Archive | septembre, 2018

VendrediEZ#14

20 Sep

Soirée « VendrediEZ #14 » présentée par BBoyKonsianPeopleKonsian et le Collectif Angles Morts à L’Alimentari (Paris 11ème) le 23 novembre 2018.

Intervenants / Discussion :
* Saïd Bouamama : La Tricontinentale – Les peuples du Tiers-Monde à l’assaut du ciel

* Présentation par Rocé de la compilation « Par les damné.e.s de la terre » (Des voix de luttes 1969-1989) Lire la suite

Barbès Blues au temps du couvre-feu (98) / Farid Taalba

19 Sep

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

Madjid se cloua le bec aussi sec quand il se rendit compte que tous les visages avaient convergé vers lui comme des fusils pointés vers la même ligne de mire. « Ah, tu ne vas quand même pas retomber dans ta dépression, prescrivit amicalement le maître au rossignol quand il le vit se recroqueviller sur lui-même tel un enfant qu’on aurait pris en faute, d’autres auditoires t’attendent pour lesquels tu feras de ta peine une joie éternelle. Si nos regards se posent sur toi, sache que c’est par admiration et non par reproche. Allez, nous avons suffisamment perdu de temps, l’heure est venu pour nous de décoller au plus vite ! ». Après avoir fait leurs adieux à leurs hôtes, Madjid, le maître et Bou Taxi regagnèrent le véhicule où les attendait le musicien resté pour le surveiller en compagnie des confrères dépêchés par le mokhaddem afin qu’il ne reste pas seul en cette période où jouer aux gendarmes et aux voleurs pouvait être fatal. Ils reprirent bientôt la piste qui les amena aux environs du village de Feraoun. Ils descendirent vers l’oued Amassine, enjambèrent la rivière et débouchèrent enfin sur une route qui tranchait avec les pistes qu’ils laissaient enfin derrière eux après avoir soubresauter et été cahotés dans tous les sens. Soulagé, Bou Taxi put souffler en accélérant avec un certain bonheur qu’on pouvait lire sur son visage : « Ce n’est pas trop tôt mais on quitte enfin ces maudites pistes pleines de caillasses, de nids de poule et de dos d’âne. Il y en avait marre de tous ces tremblements de terre et de la peur de basculer dans un ravin : vive la route nationale de Bougie à Sétif ! Lire la suite

Affaire Benalla : des masques tombent / RESISTONS ENSEMBLE -175 –

18 Sep

Affaire Benalla : des masques tombent

RESISTONS ENSEMBLE – bulletin numéro 175 – septembre/octobre 2018

 

 

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf: http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re175-sept-oct-2018.pdf

Affaire Benalla : des masques tombent

« L’État est le plus froid de tous les monstres froids (qui) ment froidement » voilà ce que constatait le philosophe Nietzsche il y plus 100 ans. Mais il y a des moments de crises où le rideau de fumée qui cache les mensonges se dissipe momentanément.
C’est ce qui est arrivé avec l’« affaire Benalla ». La violence du gorille de l’Élysée n’est pourtant rien à côté de la violence quotidienne « autorisée » et « officielle » de la police : des yeux crevés, des morts, des AVC, des paralysés… Mais le grain de sable Benalla a déclenché un tel vent de panique que des responsables qui ne parlent jamais ont lâché des infos habituellement dissimulées.
En vrac : le préfet de police dénonce les « copinages malsains » à la Préfecture ; le chef des syndicats des commissaires affirme qu’à l’Élysée on voulait recruter des agents secrets « vacataires », des anciens de l’armée, des ex-SDECE ; le directeur général de la gendarmerie explique que Benalla est passé soudainement, à 26 ans, de simple brigadier au grade de lieutenant-colonel de réserve spécialiste car la réorganisation des services de sécurité de l’Élysée devait se faire entre officiers supérieurs ; le port d’arme de Benalla refusé par Colomb a été en revanche accordé par la préfecture de police ; un syndicat de police porte plainte contre Benalla, car les flics officiels veulent garder le monopole de la violence…
Ce serait ça la « République irréprochable » promise par Macron ? Oui et c’est logique. L’État est un outil à sauvegarder les libertés des possédants. Aujourd’hui une fraction de son appareil considère sous l’impulsion de Macron que des temps difficiles risquent d’arriver où la police officielle, « républicaine » sera incapable, seule, de faire le boulot de répression. En prévision de ces résistances à venir, dont on ne connaît encore ni l’ampleur, ni la forme, ni la date, que Macron s’arme avec son réseau de « barbouzes » publics et privés. C’est de ce projet que le lieutenant-colonel de réserve Benalla, venant de l’extérieur de l’appareil d’État « classique », était la charnière.
Soyons vigilants, les fascistes s’organisent et agissent (voir notamment RE 174), mais la « République exemplaire » se prépare à les accueillir dans son lit. Lire la suite

Hommage à Rachid Taha / Clermont-Ferrand

17 Sep

La musique et les paroles de Rachid Taha ont nourri notre engagement musical et militant. Elles ont bercé le quartier du Mazet comme elle a accompagné nos souffrances, nos colères, nos espoirs ou nos combats. Lire la suite

La séance du dimanche: Pauvre Europe?

16 Sep

Pauvre Europe?

Près d’un Européen sur quatre vit sous le seuil de pauvreté ou est menacé de pauvreté, une situation qui touche particulièrement les enfants issus de milieux défavorisés, les travailleurs précaires et les jeunes sans formation. Lire la suite

Livre du samedi : Lazarus

15 Sep

Lazarus est une série de bandes dessinées de science-fiction dystopique créée par l’écrivain Greg Rucka et l’artiste Michael Lark.

La main qui frappe et le bouclier qui protège…Dans un futur proche et dystopique, les gouvernements ne sont plus que des concepts archaïques : le monde n’est plus divisé par zones géographiques mais par frontières financières. La richesse est synonyme de pouvoir, mais elle n’est l’apanage que d’une poignée de familles qui la conservent jalousement. Le reste de l’humanité Lire la suite

Rentrée des classes du Front des Mères

14 Sep

Le samedi 15 septembre à Montreuil, le Front de Mères invite tous les parents et tous les acteurs de l’éducation à préparer ensemble la rentrée des classes. De manière concrète et utile, en associant nos enfants aux échanges. La journée a pour objectif de comprendre comment fonctionne l’école et débattre de quelques pistes d’organisation en tant que parents et en tant qu’enseignant·e·s.

Pour ce faire, nous proposerons des ateliers à destination des parents et des acteurs de l’éducation pour comprendre les enjeux scolaires actuels : les droits des parents, les différentes réformes scolaires, Parcoursup, l’alternative végétarienne, les dangers du numérique, entre autres sujets.

Parce que nos enfants se trouvent au cœur de nos préoccupations, nous organiserons des ateliers à destination du jeune public. Durant ces moments, petits et adolescents pourront expérimenter la transmission des luttes à travers un cours d’histoire d’un point de vue anti-colonial, pratiquer une langue de l’immigration africaine, faire du théâtre forum, exercer leur sens critique dans un cours de critique des médias ou s’ouvrir au monde en dansant sur des musiques du Sud (Bollywood).

Préparons-nous collectivement à cette rentrée !

Pour que nos enfants réussissent dans une école bienveillante, accessible à tous les enfants, ambitieuse, égalitaire et qui respecte la dignité de tou·te·s quelle que soit leur origine ou leur condition.

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Ya Raha

13 Sep

« Pourquoi ton cœur est si triste ?

Et pourquoi restes-tu là si misérable ?

Les difficultés prendront fin et tu n’as plus à apprendre ou construire quoi que cela soit

Les jours ne durent pas tout comme ta jeunesse et la mienne » 

 

Dans une interview donnée au journal l’Humanité,  Naïma Huber-Yahi historienne, spécialiste de la musique algérienne et maghrébine en France revient à l’occasion de la mort de Rachid Taha sur son parcours et son apport à la chanson française. Tout y est, il n’y a rien d’autre à ajouter pour expliquer la peine de celles et ceux qui ont grandi et vécu avec cette bande son:

« Ce « cri » en provenance de la banlieue lyonnaise, ce « rock beur » est né d’un mélange de mobilisations contre les crimes racistes et sécuritaires et de l’engouement pour la musique d’outre-manche. L’avènement de ce « London Calling » à la Française marque une rupture générationnelle forte avec les aînés qui chantaient les affres de l’exil et la nostalgie de la terre natale. Avec Carte de Séjour, les dimensions politiques et esthétiques changent radicalement : le message sera : « On est ici chez nous » et le métissage rock n’roll et langue arabe dialectale propose une nouvelle fusion d’avant-garde réjouissante. Lire la suite

Rachid Taha – Voila Voila

13 Sep

Barbès Blues au temps du couvre-feu (97) / Farid Taalba

12 Sep

 

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Le palpitant en effervescence, tout le monde boucla ses écluses après avoir bu les paroles de Bou Taxi ; chacun le goba des mirettes avec consternation. Pour débouchonner l’ambiance dont le plombage s’était concentré sur lui, Bou Taxi remit une tournée : « Vous comprendrez, maître, qu’après de tels aveux de ce zazou qui avait décidé de swinguer du fusil plutôt que du bas des reins, je n’ai pas cherché à le contredire. J’avais votre musicien sous ma responsabilité, je ne pouvais pas prendre le risque qu’il lui arrivât quoi que ce soit, cela n’aurait pas honoré ma profession de chauffeur de taxi.

– Oh, arrosa le maître avec les bulles de malice dont il avait le secret, c’est vraiment un beau métier que celui de mener les gens à bon port. Un métier qui rend sociable car il faut bien faire connaissance le temps du trajet, surtout s’il est long ! En la matière, tu as pris beaucoup de bouteille ; ce ne sont pas tous les chauffeurs qui savent parler aux gens pour qu’ils dévident tous les tracas qui engorgent les circuits de leur cerveau. L’armée devrait t’embaucher, ça lui éviterait d’utiliser la torture !

– Oui, oui, se démusela Bou Taxi qui n’était pas prêt à se laisser mordiller par la chambrette, mais cela ne m’éviterait pas d’être sur la liste des mouchards à exécuter. – Et qui était la vieille femme à qui il a démonté le citron ? », se garmenta Si Lbachir qui ne semblait pas vouloir mettre les rieurs de son côté. Parce qu’il était du coin, il voulait déjà savoir à qui il devrait présenter ses condoléances. « Après le départ des zazous, les enfants qui vendaient les figues de Barbarie nous ont dit qu’elle s’appelait Nana Megdouda.

– Ah que Dieu la prenne en miséricorde, elle qui n’a jamais eu de la bagouse ! Lire la suite