Archive | Edutainment RSS feed for this section

Barbès Blues au temps du couvre-feu (107) / Farid Taalba

16 Jan

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Au passage du premier véhicule militaire, Hassan et Madjid se changèrent en statue. Ils avaient les yeux grands ouverts dans lesquels planait une lueur de terreur comme dans ceux de la bête qui, traversant une route, se retrouve immobilisée par les phares aveuglants d’un automobiliste surgissant de l’obscurité avant qu’il ne la percute dans un bruit sec et rapide. La camisole de force sur la bouche, ils regardèrent défiler en silence le reste du convoi tout en écoutant s’éloigner les paroles de Maybellene toujours hurlées de cette chambre du haut de l’immeuble dont les volets restaient impassiblement clos aux soubresauts carabinés de la ville en flamme : Lire la suite

Publicités

Barbès Blues au temps du couvre-feu (106) / Farid Taalba

2 Jan

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Si Bou Taxi partit sur les chapeaux de roues comme il pouvait lui arriver de les porter haut quand il mouillait vraiment dans son froc, Madjid se redressa sur ses mains ; à l’écoute des coups et des explosions qui s’étaient démultipliés avec insistance, il ne résista pas à l’envie de se retourner pour ne pas manquer une miette de l’orage qui s’abattait. Les mains maintenant crispées sur le montant du siège, les yeux écarquillés, il afficha sa vitrine défigurée par la peur face au pare-brise arrière. Hassan, qui se trouvait devant au côté du chauffeur se retourna aussi tandis que Bou Taxi garda un œil sur le rétroviseur. Sur les trottoirs, ahuris et désarçonnés, les passants qu’ils croisaient s’étaient arrêtés. Puis, le temps de se remettre du coup de massue qu’ils venaient de prendre sur le crâne, certains s’attroupèrent en petits groupes pour suivre les événements, pendant que d’autres, cédant à la panique, s’affolèrent en tous sens ou commencèrent à se barricader. Lire la suite

Barbès Blues au temps du couvre-feu (105) / Farid Taalba

19 Déc

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Le maître déboucla la banne et lourda les trois compères sur le trottoir : « Allez, magnez-vous le train, mes musiciens et mes danseuses doivent déjà poireauter sur le quai du port. Comment voulez-vous que je leur demande d’être à l’heure, si moi-même je suis en retard ?! ». Aussitôt ballotés par une foule encore plus nombreuse, ils durent sinuer entre les corps emportés dans un courant irrésistible mais qui n’avait pas encore l’impétuosité de l’oued endormi par la sècheresse et que la soudaineté de l’orage tire violemment du sommeil en faisant rouler et s’entrechoquer les cailloux au fond de son lit transformé en cauchemar éveillé. Sous la chape de plomb du soleil qui faisait déjà gondoler les façades des immeubles, les gens ramaient toujours en direction de la porte de Constantine, le regard indifférent et à une vitesse de croisière tranquille mais résolue. Une fois les trois compères embarqués à bord de la voiture, Bou Taxi démarra en trombe sous le regard du maître qui avait maintenu sa pression en moulinant du bras pour que le chauffeur s’active. Saisi par il ne savait quel pressentiment, le maître se mit à galouser intérieurement une goualante jusqu’à ce que la voiture disparaisse de son champ de vision, et avant qu’il ne rebride la lourde sur le présent qui balançait son ombre à la face de l’avenir : Lire la suite

Ice Cube – Arrest The President

14 Déc

VendrediEZ#14

22 Nov

VendrediEZ#14

Soirée « VendrediEZ #14 » présentée par BBoyKonsianPeopleKonsian et le Collectif Angles Morts à L’Alimentari (Paris 11ème) le 23 novembre 2018.

Intervenants / Discussion :

  • Saïd Bouamama : La Tricontinentale – Les peuples du Tiers-Monde à l’assaut du ciel
  • Présentation par Rocé de la compilation « Par les damné.e.s de la terre » (Des voix de luttes 1969-1989)

Lire la suite

Émission radio #QuartiersLibres : Bande-son des Damné.e.s de la Terre

6 Nov

La Rumeur – Premier Matin de Novembre

1 Nov

Premier Matin De Novembre

A bout de bras vous avez déterré les braises et
Au creux de vos mains, traversé de longs sillages
Les semences du feu ont accouché l’antithèse
De 130 obscures années d’esclavage
Du haut des massifs jusqu’aux plaines pillées
Des cités suppliciées aux villages craquelés
Voilà l’histoire prise au cou par vos visages couleur
D’ambre
Quand enfin retentit ce premier matin de novembre Lire la suite