« Pas d’humanité à Calais » dit le gouvernement

2 Fév

jeteedecalais
Texte de Passeurs d’Hospitalités.

La concentration des exilés sur le site du bidonville de Calais a accompagné la politique 0 squats à Calais. Avec la destruction du bidonville, le mot d’ordre est « zéro migrant » à Calais. Ce qui se traduit par une pression policière, des contrôles au faciès, des arrestations, des placements en rétention, des expulsions, des violences. Et maintenant par le refus de toute mesure humanitaire, décision annoncée par les ministres de l’intérieur et du logement aux associations.

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2017/01/30/migrants-le-gouvernement-refuse-tout-dispositif-humanitaire-a-calais_5071784_1654200.html

Chacune de ces étapes s’est accompagnée de promesses, pour désamorcer les oppositions possibles, voire obtenir la participation de certaines associations. Que les exilé-e-s seraient « toléré-e-s » sur le site où s’est construit le bidonville, ce qui a été interprète comme la promesse qu’ils et elles n’en seraient pas expulsé-e-s (voir ici et ). Que les personnes qui partaient en CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation – voir ici, ici, ici et ) ne seraient pas placées en procédure Dublin, puis que si elles l’étaient elles ne seraient pas expulsées de force (voir ici, ici, ici, ici, ici et ). Qu’un dispositif humanitaire serait mis en place à Calais après la destruction du bidonville.

Il se trouve donc que des ministres peuvent mentir. Les tensions sont devenues très fortes entre les associations qui considéré les promesses ministérielles comme vérité vraie, et celles qui ont considéré à tout le moins qu’il fallait s’en méfier, et qui ont dénoncé les à côté négatifs qui se mettaient en place sans opposition notable. On est bien loin du printemps et du début de l’été 2014, quand les associations se mobilisaient toutes ensemble, avec leurs différences, face à deux vagues d’expulsion (voir ici, ici, ici, ici et ).

Nous sommes à Calais dans une situation pire qu’elle l’était par exemple en 2014. La réponse est-elle humanitaire ? Pour répondre dans l’urgence aux besoins de base, probablement. Mais l’État n’a pas tous les droits, il a aussi des devoirs, en terme d’hébergement d’urgence des personnes sans logis, de protection des mineurs en danger et de protection des réfugié-e-s. L’application du droit ferait disparaître les besoins humanitaires, et les personnes en exil ont des droits qui doivent être respectés. Et au-delà du droit, si nous voulons vivre dans une société solidaire, c’est à nous qu’il revient de la construire, en tenant compte que le gouvernement actuel ne va pas dans cette direction-là.

 

 

Photo : jetée de Calais, par JP Caroussel

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