Archive | mars, 2018
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Punchline du jour!

31 Mar

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Le livre du samedi : La couleur du marché / Sylvie Laurent

31 Mar

 

La Couleur du marché
Racisme et néolibéralisme aux États-Unis

Sylvie Laurent

L’enthousiasme suscité par l’élection de Barack Obama a masqué la perpétuation des inégalités raciales aux États-Unis. Cinquante ans après le vote des droits civiques, le mouvement « Black Lives Matter » et les violences policières ciblées qu’il dénonce apportent un démenti cinglant à l’illusion de l’équité.
La majorité des Américains affirme aujourd’hui que Blancs et Noirs disposent des mêmes opportunités et accusent les minorités d’être à l’origine de leurs propres échecs. Selon la doxa néolibérale du mérite et de la responsabilité individuelle que les Républicains comme les Démocrates ont enracinée dans le pays, le marché serait neutre et impartial : color-blind. Mais cette notion désigne-t-elle vraiment l’indifférence à la couleur de peau ou plutôt l’aveuglement face aux traitements discriminatoires que continuent de subir les Africains-Américains en matière d’éducation, de logement, d’emploi, de revenu et de justice ? Lire la suite

VendrediEZ #11 : Prisons au Venezuela / 30 mars

30 Mar

VendrediEZ #11 : Prisons au Venezuela

Soirées « VendrediEZ » présentées par BBoyKonsian et le Collectif Angles Morts tous les derniers vendredis de chaque mois à L’Alimentari (Paris 11e).

Depuis des décennies, le système pénitentiaire connaît une spirale de dégradation continue. Les buts théoriques de l’enfermement, la « réinsertion » et la « rééducation » des détenus ,sont si éloignés que l’idée même d’un sens de la peine, s’il existe, semble irréelle.

La Prison générale vénézuélienne (PGV), dans l’État de Guarico était une des prisons les plus grandes et peuplées du pays. Construite à l’origine en tant que ferme-prison et conçue pour accueillir 750 détenus, sa population était cinq fois plus importante, s’élevant jusqu’à 10 000 prisonniers à certains moments. Les autorités pénitentiaires, comme souvent au Venezuela, ont complètement perdu le contrôle à l’intérieur de la prison et ce sont les prisonniers, avec leurs propres règles, qui ont repris le contrôle de la prison et de tout ce qui se passe derrière ses murs.

Fin septembre 2016, après un mois de siège, des affrontements éclatent durant deux semaines, opposant l’armée aux prisonniers dotés de leur propre arsenal. Au terme de cette bataille, le gouvernement va parvenir à reprendre le contrôle de la prison qu’il va vider en transférant arbitrairement tous les prisonniers aux quatre coins du pays. Lire la suite

Marche Justice et Vérité pour Angelo Garand : Un an déjà

29 Mar

 

Le 30 mars 2017, vers 13 heures, alors qu’on s’apprêtait à partager une grillade en famille, notre proche Angelo Garand, un voyageur de 37 ans, a été exécuté chez nos parents à Seur, près de Blois, par des gendarmes de l’antenne du GIGN de Tours venus l’interpeller. Six mois plus tôt, alors qu’il purgeait une peine pour vol, Angelo n’avait pas réintégré la prison de Vivonne, près de Poitiers, après une permission de sortie familiale d’une seule journée. Alors à l’arrivée des gendarmes, il s’est juste caché dans une petite remise toute proche. C’est là qu’il a été criblé de 5 balles dans le haut du corps. Lire la suite

Barbès Blues au temps du couvre-feu (81) / Farid Taalba

28 Mar

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

« Voilà, c’est la fin du voyage, annonça le chauffeur en garant son taxi, la Mâchoire de l’Ogre est le seul barrage que je ne pourrais pas franchir même avec les papiers en règle !

– Connais-tu l’histoire de ce site exceptionnel que tu nommes un barrage ? Non. Écoute donc. Autrefois, disent les anciens, il existait un saint qui passait son temps à adorer dieu. Il était marié à une femme très belle et amoureuse de lui. La seule chose qui horripilait cette femme était de le voir se lever dès l’aube, prendre son pot à ablutions et s’en aller prier. Un jour, après qu’il eut refermé la porte de la maison derrière lui pour aller faire la prière de l’aube, la femme, excédée, s’hérissonna le poil et jura : « Emporte-le, oh toi qui est dehors, il est à toi ! ». Quand le roi des djinns entendit cette malédiction, il fondit des cieux comme un aigle, s’abattit sur le saint, le harponna entre ses serres et l’emporta au septième ciel. Cependant, contrairement à ce qu’il s’attendait, le saint fut bien accueilli par le roi qui lui demanda d’enseigner son savoir à ses enfants. Le saint accepta et resta de longues années. Un jour, alors qu’il était seul et pensait à son pays et à sa femme, le saint fut saisi par le vague à l’âme, une chaleur monta dans son corps jusqu’à comprimer ses poumons et sa gorge et, dans un sursaut ultime pour échapper à la noyade, il éclata en sanglots. Les enfants le surprirent ainsi dans son chagrin et lui demandèrent : «  Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Pourtant il ne te manque rien : dans ta vie, tu manges bien, tu t’habilles de soieries, et ainsi pour toutes les autres choses de l’existence. Maintenant, s’il y a quelque chose qu’il te manque, dis-le nous et nous le dirons à notre père pour qu’il y sustente. Le saint leur répondit : « Vous n’avez pas ce qu’il me manque. Je me suis juste remémorer mon pays et ma femme. Je voudrais les revoir. ». Dès qu’il fut mis au parfum par ses enfants, le roi des djinns amena aussitôt sa barbaque devant le saint afin de le disséquer de questions pour entendre personnellement pourquoi il avait pleuré. Ayant écouté avec attention la réponse du saint, le roi des djinns le prit en pitié et ordonna à un djinn de le reconduire vers les siens. Avant de s’élancer dans le vide, ce dernier demanda au saint de se boucher les oreilles avec des boules de coton. Et, alors qu’ils traversaient le septième ciel, sous le coup terrible du vent, le saint perdit ses boules de coton. C’est alors qu’il entendit les anges qui scandaient des poésies religieuses sur le soleil. Le djinn, qui s’en était rendu compte, ouvrit ses serres, le lâcha et le pauvre homme tomba sur le bord de la mer. Lire la suite

Quand les deux corps ne feront plus qu’un -RESISTONS ENSEMBLE N°171 – mars/avril 2018

27 Mar

Voici en pdf, le No 1171, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re171-mars-avril-2018.pdf

Quand les deux corps ne feront plus qu’un

Karim a traversé mers, montagnes et déserts, affronté mille dangers pour mourir sur un trottoir de la porte de la Chapelle. L’État et ses services l’ont traité comme un chien, non, pire : pour les chiens il y a la SPA. Idem pour Nour, mort noyé dans la Seine le 14 février.
Ce sont deux des victimes, avant même son adoption, de la nouvelle loi dite « asile et immigration » qui va être discutée au parlement en avril. Une fois adoptée elle permettra d’emprisonner dans les CRA jusqu’à 105 jours un réfugié, un sans papier sur une simple décision administrative. On est loin du maximum de 6 jours en rétention adopté en 1981. Et ce n’est pas tout : un nouveau délit est créé, le « délit de franchissement non autorisé des frontières », puni d’un an de prison. Comme si l’on pouvait demander le droit d’asile sans passer « illégalement » la frontière… Rappelons que quand il y a quelques années le gouvernement hongrois d’extrême droite d’Orban a inventé ce même délit, toutes les « démocraties occidentales » avaient crié au scandale. Aujourd’hui elles se taisent ! Puis, dans cette loi, il y a la démultiplication des restrictions, obstacles et humiliations immondes qui rendent presqu’impossible l’obtention du droit d’asile.
Le pouvoir nous raconte que tout cela ne concernera que les migrants « économiques », pas les « politiques ». Mensonge. Cette distinction entre deux sortes de migrants n’existe tout simplement pas. Tous sont des victimes d’une politique des États rapaces capitalistes qui ravagent la Terre par les guerres et le pillage économique. Tous sont réfugiés. Tous exigent leur dû pour leurs familles et leur pays et leur venue en Europe est à comprendre comme un acte de résistance face à la barbarie.
Le soi-disant « problème migrant », constamment invoqué dans les discours des hommes politiques, est le carburant de l’évolution vers des régimes fascistes partout en Europe, France de Macron comprise. Lire la suite

La pédagogie du gourdin. Retour des bâtons à la fac de droit de Montpellier

25 Mar

Capture d'écran d'une vidéo diffusée par l'une des victimes sur les réseaux sociaux.

Jeudi 22 mars soir, un commando cagoulé, armé de gourdins et de tasers dégageait, dans la plus pure tradition fasciste old school, la petite cinquantaine d’étudiants qui occupaient un amphi de la fac de droit de Montpellier, dans le cadre du mouvement national contre les « réformes » néolibérales de la Macronie : loi ORE, ParcoursSup.

Il s’agissait d’une occupation symbolique destinée à apporter une contribution également symbolique au mouvement universitaire qui se met en place et qui doit converger avec celui des cheminots et de tous ceux qui s’opposent à la contre-révolution en cours : lycéens, retraités, hôpitaux etc… Bref tous ceux qui ne sont pas invités à la garden party permanente de la start up de Macaron et ses amis. Ça fait du monde et ça défrise les caniches de garde du système. La fac de droit de Montpellier n’avait pas été occupée depuis 1968, tout un symbole. C’est peut-être ça qui est monté au cerveau (?) des courageux nervis qui se sont fait la main sur le crâne d’étudiantes désarmées et qui devaient peser 30kg de moins qu’eux. Ou alors c’est l’odeur des kebabs insurrectionnels et des salades de pâtes subversives que les étudiants mangeaient au moment de l’attaque au fond de l’amphi ? En tout cas personne ne s’est opposé à l’intrusion de cette milice. Les images sont claires : les gentils hommes en rouge, chargés de la sécurité, laissent cogner et, une fois les étudiants évacués, certains d’entre eux à l’hôpital, ils restent à l’intérieur à tailler la bavette avec les picchiatori. Étrange ? Ben non : les occupants ont vu le doyen Philippe Pétel ouvrir la porte et encourager les encagoulés à dégager la vermine anarchiste. Devant l’autorité, les kapos maison, pourtant censés veiller à la sécurité des biens et des personnes, se sont logiquement rangés du côté du manche (de pioche). Interrogé sur les faits, le même Pétel a même félicité ses « étudiants » pour avoir dégagé la fac de ses occupants, reconnaissant par ailleurs que dans le commando « il pouvait y avoir un prof de droit » (chargé du TP « droit public et barre de fer ? »), ce que confirment plusieurs étudiants témoins qui ont reconnu plusieurs profs sous leur cagoule, des très proches de Pétel, qui Lire la suite