La séance du dimanche – Kaboul : les guerriers de l’art

10 Juin

Kaboul : les guerriers de l’art

En Afghanistan, le théâtre, la danse, la musique ou le chant sont des arts jugés diaboliques par les talibans et ceux qui prônent un islam radical. « Il y a ceux qui comprennent vraiment ce que peut apporter le théâtre et d’autres qui préfèrent nous tuer », explique un acteur. « Se produire sur scène est une révolution ici : cela veut dire que l’on s’expose, que l’on se montre », selon un autre. Ce film bouleversant raconte l’histoire des membres de la troupe Azdar, qui défie la mort depuis le 11 décembre 2014. Ce jour-là, au Centre culturel français de Kaboul, Azdar donne la première d’une pièce évoquant les attentats dont est victime jour après jour la population afghane. « Le théâtre est le seul endroit où il ne doit pas y avoir la guerre », dit-on dans les travées. Mais les craintes de certains spectateurs s’avèrent fondées : au bout de vingt minutes, un kamikaze se fait exploser, faisant un mort dans le public – dont quelques-uns se demandent si l’explosion fait partie du spectacle –, et de nombreux blessés.

Pour Azdar, le temps du doute commence. Comment surmonter l’angoisse ? Quelle place peut occuper l’art dans une société aussi violente et dangereuse ? Prenant comme pivot les images de l’attentat filmé par un spectateur, Kaboul : les guerriers de l’art interroge l’intime des artistes et rend justice à leur volonté farouche de ne pas capituler, malgré leur traumatisme. Une formidable réflexion sur la résilience et la faculté de l’art à transcender la peur et les interdits. « The show must go on », diront les activistes d’Azdar, qui oseront jouer une pièce dans des conditions encore plus dangereuses (sur une place publique) quelques mois plus tard. De simples héros.

« Nous avons besoin de l’art pour apaiser nos douleurs« 

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