loin des geôles israéliennes, la liberté n’est jamais totale. Dans chacun des détails de la vie des Palestiniens, l’occupant vient régulièrement se rappeler à leur « bon » souvenir. Cette histoire n’est pas un cas isolé, il existe des centaines de milliers de parcours de vie similaires à celui de Salah Hamouri, certain-e-s sont assigné-e-s à résidence, d’autres contraints à l’exil. 7000 Palestinien-ne-s sont toujours incarcéré-e-s dans les prisons israéliennes.

« Mais nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir. «  Mahmoud Darwish

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