Archive | Edutainment RSS feed for this section

Livre du samedi : Quartier en Guerre / Seth Tobocman

17 Fév

« Quartier en guerre : New York, années 1980 » par Seth Tobocman

Couvre-feu, violences policières, expulsions… Les politiques sécuritaires et la spéculation immobilière s’attaquent au quartier populaire du Lower East Side à Manhattan, au coeur des années Reagan. Ses habitants résistent : squats, manifestations sauvages, émeutes… Lire la suite

Publicités

Barbès Blues au temps du couvre-feu (78) / Farid Taalba

14 Fév

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

Le chauffeur resta bouché bée. A deux contre un, la joute était devenue inégale mais il ne resta pas indifférent aux paroles qui venaient d’être prononcées. Il cherchait seulement ses mots. « Noble dame, s’apaisa-t-il enfin, je comprends bien ce que vous venez de raconter. Et je n’avais pas besoin que vous me fassiez voyager dans le temps passé car le présent parle de lui-même, mais, on préfère ne pas le regarder en face. Pardonnez-nous, c’est vrai, on fait comme si de rien n’était, la terreur nous paralyse et on continue à vivre comme des crabes dans un même panier que nous a réservé l’administration pour qu’on n’ait pas à lui pincer directement le derrière. Elle vient seulement faire la police quand le parti qu’elle a investi se trouve mis en danger par la désapprobation publique trop longtemps muselée, et que le couvert du panier sursaute aux moindres voix qui grondent. A remuer tout cela, seules les paroles de Qasi Udifella montent à mes lèvres :

Par dieu, ami, nous sommes dans l’embarras

Nous ne savons que dire

Toute parole est inconvenante

A dire la vérité nous craignons Lire la suite

Livre du samedi : Histoire dessinée de la guerre d’Algérie

10 Fév

Histoire dessinée de la guerre d’Algérie / Benjamin Stora et Sébastien Vassant

La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. En 250 pages, Benjamin Stora et Sébastien Vassant retracent en textes et en images les moments-clés de cette guerre longtemps restée « sans nom », avec ses épisodes majeurs et ses acteurs principaux, français comme algériens. Lire la suite

Black Mirror Selekta #14 : Tribute To Ken Boothe !

5 Fév

Black Mirror, l’émission hip-hop nous livre une dernière double selekta mémorable avant de revenir plus tard nous nourrir de zik et nous rappeler qu’elle fait partie de notre histoire : double selekta cette semaine, hommage au soulman jamaïcain Ken Boothe !  Bijoux originaux, Soulful Songs, Samples, Covers & Versions, ou comment la musique survit au temps qui passe, se transforme, et nous avec. Bonne écoute !

Ken Boothe #1.jpg


Cette semaine, on rend hommage en musique à la plus grande voix de la soul jamaïcaine, qui a su traverser les temps sans que rien n’en érode la pureté, la délicatesse, la classe.

Né dans le ghetto de Denham Town à Kingston à la fin des années 1940 d’une maman qui chante à l’église, il gagne un concours de chant dès l’âge de 9 ans, poussé par sa sœur elle-même chanteuse, et n’a depuis jamais cessé d’enregistrer et de se produire, s’appropriant sans forcer les styles qui se sont succédé dans l’île. C’est donc naturellement comme chanteur de ska qu’il débute, avec rien de moins que les immenses Skatalites en backband. D’abord chez Duke Reid qui l’a repéré, puis passant à la concurrence, chez Studio One, quand le rocksteady s’impose pendant l’été torride de 1966 : les danseurs ne tiennent pas la cadence, il faut ralentir le rythme. La basse est mise en avant, les cuivres s’éloignent, on laisse de l’espace aux voix. Le R’n’B des proches U.S.A sert d’inépuisable source aux tunes qu’on joue dans les sound systems, ces bals de quartier qui préfigurent déjà les futures blockparties new-yorkaises.
C’est l’avènement de ce style soulful qui va offrir à Ken Boothe ses plus belles heures, faisant de lui le « Mr. Rocksteady », du nom de son album sorti en 1968 alors qu’il a à peine 20 ans. Il multiplie les reprises de standards soul et pop américains, leur insufflant le groove propre à Kingston tout en gardant sa signature vocale qui est bien celle d’un grand chanteur de R’n’B, lui qui ne jure que par les Temptations, Mahalia Jackson, Otis Redding et Wilson Pickett, auquel il est régulièrement comparé. Au début des années 1970, son succès dépasse les rivages de sa désormais trop petite île ; en 1974 il signe un tube énorme avec « Everything I Own », reprise d’un morceau de pop rock américain de David Gates qui l’avait dédié à la disparition de son daron, mais dont Ken Boothe fait une irrésistible chanson d’amour qui cartonne en Angleterre. Le reste appartient à l’histoire.
La voix de Ken Boothe est une des plus belles choses qu’il soit donné d’entendre. Elle vous caresse autant qu’elle vous transperce. Ses reprises tutoient bien souvent les originaux, même les plus grands, quand elles ne les transcendent pas tout simplement. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter ses versions de « Is It Because I’m Black », « Let’s Get It On » ou « Ain’t No Sunshine ». Ken Boothe n’est pas seulement l’un des plus grands chanteurs jamaicains. Il est l’un des plus grands soulmen de tous les temps. Period. Et ce n’est pas son album « Inna Di Yard » qui viendra nous contredire : à 70 piges, accompagné avec élégance par ce jamaican social club sur les collines qui surplombent sa ville natale, il y livre des versions acoustiques et toujours aussi magiques de ses plus grands tunes. Et c’est bouleversant, juvénile, heureux.
Voici donc les 90 premières minutes de notre tribute, avec comme d’hab’ les originaux de ses reprises, des morceaux qui l’ont samplé ou des versions, et quelques extraits de son dernier joyau.
Long live Ken Boothe.

Lire la suite

Black Mirror Selekta #13 : Tribute To Ann Peebles !

29 Jan

ann peebles copie.jpg

Black Mirror, l’émission hip-hop nous rappelle, cette semaine encore, que la zik fait partie de notre histoire : la double selekta de cette semaine rend hommage à la deep soul d’Ann Peebles !  Bijoux originaux de Memphis et Samples & Covers, ou comment la musique survit au temps qui passe, se transforme, et nous avec. Bonne écoute !


Cette semaine, on poursuit notre série d’hommages aux grandes voix trop méconnues de la soul sudiste avec Ann Peebles, égérie du fabuleux label Hi Records qui lui doit d’être revenu au premier plan au tournant 70’s, en compagnie de l’autre star de l’écurie, le révérend Al Green.

Comme tant d’autres, c’est très jeune et à l’église qu’elle forgea la ferveur de son expression, la puissance de sa voix, la rigueur de ses placements. Sa famille nombreuse officiait en effet sous la direction du daron, ouvrier la semaine et chef de chœur le dimanche dans leur ville de Saint Louis, Missouri (dont sont aussi originaires Fontella Bass et Tina Turner, pour ne citer qu’elles), et elle intégra la troupe dans les années 50, ses neuf ans à peine sonnés. Le Peebles Choir parcourait aussi les routes, et elle y croisa vite ses futures modèles, Mahalia Jackson et Aretha Franklin en tête.

C’est en entendant à la radio les premiers défroqués qui donnèrent naissance au R’n’B – dont l’immense Sam Cooke, bien-sûr – en détournant la musique de Dieu pour chanter les plaisirs terrestres, qu’elle se décida à se lancer elle aussi dans la musique profane, enchainant les concerts dans les clubs du ghetto. Un soir de 1968, alors qu’elle assiste à un concert du trompettiste et chef d’orchestre Gene Miller, elle a le culot de réclamer sa place sur scène pour interpréter le tune « Steal Away » de Jimmy Hughes. Subjugué par son audace, son magnétisme et son interprétation, le lascar – compositeur, arrangeur, producteur pour de nombreux grands, dont OV Wright, Otis Redding, Bobby Bland… – décide de la présenter aussi sec à Willie Mitchell, patron du label déclinant de Memphis, Hi Records, tourné auparavant sur la folk et le rockabilly, et qui cherche à rajeunir son répertoire. La légende veut qu’elle y enregistre dès le lendemain son premier et brillant album, « This is Ann Peebles ». Et c’est elle qui contribua grandement à redéfinir le son maison : pour sublimer sa voix et celle d’Al Green qui y débarque peu après, le génie de l’arrangeur Mitchell tourne à plein régime et concocte un alliage imparable, tout en tapis de cordes, cuivres secs et rythmiques rugueuses, servi par une équipe de musiciens incroyables : les Hi-Rythm et les Memphis Horns, Al Jackson à la batterie, Charles Hodges à l’orgue.

 

Pendant quelques années, jusqu’à ce que la peste du disco vienne tout gangréner, le son de Memphis, de la deep soul, s’invente et frôle la perfection dans ces studios à quelques rues de la légende Stax, et les premiers disques d’Ann Peebles en sont l’incarnation souvent sublime. C’est là qu’elle enregistre son plus grand tube, « I Can’t Stand The Rain », samplé un nombre incalculable de fois, et qu’elle avait écrit avec son mari, le compositeur maison Don Bryant, un soir de pluie et d’ennui. Hi Records part en lambeau à la fin des 70’s, Al Green se barre, et elle finit par retourner dans sa ville natale de Saint Louis, où elle ne chante plus que du gospel. C’est encore une fois au revival soul des années 1990 qu’elle doit son retour, fait d’albums insipides et d’innombrables tournées.

 

Une première Selekta d’abord, consacrée aux samples et aux reprises. Le son du label, à la fois riche et âpre, a en effet offert une matière inépuisable aux amoureux du grain – RZA en tête, comme souvent. On laisse évidemment une grande place au miraculeux « I Can’t Stand The Rain », dont certaines relectures sont plus que surprenantes, et on enchaîne sur ses plus belles reprises, qui tiennent bien souvent tête voire surpassent les originaux. On complète cette sélection par une deuxième selekta avec nos morceaux préférés d’une de nos chanteuses préférées. Enjoy !

Lire la suite

Black Mirror Selekta #12 : Tribute To Wendy Rene !

22 Jan

Tribute To Wendy.jpg

Black Mirror, l’émission hip-hop rappelle via encore une selekta que la zik fait partie de notre histoire !  Bijoux originaux et Samples & Covers en hommage au menu cette semaine. Bonne écoute !


Comme O.V Wright, auquel nous avons déjà rendu hommage, Mary Frierson est de ces voix qui doivent à RZA, architecte sonore du Wu Tang, une redécouverte tardive mais plus que méritée. Sur le premier album du Wu, l’énorme « Tearz » reprenait en effet l’imparable gimmick d’orgue Hammond (joués par Booker T. des MG’s, rien que ça) et les moanings du single « After Laughter (Comes Tears) » paru chez Stax en 1964. Le morceau était sorti sous le nom de Wendy Rene, alias suggéré par Otis Redding qui l’adouba au sein du légendaire label de soul sudiste, et avec qui elle partagea régulièrement la scène. Un an plus tôt, c’est avec sa formation gospel qu’elle avait été signée chez Volt, filiale de Stax, avec son groupe The Drapels dans lequel elle officiait notamment avec son frangin Johny, qui cosigne d’ailleurs le classique « After Laughter ».

Après quelques titres en groupe, c’est en solo qu’elle connut une fulgurante carrière durant les plus belles heures du label, qui prit fin peu après qu’elle échappe comme par un coup du sort à la mort qui lui était promise. En 1967, elle devait en effet suivre en tournée son parrain musical Otis, mais renonça au voyage pour rester avec l’enfant à qui elle venait de donner vie. Et l’avion d’Otis s’écrasa la nuit du 9 décembre avec son groupe les Bar-Kays. Ce n’est plus qu’en amatrice qu’elle continua de chanter, revenant à ses premières amours de chants d’Église. Lire la suite

Entretien avec Ismaël Métis / partie 2 – « Mon rap il est en briques rouges, il est désindustrialisé »

21 Jan