VTC, voyage pour la lutte des classes

20 Déc

Il y a un an et demi alors que la Porte Maillot était le théâtre d’affrontement entre taximen et ubermen nous écrivions

« Les affrontements entre « Ubermen » et « Taximen » nous montrent qu’une fois encore nos quartiers sont les laboratoires des politiques libérales comme ils sont le lieu d’expérimentation des politiques répressives. Si on veut arrêter d’être des cobayes pour le « grand capital»  il est impératif de remettre la question sociale à l’agenda de nos luttes. »
Aujourd’hui majoritairement ceux et celles qui se sont lancés dans l’aventure du VTC déchantent. Macron a fait rêver tout le monde avec sa loi, laissant entendre qu’il suffisait d’acheter une grosse berline, de bien l’entretenir et de bien s’habiller pour sortir de la misère économique du quartier. L’avenir appartenait aux auto-entrepeneurs du VTC. La réalité c’est que quand tu es VTC tu transportes plus souvent ton voisin, ta voisine, des gens bien souvent sans oseille que Georges Clooney ou des patrons du Cac40. En clair tu as investi dans une grosse berline que tu astiques tous les jours pour faire plus souvent des Bobigny-Creteil que des places Vendôme-Champs Élysées. La vie de VTC c’est de transporter des banlieusards d’un point à un autre. C’est un marché du transport des pauvres sur lequel seul Uber gagne de l’argent par le nombre impressionnant de courses payées une misère. C’est une vie de taco collectif comme au Bled. Si on pouvait devenir riche avec ce système, au bled tous nos cousins seraient millionnaires.

Ceux et celles qui se sont lancés la dedans sont aujourd’hui floués. Les plus lucides et les plus courageux se mobilisent et s’organisent pour améliorer leurs conditions de travail en se battant pour obtenir un contrat de travail. Le fameux contrat de travail dont les libéraux comme Macron nous explique que c’est un archaïsme. Voilà donc les frangins et les frangines qui il y a encore 2 ans se voyait en chef d’entreprise réclamer un contrat de travail pour devenir salarié. Le fameux retour du réel.

L’exploitation Uber c’est la réalité des promesses de Macron en direction des quartiers populaires. Le monde que nous vend le candidat de la banque Rothschild c’est ce monde-là.

macron

« On le voit avec l’exemple qu’offre Uber dans la région parisienne : des gens souvent victimes de l’exclusion choisissent l’entrepreneuriat individuel parce que pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, c’est plus facile de trouver un client que de trouver un employeur … Ils se lancent, ils travaillent plus, la rémunération ne suit pas toujours, mais ils ont accès à l’activité économique et à des perspectives de mobilité … il y a une palette beaucoup plus large entre les politiques de solidarité – les minima sociaux et le chômage – et le CDI ». Nous expliquait macron le 7 janvier 2016
La promesse de Macron aux quartiers populaires : un mondes à 4 € de l’heure parce qu’on vient d’un quartier populaire et que l’on est jugé inemployable par une société française gangrenée par le racisme et par la haine des classes populaires urbaines.

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