Livre du samedi : Dans la peau d’un Thug 2 /Nargesse Bibimoune

7 Oct

Dans la peau d’un Thug 2 / Nargesse Bibimoune

« A peine on effleure notre bonheur du bout des doigts qu’il s’éloigne un peu plus. ». Après l’hécatombe qui a ravagé sa vie et torturé son esprit, Youssef Bekri se reconstruit. À la fois père, mari, frère et fils, il s’efforce d’assumer tant bien que mal ses différents rôles. Pourtant, la solitude reste sa compagne la plus fidèle. Seul dans sa souffrance, seul dans sa tête, seul dans sa vie. Mais qu’il le veuille ou non, « You » n’est pas tout seul. Hanté par les fantômes des siens, il tente de mener une vie normale loin des embrouilles du quartier, et de rendre heureuse celle qui a su voir le meilleur chez lui dans les pire instants. Youssef le sait, il n’est que le fruit de ses expériences, et quand celles-ci ne riment qu’avec souffrances et drames, comment prétendre au vrai bonheur ?

Nargesse Bibimoune nous offre avec ce tome 2 un véritable questionnement sur les séquelles irréversibles de la douleur et les conditions de vie dans les quartiers populaires.
Extraits:

« Rien de bene à venir petit frandjo, rien de palpitant. Tu palperas des milliers que tu dilapideras bien trop vite dans tes propres dettes, celles de la famila, dans les plaisirs charnels de la vie, dans l’excès de sexe, d’alcool, de cam… Puis sur ton chemin sinueux t’entraineras une petite meuf qui chercherait dans ton regard triste l’amour que la vie n’a pas su lui donner. Tu l’aimerais sincèrement mais tu lui montreras maladroitement. Pour elle, tu stopperas ton bizz un instant. Un instant seulement parce que finalement tu comprendras qu’il n’y a que la dedans que tu te sens vivre. Il n’y a que là-dedans que tu t’accomplis vraiment. Même si c’est sale. Même si c’est hlam. Même si au fond de toi tu sais que tes mains elles ne sont pas faites pour cette merde. Tu y retourneras. Inlassablement. Comme moi. Comme tous ceux que la vie a mis dos au mur, et qui n’ont plus que ça pour avancer. Y’aura ce que tu voudras lui donner et ce que tu seras en mesure de faire, et cette écart permanent te brisera chaque jour, et la décevra toujours plus. Alors sois elle endurera avec la patience d’une guerrière, soit elle te plaquera salement pour que tu retournes à ta galère. Dans tous les cas mon petit frandjo, tu seras seule. Seul sous ta capuche, seul face au juge, seul dans ta tombe. Le cœur engourdi, les yeux éternellement rougis, l’haleine skyeuse, la vie laborieuse, éternellement seul. »

[…]

« Ce qui ne nous tue, nous rend plus fort. » Il est où le lien entre la force et la mort? Si tu es passé à coté de la mort, c’est que tu as éprouvé ton corps à l’extrême, et sa régénération elle ne se fera pas automatiquement, elle ne fera peut-être même jamais. Cette phrase c’est la plus grosse escroquerie de l’humanité, ce qui ne te tue pas, te laisse complètement meurtrie, déchiqueté, au bout du bout à demi-mort. La vrai phrase ce devrait être, ce qui ne t’a pas tué, te traumatisera toute ta vie jusqu’à ta mort. »
[…]
« Comme je le dis depuis toujours, les relations sont comme des miroirs, quand ils se cassent c’est définitif, on a beau recoller les morceaux, les fissures sont présentes jusqu’au bout. »
[…]
« Le concept « d’amour éternel » c’est la plus grosse escroquerie du siècle. Comment ça pourrait exister alors que même nos vies ne le sont pas? »
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :