Livre du samedi : Nos mythologies économiques / Eloi Laurent

4 Mar

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Parce que nos mythologies économiques polluent le débat public et empoisonnent l’esprit démocratique, ce pamphlet – écrit par un économiste – entend tout autant immuniser les citoyens contre ces mystifications, que désenvoûter la politique de son charme mortifère.

L’économie est devenue la grammaire de la politique : elle encadre de ses règles et de ses usages la parole publique, à laquelle ne reste plus que le choix du vocabulaire, de la rhétorique et de l’intonation. Or, pas plus que l’économie n’est une science, la grammaire économique n’est un savoir. Elle relève plutôt de la mythologie : une croyance en un ensemble de représentations collectives aussi puissantes que fausses.

Ce livre se propose de déconstruire trois discours aujourd’hui dominants, parvenus à différents degrés de maturité et qui reposent largement sur des mythologies économiques : le néo-libéralisme finissant, la social-xénophobie émergente et l’écolo-scepticisme persistant. Parmi les quinze mythologies économiques majeures que ce livre déconstruit : « Une économie de marché dynamique repose sur une concurrence libre et non faussée », « Il faut produire des richesses avant de les redistribuer », « Les flux migratoires actuels sont incontrôlables et conduisent au grand remplacement de la population française », « L’immigration représente un coût économique insupportable », « Les marchés et la croissance sont les véritables solutions à nos crises écologiques », « L’écologie est l’ennemie de l’innovation et de l’emploi ».

Extraits: « Les promoteurs du prétendu libre marché ne réclament absolument pas la fin de l’intervention publique dans l’économie, ils demandent simplement que celle-ci soit détournée en leur faveur ». « C’est la puissance publique, en l’occurrence d’obédience socialiste, qui a organisé dans les années 1980 la libéralisation des marchés financiers… dans le but de financer sa dette publique sur des marchés ainsi rendus plus profonds. La mystification est complète lorsque, trente ans plus tard, l’État français, à nouveau d’obédience socialiste, entend réduire sa dette publique et sabrer dans les dépenses sociales au nom d’impératifs qui lui seraient imposés par les marchés financiers !… La puissance économique de l’État est parfaitement intacte, elle a simplement été mise au service d’une autre cause que le progrès social »

« Les inégalités sont non seulement injustes mais elles sont tout autant inefficaces. Elles provoquent des crises financières. Elles substituent la rente à l’innovation. Elles empêchent l’essor de la santé et de l’éducation. Elles figent les positions sociales. Elles paralysent la démocratie. Elles aggravent les dégradations environnementales et nourrissent les crises écologiques »

 

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