L’Archive en Mouvement: le procès Hiblot

16 Mar

Reportage FPP – Procès Hiblot meurtrier de Youssef Khaïf –  Septembre 2001.

Le 17 mars 2018, une Marche des Solidarités va avoir lieu. A l’occasion de cet événement, on se propose d’apporter une contribution qui consiste à mettre à disposition du public un document sonore d’une émission de FPP (Radio Fréquence Paris Plurielle) pour laquelle j’avais enregistré des interviews. Elle rend compte du déroulement du procès du policier Pasacl Hiblot, meurtrier de Youssef Khaïf et que Mogniss H. Abdallah résumait ainsi : « Le 28 septembre 2001, la Cour d’Assises de Versailles a acquitté le policier Pascal Hiblot qui, dix ans auparavant, avait tué Youssef Khaïf, 23 ans, d’une balle dans la nuque, alors que ce dernier s’éloignait à bord d’une voiture volée. Prononcé dans un contexte surdéterminé par la nouvelle hantise de l’ « hyperterrorisme islamiste » et par une surenchère sécuritaire pré-électorale, ce verdict a cependant suscité une vague d’indignation au-delà des milieux déjà mobilisés contre l’impunité policière, notamment sous l’égide du MIB, le Mouvement de l’Immigration et des Banlieues1. ».

Si cette action du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues) est exemplaire, ce n’est pas pour le titre de docteur ès crimes racistes et sécuritaires qu’on se plait beaucoup à avancer pour ne le réduire qu’à ça, mais par la transmission de la mémoire des familles et des groupes qui avaient déjà précédé les militants du MIB. Une chaîne de transmission s’est ainsi relayé jusqu’à aujourd’hui à travers toutes sortes de supports journaux, radios libres, pièces de théâtre, chansons, musique, etc… Ces supports témoignent bien-sûr des douloureuses expériences que les familles et leurs amis ont eu à vivre pour se défendre dans des conditions où la vindicte publique cherche toujours les présenter comme les « coupables », mais aussi de leurs tentatives de rassemblement et de leur capacité à nourrir leur réflexion à partir de chaque expérience antérieure. Le partage de ce patrimoine vous permettra d’apprécier enfin comment leur engagement a permis de construire leur regard sur la société française, sans être spécialement passés par les Cultural Studies ou les couloirs de Paris 8, surtout à l’heure « où tant de porte-paroles de bonne volonté prêtent aux immigrés leur propre langage2 ».

Farid TAALBA

1 (Site vacarme, 06/01/2002, http://www.vacarme.org/article234.html).
2Abdelmalek Sayad, La faute originelle et le mensonge collectif, La Double Absence, Seuil, 2001, p. 25.

 

 

 

 

 

 

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :