Archive | janvier, 2018

Barbès Blues au temps du couvre-feu (77) / Farid Taalba

31 Jan

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

« Comme je te l’ai déjà dit, au temps où Bou Baghla débuta le feuilleton qui allait tenir en haleine tout le pays pendant quelques années, c’est-à-dire au temps de mon arrière-grand-père (Que dieu ait son âme !), seule la forteresse des Zouaoua n’avait pas été pénétrée par l’armée française dont les généraux salivaient des babines comme le chacal au moment de surprendre le coq posté sur son monticule. Mis à part chez les At Mellikech et les At Wezllagen, toutes les tribus de la vallée de la Soummam et d’une bonne partie du pays avaient été forcées de se soumettre sous le feu des armes et l’usage de la terreur. Coupés de la plaine et des débouchés qu’elle offrait à leur survie, les Zouaoua vivaient en état de siège, si ce n’est au bord de l’asphyxie. Lire la suite

La solidarité est une arme

30 Jan

Les personnels sous-traités par la société HEMERA à l’Holiday Inn Paris-Clichy sont en grève reconductible depuis ce jeudi 19/10/2017 pour le respect de leurs droits et de leur dignité. Ils revendiquent : le respect des contrats de travail ; l’augmentation des qualifications, donc des salaires ; le respect des accords de site passés avec l’ancienne société, sur la durée du travail ; le paiement de toutes les heures travaillées ; le versement d’une prime de panier, comme pour les salarié(e)s de l’hôtel ; l’attribution d’une prime de 13e mois, égale à 1/12e du salaire annuel ; la suppression de l’abattement de 8 % sur la base des cotisations sociales.

Le pot commun pour soutenir les grévistes

 

 

Réunion d’ouverture / Comité de Soutien Juridique Banlieue IDF

29 Jan

Créé à la suite des révoltes de l’automne 2016, le Comité de Soutien Juridique souhaite fournir des conseils juridiques à toute personne qui en aurait besoin, et apporter son soutien aux personnes interpellées et à leurs proches. Il fait le lien avec des avocats militants. Dans les prochains mois, le collectif veut monter des formations sur le fonctionnement de la justice pour comprendre ce qui est en jeu tout au long de la procédure : de l’arrestation à la sortie de prison, en passant par la case tribunal.

Dès nos premières actions, notre idée était qu’il est nécessaire de s’emparer de la question de la « justice », parce que moins on la connait, plus la répression est dure. Nous nous organisons, de manière concrète et efficace, avec les familles et les concernés qui le souhaitent pour se mettre en capacité de se défendre face à la répression d’État, la justice et la police.

Après plusieurs mois de travail, il est l’heure d’élargir les rangs du collectif.

C’est donc dans l’objectif de présenter le collectif et de décrire plus précisément nos actions que nous vous proposons de se rencontrer, le samedi 3 février à 14H30, au CICP, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris (métro rue des boulets).

Pour les contacter, RDV sur leur site (ici), leur facebook () ou via ce mail : comitedesoutienjuridique@riseup.net

CSJ#AutodéfenseJuridique

Black Mirror Selekta #13 : Tribute To Ann Peebles !

29 Jan

ann peebles copie.jpg

Black Mirror, l’émission hip-hop nous rappelle, cette semaine encore, que la zik fait partie de notre histoire : la double selekta de cette semaine rend hommage à la deep soul d’Ann Peebles !  Bijoux originaux de Memphis et Samples & Covers, ou comment la musique survit au temps qui passe, se transforme, et nous avec. Bonne écoute !


Cette semaine, on poursuit notre série d’hommages aux grandes voix trop méconnues de la soul sudiste avec Ann Peebles, égérie du fabuleux label Hi Records qui lui doit d’être revenu au premier plan au tournant 70’s, en compagnie de l’autre star de l’écurie, le révérend Al Green.

Comme tant d’autres, c’est très jeune et à l’église qu’elle forgea la ferveur de son expression, la puissance de sa voix, la rigueur de ses placements. Sa famille nombreuse officiait en effet sous la direction du daron, ouvrier la semaine et chef de chœur le dimanche dans leur ville de Saint Louis, Missouri (dont sont aussi originaires Fontella Bass et Tina Turner, pour ne citer qu’elles), et elle intégra la troupe dans les années 50, ses neuf ans à peine sonnés. Le Peebles Choir parcourait aussi les routes, et elle y croisa vite ses futures modèles, Mahalia Jackson et Aretha Franklin en tête.

C’est en entendant à la radio les premiers défroqués qui donnèrent naissance au R’n’B – dont l’immense Sam Cooke, bien-sûr – en détournant la musique de Dieu pour chanter les plaisirs terrestres, qu’elle se décida à se lancer elle aussi dans la musique profane, enchainant les concerts dans les clubs du ghetto. Un soir de 1968, alors qu’elle assiste à un concert du trompettiste et chef d’orchestre Gene Miller, elle a le culot de réclamer sa place sur scène pour interpréter le tune « Steal Away » de Jimmy Hughes. Subjugué par son audace, son magnétisme et son interprétation, le lascar – compositeur, arrangeur, producteur pour de nombreux grands, dont OV Wright, Otis Redding, Bobby Bland… – décide de la présenter aussi sec à Willie Mitchell, patron du label déclinant de Memphis, Hi Records, tourné auparavant sur la folk et le rockabilly, et qui cherche à rajeunir son répertoire. La légende veut qu’elle y enregistre dès le lendemain son premier et brillant album, « This is Ann Peebles ». Et c’est elle qui contribua grandement à redéfinir le son maison : pour sublimer sa voix et celle d’Al Green qui y débarque peu après, le génie de l’arrangeur Mitchell tourne à plein régime et concocte un alliage imparable, tout en tapis de cordes, cuivres secs et rythmiques rugueuses, servi par une équipe de musiciens incroyables : les Hi-Rythm et les Memphis Horns, Al Jackson à la batterie, Charles Hodges à l’orgue.

 

Pendant quelques années, jusqu’à ce que la peste du disco vienne tout gangréner, le son de Memphis, de la deep soul, s’invente et frôle la perfection dans ces studios à quelques rues de la légende Stax, et les premiers disques d’Ann Peebles en sont l’incarnation souvent sublime. C’est là qu’elle enregistre son plus grand tube, « I Can’t Stand The Rain », samplé un nombre incalculable de fois, et qu’elle avait écrit avec son mari, le compositeur maison Don Bryant, un soir de pluie et d’ennui. Hi Records part en lambeau à la fin des 70’s, Al Green se barre, et elle finit par retourner dans sa ville natale de Saint Louis, où elle ne chante plus que du gospel. C’est encore une fois au revival soul des années 1990 qu’elle doit son retour, fait d’albums insipides et d’innombrables tournées.

 

Une première Selekta d’abord, consacrée aux samples et aux reprises. Le son du label, à la fois riche et âpre, a en effet offert une matière inépuisable aux amoureux du grain – RZA en tête, comme souvent. On laisse évidemment une grande place au miraculeux « I Can’t Stand The Rain », dont certaines relectures sont plus que surprenantes, et on enchaîne sur ses plus belles reprises, qui tiennent bien souvent tête voire surpassent les originaux. On complète cette sélection par une deuxième selekta avec nos morceaux préférés d’une de nos chanteuses préférées. Enjoy !

Lire la suite

La séance du dimanche : Se Battre

28 Jan

Se battre

Documentaire de Jean-Pierre Duret Andréa Santana (2013)

De plus en plus de Français ont du mal à boucler les fins de mois. Le documentaire prend l’exemple de Givors (dans le Rhône, entre Saint-Etienne et Lyon), ville ouvrière victime de la désindustrialisation. La caméra suit le parcours d’hommes et de femmes, des travailleurs pauvres (ils seraient 13 millions en France), qui ne savent pas ce qu’ils Lire la suite

Livre du samedi : Le mythe national / Suzanne Citron

27 Jan

Le mythe national : L’histoire de France revisitée / Suzanne Citron

 L’identité nationale fait l’objet de vives controverses. Sur quelle vision de l’histoire doit-elle reposer? Celle d’une France gauloise, continuée par les rois, accomplie définitivement avec la République ? Ou celle d’une France métissée, faite de diversités culturelles et ethniques, ouverte sur l’avenir ?. Pour repenser l’histoire de France, il faut d’abord décortiquer, à travers les anciens manuels scolaires, le schéma du  » roman national  » de la Troisième République. Ce récit linéaire et continu d’une France pré-incarnée dans la Gaule légitime, en occultant victimes et vaincus, les pouvoirs et les conquêtes qui Lire la suite

Image

La révolte de la prison de Nancy, 15 janvier 1972

26 Jan

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

25 Jan
 
Nous, prisonniers, condamnés  ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prisons bloquent les entrées des maisons darrêt, centrales et centres de détention du territoire français. Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venus de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les anagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisines, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion » Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste. Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme. Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont psenté la prison comme un« sanctuaire de criminels » où les détenus avaient« pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.

Lire la suite

Ill Bill ft. Immortal Technique & Max Cavalera- « War Is My Destiny »

24 Jan

Fake news… Macron nous la fait à l’envers / RÉSISTONS ENSEMBLE n°169

23 Jan

 

Voici en pdf, le no 169, janvier / février 2018, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re169-janv-fev-2018.pdf

 

Fake news… Macron nous la fait à l’envers

À partir de deux actes visant des policiers (dont l’origine doit être encore éclaircie) à Champigny et à Argenteuil, tout l’appareil d’État et les médias à la botte nous inondent de larmes de crocodile sur le sort des flics. Il faudrait pleurer avec les policiers qui manifestent alors que ceux-ci ont tout pour eux : les lois sur la « légitime défense », le surarmement, et quand, par chance, une violence policière finit par arriver devant les juges, l’impunité quasi toujours assurée. Par contre, les victimes de leur violence, ces 15 personnes (en moyenne par an) qui sont tuées par leurs balles ou leurs grenades ou encore étouffées sous leurs coups, celles dont les yeux sont crevés par leurs tirs de flashballs, personne n’en parle, leur voix et celle de leur famille sont réduites au silence.
Alors, n’est-ce pas là une « fake news » de la pire espèce ? Pourtant elle est officielle, elle a même été créée par l’État.
En bon communiquant ,Macron veut nous la faire à l’envers. En annonçant sa loi contre les fake news, il veut se faire passer pour un vertueux champion du combat contre le mensonge alors qu’il est le premier producteur français de fake news . Comme si la loi de 1881 sur la presse, qui réprime diffamations et calomnies, ne suffisait pas, Macron monte une start up qui aura la tâche de dire officiellement ce qu’est la vérité. Bien entendu, le pouvoir nous jure qu’il n’y aura pas de censure,en réalité, il transforme la censure en produit marketing en nous la vendant sous la forme d’une lutte contre les fake news qui se diffusent sur internet.
Alors rappelons-nous la loi sur le fichage ADN de 1998 dont le pouvoir a d’abord prétendu qu’elle ne viserait que les pédophiles. On l’a ensuite élargie, touche par touche, jusqu’à ce qu’ en 2015 le ficher ADN compte pas moins de 2 700 000 fichés. Aujourd’hui un contrôle d’identité, une manif, une occupation d’usine ou un squat suffisent pour se faire ficher. Le refus du prélèvement ADN est puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.
La loi sur les fake news aura la même carrière. Macron a déjà préparé le terrain en décembre avec ses attaques contre les médias publics. La censure officielle réprimera ce qui nous reste encore de libertés, sa puanteur finira par nous asphyxier. Alors, ne cédons pas à l’attrait du marketing macroniste, aucune confiance à cette nouvelle entreprise de la start-up Macron. Lire la suite