Archive | novembre, 2018

Dans le « nouveau monde » de Macron, les proviseurs sont des gendarmes

23 Nov

Dans le « nouveau monde » de Macron, les proviseurs sont des gendarmes

RESISTONS ENSEMBLE – bulletin numéro 177 – novembre/décembre 2018

Dans le dernier numéro du bulletin RE nous étions déjà inquiets d’apprendre que les revendications des professeurs du lycée Utrillo de Stains (93) portant sur davantage de moyens humains et matériels avaient trouvé pour seule réponse le recrutement par le rectorat de Créteil d’un ancien gendarme en guise de proviseur adjoint.
La réalité est bien plus grave : ce proviseur n’est autre qu’un chef d’escadron de gendarmerie détaché dans ce lycée afin de faire son sale boulot répressif sur au moins tout le nord-ouest du département en liaison avec la préfecture depuis l’intérieur même de l’établissement. Le fait est sans précédent. Après l’envoi de CRS au sein de l’université de Nanterre pour évacuer une AG, Macron a décidé d’en finir définitivement avec l’idée d’une école « sanctuaire », inaccessible à la police et à l’armée. Les conséquences de cette nomination sont absolument désastreuses. D’abord pour tous les élèves des quartiers populaires, clairement désignés comme délinquants potentiels et plus encore pour ceux d’entre eux qui commettent des délits avérés comme les élèves sans-papiers ou encore les élèves bloqueurs et militants.
Et, attention, cette initiative n’a rien d’un fait isolé : elle n’est que la suite logique de la politique menée par le gouvernement dans le domaine de l’éducation. Les suppressions massives de postes et les « réformes » du lycée professionnel et du lycée général qui leurs sont associées vont achever d’ôter tout Lire la suite

VendrediEZ#14

22 Nov

VendrediEZ#14

Soirée « VendrediEZ #14 » présentée par BBoyKonsianPeopleKonsian et le Collectif Angles Morts à L’Alimentari (Paris 11ème) le 23 novembre 2018.

Intervenants / Discussion :

  • Saïd Bouamama : La Tricontinentale – Les peuples du Tiers-Monde à l’assaut du ciel
  • Présentation par Rocé de la compilation « Par les damné.e.s de la terre » (Des voix de luttes 1969-1989)

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Allez venez, entrons dans la danse!

21 Nov

Des nuits de novembre 2005 aux journées des gilets jaunes c’est plus d’une décennie de révolte. On laissera à chacun(e) le soin de porter des jugements, analyses, sur les perspectives de chacune des révoltes qui jalonnent ce début de siècle. Constatons simplement qu’après les damnés de la terre de nos quartiers populaires c’est au tour de classes dites moyennes de la périphérie des grandes métropoles de se lancer dans leur jacquerie mêlant générosité, sentiments infâmes et individualisme.

Le point commun entre tous ces mouvements est le rejet des élites républicaines et de leur mépris racial et/ou spatial et/ou social. Ce que nous chantait, déjà en 2006, IAM dans « La fin de leur monde »: Lire la suite

Barbès Blues au temps du couvre-feu (103) / Farid Taalba

21 Nov

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Le lendemain matin, quand le réveil trembla en faisant retentir la mécanique hachée de ses entrailles en ferraille, Madjid se réveilla en sursaut en frappant d’une paume violente le bruyant gardien qu’il avait pourtant remonté de le rappeler à l’heure. Il cria avec véhémence : « Fais-le ennemi de lui-même ! Fais-le ennemi de lui-même !». Le réveil valsa de la table basse, glissa sur le sol en continuant ses convulsions et son vacarme avant qu’il ne frappe la tête d’Hassan qui finit par sortir finalement de son sommeil en même temps que cessa l’alarme assourdissante. « Par tous les saints, invoqua Hassan qui, d’un sursaut, s’était dressé comme le cadavre d’une tombe, que se passe-t-il ? ». Il porta la main à sa tempe pour atténuer la douleur qui l’avait rappelé à l’ordre du monde, remarqua le réveil qui gisait au bord de son oreiller puis chercha la table basse où il était censé se trouver. « Et, se mit-il en colère, pourquoi m’as-tu balancé le réveil ? Tu ne vas pas bien ou quoi ? Tu te prends pour qui ? Ca y’est, monsieur fait la vedette ?! N’oublie pas que si le maître t’a lancé au-devant de la scène, c’est pour t’éviter de faire des conneries ! Lire la suite

« Je leur ai tiré dessus pour venger la mort de mon frère. »

20 Nov

En 2011, le petit frère d’Adama Camara, Sada, est tué à Garges. Quelques années plus tard, il tire dans la rue sur le frère du responsable. Résultat : 4 ans de prison pour Adama Camara. Libéré en juillet, il témoigne devant la caméra de StreetPress.

 

Pour un 24 novembre politique : marchons, Nous Aussi, contre les violences sexistes et sexuelles

19 Nov

Nous Aussi

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le mouvement Nous Toutes organise une marche le 24 novembre prochain afin d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes.

Nous appelons à rejoindre cette marche, et à nous organiser activement afin d’en faire une réussite. Les conditions de cette réussite ne seront cependant pas réunies si au prétexte de lutter contre « toutes les violences sexistes et sexuelles », celles qui sont au premier rang de ces violences ne sont pas mises au centre de cette marche. Nous ne savons que trop bien à quel point notre effacement des luttes féministes perpétue notre isolement et ces violences. Avec « nous toutes », nous voulons pouvoir dire « nous aussi ».

En disant « nous aussi », nous voulons faire entendre les voix de celles pour qui les violences sexistes et sexuelles sont une expérience inséparable du racisme, du validisme, de la précarité, qui définissent nos quotidiens : les violences sexuelles que nous subissons sont souvent pour nous l’aboutissement de notre domination matérielle, économique et sociale dans chacun des aspects de nos vies, que ce soit au travail, à la fac, dans la rue, à la maison ou face à des policiers. Lire la suite

La séance du dimanche : Fugitif, où cours-tu ?

18 Nov

Fugitif, où cours-tu ?

La vie des réfugiés de Calais, filmée entre l’immense étendue de la Manche, les plages désertes, le charivari des autoroutes et les camps à la topographie mouvante. Entre désespoir et esprit de combat, un documentaire nécessaire.

Après la destruction de la « jungle » et la dispersion de ses 12 000 habitants aux quatre coins de la France, la caméra suit un migrant errant sur la lande, parmi les débris épars. Est-il le dernier habitant à partir ? Il se met à danser sur la plage, et sa danse réveille les vies, les abris, les feux, les labyrinthes, les voix de cette ville surgie de la boue puis disparue, filmée un an plus tôt. Les habitants déplaçaient alors leurs abris vers la zone Nord pour échapper aux bulldozers et aux CRS qui détruisaient la zone Sud. Lire la suite