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Coup d’État médiatique en Catalogne : calibre 155

24 Oct

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Samedi 22 octobre 2017, le premier ministre espagnol Mariano Rajoy –qui ne dispose d’aucune majorité claire en Espagne– décide de l’application de l’article 155 de la Constitution espagnole. En clair : après avoir envoyé la troupe contre le référendum du premier octobre, il vient de décréter la dissolution du parlement catalan, la destitution de toutes les autorités élues dans la province autonome, la mise sous tutelle de la police, la prise de contrôle des finances et de la télévision publique, pour s’assurer de la diffusion d’une « information objective » et la défense d’une information pluraliste. On aurait pu croire qu’une telle mesure, sans précédent depuis la mort de Franco et de toute façon peu compatible un cadre démocratique minimal aurait suscité une protestation unanime chez les gardiens de la liberté d’expression. Ben non : pas tout à fait. Le service après-vente de ce qui ne peut apparaître que comme un coup d’État est au contraire assuré par les éditocrates des principaux quotidiens nationaux espagnols. Les journaux monarchistes et de droite comme l’ABC et El Mundo, mais également El País, quotidien « de référence », qui fait partie du même groupe financier que Le Monde en France. El País, qui ne manque pas d’humour, applaudit la « restauration » de l’ordre démocratique.

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El País a toujours suivi la position du PSOE (le PS espagnol), a toujours soutenu la politique barbouzarde de Felipe González contre les militants politiques basques (27 morts causés par les GAL dans les années 1990), mais Lire la suite

La police des ondes

7 Nov

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Enfin une bonne nouvelle : nos policiers ne sont pas fatigués, il leur reste un peu d’attention et beaucoup de discernement dans la lutte anti-terroriste.

On les croyait harassés, épuisés, rincés : entre l’État d’urgence permanent, la routine du quadrillage des quartiers en mode commando, les rafles de migrants au petit matin, la traque des zadistes dans les flaques du bocage nantais, l’arrestation des reporters taquins à Calais on pensait qu’ils ne savaient plus ou donner du tonfa. C’est d’ailleurs ce qu’on était priés de croire : les micros aimablement tendus par l’âne médiatique aux bureaucrates policiers nous rapportaient à longueur d’antenne le même message larmoyant de forces de l’ordre mal aimées et au bord de la rupture. Les récentes manifs sauvages de la fameuse « base » bleu-marine, tout à fait apolitique – on est priés de le croire – semblaient confirmer cet épuisement de malheureux fonctionnaires surmenés.

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Heureusement, il n’est est rien, et c’est là la bonne nouvelle : les grandes oreilles de ce grand corps fatigué fonctionnent toujours. La maison poulaga a encore du temps de cerveau disponible pour traquer les graves atteintes à la sécurité publique sur les ondes radiophoniques. Le terrorisme n’a qu’à bien se tenir, le glaive de la République est toujours affûté.

Le 25 octobre, un nid d’affreux terroriste a été perquisitionné à Lyon : un dispositif conséquent, comprenant cinq agents de la PJ et un procureur ont débarqué au siège de Radio Canut, pour saisir les bandes d’une émission qui, visiblement, tombe sur le coup de la loi état-d’urgentiste. De quoi s’agissait-il ? De la diffusion de messages subliminaux d’Al Baghdadi planqués dans un gros son de basse ? De la recette du cocktail molotov ou d’un mortier artisanal calibre 54 pour attaquer la Place Beauvau en hurlant « aouh aouh » ? Non. Juste d’une blague glissée entre deux morceaux punk, une blague de quelques secondes qui se permettait d’ironiser sur une manif sauvage de flics organisée au pied de la statue de Louis XIV, Place Bellecour.

« En ce moment, y a une manif de flics à Bellecour.

– Avis à tous les suicidés, avis à tous les suicidaires : que votre dernier acte de vie soit utile, faites-vous sauter dans la manif des flics.

– On vous fera un bel enterrement avec une belle boum.

– Suicidés, suicidaires, organisez-vous.

– Oh mais ils sont là pour nous protéger quand même ! »

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le QG terroriste : le studio de Radio Canut

On ne sait pas quels morceaux étaient diffusés à ce moment-là (peut-être des vieux classiques du genre, Salopes de keufs ? ou À l’échafaud ?), et d’ailleurs ce n’est pas ça qui est en cause et qui expose les dangereux plaisantins à une accusation de provocation au terrorisme, à cinq ans de taule et à l’amende du siècle. On peut même penser naïvement que ce qui est à l’origine de cette descente au siège précaire de Radio Canut (radio associative, totalement indépendante) n’a rien à voir avec la bonne blague en question. En ces temps de démocrature, la police est en train de devenir un État dans l’État, sur le modèle de régimes ayant fait leurs preuves, comme celui de Ben Ali en Tunisie : elle agit de manière visiblement autonome, sans aucun contrôle. Comment expliquer sinon qu’une procédure puisse être déclenchée contre des gens qui, depuis une gentille émission musicale ironisent contre une manif interdite, organisée clandestinement sans dépôt à la préfecture, armés et masqués, en violation de leur devoir de réserve et qui tombent en plus sous le coup de la loi de 1936 contre les ligues factieuses ?

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Au origines des manifs actuelles: défilé de ligues factieuses 1934

Ce que démontre cette histoire, qui serait ridicule si elle n’était pas sinistrement réelle, c’est que les conditions sont réunies pour une autonomisation de plus en plus nette des forces de répression, face à un pouvoir qui se couche face à leurs revendications proto-fascistes. Le petit monsieur Gazeneuve qu’on avait connu droit dans ses bottines face aux manifestants de la loi « Travaille !» s’écrase face à un coup de pression de flics qui ne cachent plus leur tentation subversive version kaki, et appellent ouvertement à s’attaquer à sa personne.

Face à un pouvoir néo-socialiste dépassé par ses propres fantasmes sécuritaires, les milices d’État largement pilotées par le FN et ses satellites obtiennent à peu près tout ce qu’elles veulent : encore plus d’armes et toujours plus d’impunité. Le renforcement de la « légitime défense » est la revendication d’un véritable permis de tuer sans avoir à se justifier. La légitime défense préventive que veulent arracher les condés leur permettrait juste de tuer librement dans la rue, sans passer par la case fourgon de police, comme pour Adama Traoré, Lamine Dieng et tous les autres. La mort légale, sans tracasserie administrative, quoi.

Et pour pouvoir agir tranquillement il est nécessaire de supprimer tous les témoins, de faire taire toutes les voix dissonantes. Pas de reporters indépendants à Calais ou à Notre Dame des Landes : Gaspard Glanz et Taranis News sont mis hors circuit au premier prétexte. Pas de témoin dans les manifs : Nnoman, du collectif Œil avait été interdit de manif, on s’en souvient, d’autres ont été mis en G.A.V., Romain plongé dans le coma par une grenade de désencerclement balancée gratuitement. Le S.AV. de ce travail de nettoyage, consiste désormais à traquer le mauvais esprit : il est interdit de faire de l’humour sur nos amis les bêtes, de comparer implicitement un bande de nervis de la BAC de Rennes aux S.A. nazis comme l’a fait Glanz, ou d’ironiser 10 secondes sur l’antenne d’une radio indépendante sur les manifs – illégales – des éléments les plus droitards de la police.

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L’âne médiatique embarqué

3 Mai

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L’âne médiatique se soucie avant tout de son picotin, c’est entendu. Si l’avoine est bonne, il est content et remue les oreilles dans le bon sens.

L’âne médiatique est un animal du XXIe siècle : il sait qu’il faut regarder la réalité telle qu’elle est et « moderniser » le code du travail. Il le sait : le patron de son groupe de presse le lui a dit. En bon tirailleur du Parti de la Presse et de l’Argent, son rôle est d’assurer le service après-vente de la loi El Khomri. Alors c’est sûr il y a bien quelque mécontents, mais faudrait pas tout confondre, hein. Il y a d’un côté ceux qui manifestent gentiment leur opposition, en faisant une journée de grève de temps en temps et en disant dans le micro combien ils ne sont pas contents. Ça c’est bien, c’est républicain, paritaire et représentatif. Ça permet de conserver l’appareil bureaucratique pour être en mesure, la prochaine fois, d’aller de nouveau dire dans le micro qu’ils ne sont pas d’accord. Et puis il y a les casseurs. Alors ceux-là, le chroniqueur aux grandes oreilles les connaît bien aussi : ils sont toujours là pour nier la réalité telle qu’elle est et perturber le jeu démocratique. Ils ne sont pas représentatifs, ils ne parlent pas dans le micro et en plus ont l’outrecuidance de ne pas obtempérer quand le bon monsieur Cazeneuve et ses gentils playmobils leur demandent de dégager l’espace public, de rentrer chez eux et, tant qu’à faire, de ne pas en sortir. Alors là l’âne médiatique il sait ce qu’il faut dire : le « casseur » il ne pense pas, il n’est là -enfin, plutôt que là, il est « en marge »– que pour jeter des projectiles sur les forces de police, sans doute parce que ça l’amuse, parce que c’est son kiff, comme pense l’âne que dit le casseur, qui en général est jeune, écervelé et manipulé (on ne sait pas trop par qui, mais on le sait). Et ça c’est pas correct, de s’en prendre aux forces de l’ordre, qui sont là pour protéger les grandes avancées démocratiques que sont les agences bancaires et les agences d’esclavage intérimaire. Du coup l’étable médiatique, très confraternellement, reproduit la liste des accidents du travail de la porcherie d’à côté.

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En général il oublie dans la facture le montant des primes de risque allouées aux Miliciens de la République Sécuritaire (M.R.S.) et autres chiens de garde mobiles, mais quand on aime on ne compte pas, c’est bien connu. La modernisation ça a un coût. Ça implique quelques coups, aussi. Mais légers, déontologiques, jamais disproportionnés. Quand vraiment ça crève les yeux -au sens propre du terme-, les mécanismes de défense médiatiques se mettent tous seuls en place : les violences sont présumées, ou alors liées à une nécessité absolue d' »évacuation ». Alors l’âne, par mimétisme, il évacue aussi. Il parle d' »affrontements », comme si Lire la suite

Solidarité inacceptable, grève criminelle

11 Fév

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C’est un peu passé sous silence ces derniers jours, pour cause de faux débat parlementaire sur la constitutionnalisation du pétainisme. Pourtant l’âne médiatique l’a brai à s’en rompre les cordes vocales radiophoniques, télévisuelles, journalesques et magasinesque : se mettre en grève par solidarité est une attitude in-ad-mi-ssi-ble, in-ac-cep-ta-bleuh. L’inénarrable petit monsieur Valls l’a officialisé comme position de l’État. Avec les mêmes termes qu’il avait choisis pour dénoncer l’incendie de la mosquée d’Ajaccio le 25 décembre : c’est inacceptable. La grève et l’incendie criminel. Pareil.

Et puis le gentil Stéphane Le Foll, le mainate à poils longs du gouvernement, en a remis une couche pour que tout le monde comprenne bien :

« Je demande à ce que la CGT ait la mesure des décisions qu’elle prend. Parce que soutenir les salariés de Goodyear pour mettre des milliers de gens et de salariés dans la difficulté, je ne vois pas comment on peut expliquer ça. »

C’est vrai, ça, comment les usagers du RER A et B peuvent-ils comprendre que les cheminots irresponsables de la RATP aient débrayé pour un motif aussi futile que la condamnation à de la prison ferme pour les ouvriers de l’usine Good Year d’Amiens ?! Hein ? Rien à voir ! De quoi ils se mêlent ?! Des pneus et des métros, franchement… Pour protester légitimement, il faut qu’ils attendent leur tour, en rang par deux. Et puis, comme il dit si bien, Manuel – Adrien Marquet reborn– Valls «expliquer, c’est déjà un peu excuser». Alors faut surtout pas chercher à comprendre : faire grève, « grogner » quand c’est pas son tour, ça ne se fait pas, c’est tout.

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Bon, c’est vrai qu’en ce moment il y a la queue à l’abattoir, ça peut être un peu long, mais patience, ça va venir, ça sera Lire la suite

Bleu-Blanc-Rouge. Gaaarde à vous !

27 Nov

On mettra tout au tricolore,

Les plats du jour et les rubans,

Pendant que le héros Pandore

fera fusiller nos enfants

(La semaine sanglante, chant communard, Paris 1871)

Il y a 154 ans, Jean-Baptiste Clément composait une chanson racontant le massacre du Paris populaire sous les balles des troupes versaillaises. L’armée de Thiers avait tué plusieurs dizaine de milliers de Parisiens des quartiers populaires et en avait envoyé des milliers également pourrir dans les bagnes coloniaux, en Algérie et en Nouvelle Calédonie. Une orgie réactionnaire plus sanguinaire encore que la Saint Barthélémy. Quelles étaient donc les couleurs arborées fièrement par la troupe et vomies par les communards ? Le bleu, le blanc et le rouge, qui suscitaient une allergie déjà ancienne dans les classes populaires.

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C’est marrant comme tout est fait ces jours-ci pour organiser l’amnésie autour de ce symbole de la République bourgeoise qui a toujours (ou presque) servi à écraser toute tentative d’instauration d’une république sociale et égalitaire. Aujourd’hui tout doit être repeint en bleublancrouge, les fenêtres, les trottoirs, les bus et, surtout, les consciences. La moindre interrogation sur le fait que recouvrir d’un drapeau BBR toutes les victimes des assassins réactionnaires de Daech n’est peut-être pas le meilleur hommage qu’on puisse leur rendre est interprétée comme un crime contre le patriotisme. Silence dans les rangs ! Tous les tués auront droit à leur drapeau, et tant pis s’ils étaient espagnols, turcs, italiens, burkinabés, anglais, allemands, tunisiens, algériens, chiliens, nord-américains, maliens ou, tout simplement, s’ils ne se reconnaissaient pas dans ce bout de tissu. Quiconque discute ce code couleur est complice de l’anti-France, voire des terroristes. Tout le monde doit être uni derrière le drapeau et communier dans l’état d’urgence. Pour ceux qui n’avaient pas compris que nous étions en train de changer de régime, on rappellera que Lire la suite

L’âne médiatique et le tonfa

16 Juin

crayon-tonfaL’âne médiatique a encore frappé. En second rideau, bien sûr : le coup de pied de l’âne vient toujours après la charge du bourrin casqué, quand la victime est à terre. Faut respecter la répartition des rôles : d’abord les coups de tonfa, ensuite l’explication de texte. Une fois de plus, la violence c’est les autres . Ce n’est pas la brutalité gazières des TNRS (Tortues Ninjas Républicaines de Sécurité) contre des migrants et des militants solidaires lors de l’expulsion de la caserne de pompiers désaffectée de la rue Louis Blanc. Ce n’est pas non plus la violence des ordres d’expulsion donnés en rafales par le gouvernement, la Préfecture et la mairie de Paris pour cacher sous le tapis la misère des migrants, qui font tache dans les rues de Paris au moment où débute la saison touristique. Non, la violence, pour l’âne médiatique, elle vient toujours du mouvement social : de la banlieue , des militants, des manifestants, des lycéens, bref de tout ce qui empêche de braire en rond à l’ombre des puissants. Ici, donc, la violence c’est forcément celle des « irresponsables » qui ont cherché à détourner les Erythréens et les Soudanais de La Chapelle de leur destin naturel selon le pouvoir national-hollandiste : un éparpillement deux-trois jours dans des centre d’accueil avant un regroupement dans un centre de rétention (républicain, hein, attention). D’ordinaire, les équidés à grandes oreilles chargés d’établir la responsabilité de la violence font un vague effort pour articuler une explication. Dans le cas présent, un simple Lire la suite

L’Agence Info Libre : les « freedoms fighters » des medias

15 Avr

Un média a beau clamer son indépendance, parler de liberté d’expression et de déontologie, il a toujours une ligne éditoriale. Même si cette ligne n’est pas assumée au grand jour, elle transparait toujours dans le choix des sujets ou la manière dont ils sont traités.

Accoler l’adjectif « libre » à un media c’est souvent se payer de mots. C’est comme pour « l’école libre », qui n’est en fait qu’une école confessionnelle privée. On peut être pour ou contre mais c’est une école confessionnelle gérée par des intérêts privés. La nommer école libre c’est se moquer des gens. C’est leur vendre une idée et le rêve qui va avec pour légitimer le concept d’une école religieuse et payante.

Très souvent, l’utilisation de l’adjectif « libre » est là pour masquer des réalités peu glorieuses. Tel était le cas, par exemple, avec les « freedoms fighters », ces fameux combattants de la liberté de la guerre froide qui étaient en fait les larbins de l’impérialisme américain face au bloc communiste et aux luttes de décolonisation.

équipe agence info libre

Dans nos quartiers, chacun sait que, quand on s’embrouille, quelqu’un en arrive presque toujours à lâcher un : « d’où tu me parles ? » Au-delà du réflexe, cette formule est aussi une question de bon sens. Elle pointe un véritable enjeu : comprendre d’où l’autre nous parle.

Cette question, chacun devrait se la poser avant de prendre pour Lire la suite

Les médias n’aiment pas le reflet que nos mômes renvoient de leur monde

2 Mar

Le dernier scandale monté en épingle par les chaînes de téloche c’est un clip joué par des mômes de Sarcelles qui reprend les valeurs de la pensée dominante. C’est-à-dire les valeurs propagées par les médias.
Quand les lyrics de n’importe quel mec de droite se retrouvent dans le flow de marmots cela devient choquant.
C’est étonnant que ces médias qui glorifient constamment le monde des affaires et présentent les pires comportements de prédation comme « acceptables » lorsqu’il s’agit de licenciements économiques pour des dividendes, de corruption, de violence faites aux femmes quand l’agresseur est riche puissant et blanc comme Strauss-Kahn, ne parlent pas d’intégration réussie quand des mômes de Sarcelles parlent de faire du fric par n’importe quel procédé et chantent que les femmes sont des objets sexuels.

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Ainsi, tous les hypocrites donneurs de leçons s’insurgent parce que des mômes disent qu’ils veulent compter des « llets-bi ». Palper de l’oseille c’est pas le truc dont on nous fait la promotion à longueur de temps à la téloche et dans la presse, non ?
La motivation de ces mômes est-elle bien différente de celle du gang Balkany sans scrupule ou d’un Cahuzac qui utilise son talent de médecin pour Lire la suite

C comme Complot et Charlie

16 Jan

Depuis quelques temps, les journalistes découvrent avec étonnement que ce qu’ils écrivent n’est plus lu sérieusement. C’est ainsi que la presse mainstream s’intéresse aux « théories du complot » qui fleurissent sur le Net depuis quelques années.

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Les médias paraissent surpris que des versions hallucinantes des faits qui se sont déroulés puissent avoir un succès ailleurs qu’à travers leurs canaux. Les grands médias ont pourtant bien souvent, eux aussi, des soucis de retranscription du réel. Certains détails manquent, l’exposé est manichéen, et bien souvent les personnes qui regardent les infos ou lisent le journal ont l’impression qu’on les prend pour des imbéciles.

Le fameux : « on ne nous dit pas tout / on nous cache tout » a des raisons d’exister : du nuage de Tchernobyl à la mort de Rémi Fraisse, il existe une multitude d’exemples où la presse dans sa grande majorité n’est ni neutre, ni exacte.

Comme les grands médias retranscrivent le réel de manière partielle et partiale, beaucoup d’entre nous sont tentés d’aller Lire la suite

ANGELA DAVIS : D’ASSATA SHAKUR À MICHAEL BROWN LE RACISME D’ÉTAT AMÉRICAIN PERSISTE

2 Déc

Traduit par les Éditions Premiers Matins de Novembre.
Texte initalement paru sous le titre « From Michael Brown to Assata Shakur, the racist state of America persists ».

pmneditions@gmail.com

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Ceux qui résistent sont traités comme des terroristes : cette année à Ferguson, dans les années 60 et 70 pour d’autres militants noir.es et moi-même.
Bien que la violence de l’État raciste ait été un problème récurrent dans l’histoire des descendants d’Africains en Amérique du Nord, elle est devenue particulièrement remarquable durant l’administration du premier président Africain-américan, dont l’élection avait pourtant été largement interprétée comme un signe annonciateur de l’avènement d’une nouvelle ère, une ère post-raciale.
La persistance pure et simple des meurtres de jeunes Noir.es par la police contredit l’hypothèse d’erreurs isolées. Trayvon Martin en Floride et Michael Brown à Ferguson, dans le Missouri, ne sont que les cas les plus largement connus parmi les innombrables Noir.es tué.es par la police ou par des milices de surveillance [vigilantes] durant l’administration Obama. Celles-ci représentent quant à elles un flot ininterrompu de violence raciste, à la fois officielle et extra-légale, des chasseurs d’esclaves et du Ku Klux Klan, aux pratiques de profilage racial et aux milices de surveillance actuelles.

Il y a plus de trente ans, Assata Shakur obtenait l’asile politique à Cuba, où elle vit, étudie et travaille depuis, comme un membre actif de la société. Au début des années 70, Assata fut accusée à tort et à de nombreuses reprises aux États-Unis et discréditée par les médias. Ces derniers la dépeignirent en des termes sexistes comme « la reine mère » de la Black Liberation Army, qui fut quant à elle décrite comme un groupe mû par un penchant insatiable pour la violence. Placée sur la liste des dix personnes les plus recherchées par le FBI, elle fut accusée de vol à main armée, de braquage de banque, d’enlèvement, de meurtre et de tentative de meurtre d’un policier.
Bien qu’elle ait dû Lire la suite