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Livre du samedi : Sunnites et Chiites – Histoire politique d’une discorde / Laurence Louër

3 Août

Sunnites et Chiites

Histoire politique d’une discorde

 

Laurence Louër

 

Lorsque l’on évoque les relations entre les sunnites et les chiites, on les caractérise volontiers comme une guerre sans fin qui durerait depuis plus d’un millénaire. Elle aurait pour fondement des haines ancestrales liées à des divergences à propos de la succession du prophète Mahomet. Or, au cours de l’histoire, ces controverses ont été activées ou désactivées en fonction du contexte politique, notamment quand le sunnisme et le chiisme ont servi d’idéologies de légitimation à des États rivaux. Aujourd’hui, la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran s’est substituée au conflit entre les Ottomans et les Safavides au xvie siècle. Elle Lire la suite

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Furax Barbarossa / Mona Lisa

24 Juin

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides, et qui ayant tout disent avec une bonne figure « Nous qui avons tout, nous sommes pour la paix ! », je sais ce que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs, c’est vous ! Quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients, au regard de Dieu, que n’en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir. »

Barbès Blues au temps du couvre-feu (116) / Farid Taalba

6 Juin

Barbès Blues au temps du couvre-feu /épisode précédent

 

Après le sursaut qui avait fait flageoler leurs bâtons de chaise, Madjid, Hassan et Wardiya s’immobilisèrent sur le côté du taxi qui donnait sur la chaussée. Une valse de commentaires leva le pied, lança la cadence et leurs esgourdes en saisirent vite le tempo ; ils se mirent à ribouler leurs calots sur l’obscurité comme pour se garder de la surprise d’une de ces éclaircies accompagnant ces explosions qui survenaient encore par intermittence malgré le retour au calme apparent. Côté trottoir, pas désorientée pour autant, appuyée sur le capot de la voiture, Zahiya se gargarisa plutôt la rétine sur Madjid. Elle allumait le miston d’un ardent pressant quand Bou Taxi, qui venait de boucler le coffre, stoppa la projection : « Allons mes amis, ce n’est pas le moment de bayer aux vitrines… si vous voulez prendre place… je vous ouvre même la porte ! ». Zahiya allais s’engager dans le véhicule. « Si Madame la marquise veut bien en prendre la peine, la titilla Hassan. « Si monsieur veut bien refermer la porte », lui renvoya Zahiya avant de prendre place devant, aux côtés de Bou Taxi.

Laissant derrière eux les lumières du port, Bou Taxi et son équipage entrèrent dans la ville comme on quitte le jour pour la nuit. Les rues étaient désertes, à peine éclairées, les volets clos, les rideaux des vitrines baissés ; les lieux les plus courus de la ville se trouvaient fermés : ni cafés, ni restaurants, ni dancings, ni clubs, ni cinémas ! Détritus et débris de toutes sortes jonchant les rues, épaves de voitures brulées, rez-de-chaussée d’immeubles incendiés, mobilier urbain et commerces saccagés, partout des traces d’une lutte qui avait dû être terrible, ici des éclats de grenades, là le souffle d’un coup de mortier, là-bas le criblage d’un mitraillage. Et, au milieu de ce champ de fin de bataille, seuls des militaires patrouillaient encore dans ses tranchées, parfois aidés par des groupes de civils armés. Enfin, l’équipage fut aussi littéralement saisi par l’atmosphère viciée d’odeurs de gaz lacrymogène, de poudre, de cendre et de sang en train de sécher. « M’est avis qu’on n’aura pas de mariage à animer ce soir ! », regretta Hassan. Soudain, Bou Taxi leva le pied pour éviter une poubelle carbonisée et jetée en travers de la chaussée. Lui et Zahiya se mirent à scruter partout où les phares du véhicule dénudaient le trottoir de ses halos jaunes. «Oh, par tous les saints réunis ! », s’étouffa Zahiya. « Qui y-a-t-il ? », s’inquiéta Bou Taxi qui pila, suivi des trois autres passagers qui montèrent à son chevet. « Là, sous la porte cochère, il y a un cadavre, on a dû l’oublier, il est plein de sang coagulé… Lire la suite

Émission radio #QuartiersLibres : Bande-son des Luttes – Épisode 1 : Face à la Répression

3 Juin

 

Tracklist

Caravan – Song of the mountain fighter (Thailande)
Troupe Résistance – Tape pa nou dan la tet, la police (Réunion)
LKJ – Sonny’s Lettah (Inglan)
Earth & Stone – Jailhouse Set Me Free (Jamaique)
Dennis Brown – Three Meals A Day (Jamaique)
Kaneka Vamaley – Liberté (Kanaky)
)Liberté. – Wanny S. King, Magic Pinokio & Nathan (RDC)
Dedicated – Sister Asia Feat. Steele & Top Dogg (USA)
2Pac / Outlawz / BIG – Runnin From The Police (USA)
B.James [Anfalsh] – Atmosphère Sécuritaire (France)
Cheikh MC – Revolution (Comores)
Rap DZ Anti Power. – Deymed MBS, Cinou, Sofiane Hamma, Icosium, L’adrinaline (Algérie)
Malcolm Garvey Huey – Dead Prez feat Divine RBG (USA)
Ideal J – J’ai Mal Au Coeur (France)

Émission radio #QuartiersLibres : Question de stratégie

16 Mai

Barbès Blues au temps du couvre-feu (115) / Farid Taalba

9 Mai

 

Barbès Blues au temps du couvre-feu /épisode précédent

 

Le seul son de la voix de Zahiya réveilla le chat qui dormait en Madjid, les souvenirs remontèrent d’un seul coup, ils s’entrechoquèrent à la surface de sa mémoire en un caléidoscope virvoussant comme une grande roue de loterie. Au-dessus de cette succession d’images, il accrocha celle où il avait entendu pour la première fois la voix de Zahiya miauler derrière la porte de sa chambre alors qu’il se trouvait en compagnie de Môh Tajouaqt et de Bou Khobrine, terrés comme des lapins pour ne pas se faire embarquer par les condés à coups de bites à Jean-Pierre. La plainte qu’elle avait formulée d’un rythme haletant tournait en boucle dans sa tête comme un disque rayé : « Madjid Digdaï, Madjid Digdaï, par Dieu, ouvre-moi la porte, j’ai peur, le chacal chasse en meute dans la forêt. ».

Mais il leva vite fait le bras du pick-up. « Ta cheville va mieux ? » s’inquiéta Madjid en guise de salutation.

– Oui, et toi ? Comment as-tu atterri parmi nous ? C’est incroyable ! Mais tu ne devais pas te marier ? Lire la suite

Livre du samedi : Le combat Adama / Geoffroy de Lagasnerie – Assa Traore

4 Mai

 

Le 19 juillet 2016, à Beaumont-sur-Oise, Adama Traoré est dans la rue. Des gendarmes  décident de le contrôler. Il n’a pas ses papiers sur lui. Lassé des contrôles à répétition, il ne veut pas être emmené à la gendarmerie: il court. Les gendarmes le rattrapent et l’immobilisent en se mettant à trois sur lui. Ils l’asphyxient – et Adama Traoré meurt, le jour de ses 24 ans.

« Le combat Adama, ce n’est pas seulement le combat de la famille Traoré. La mort de mon frère est représentative d’un grand malaise en France qui ne va pas. Mon frère est mort sous le poids de trois gendarmes et d’un système : il est mort parce qu’il s’appelait Adama Traoré, parce qu’il était Noir, parce qu’il habitait dans un quartier populaire. Il est mort à cause de tout ce que l’État et la société ont construit autour des quartiers populaires et de ces garçons. Et c’est tout cela que nous voulons changer. Lire la suite