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Barbès Blues au temps du couvre-feu (65) / Farid Taalba

21 Juin

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Après des salamalecs diplomatiques avec une longue brochette de ronds de cuir réunis autour d’un méchoui, le maître se plaça dans un coin qu’il avait estimé propre à le rendre discret, afin, pensait-il, de ne pas se faire griller le cerveau par quelque oiseux qui lui mettrait le grappin dessus pour tailler la conversation en même temps qu’une côte d’agneau. Puis, de nombreux orateurs bien anisés prononcèrent de longs discours sur l’avenir des céréales, de la vigne et des oignons. Caché derrière plusieurs rangées d’invités, il les écouta en somnolant. Une fois bien assommé par leur débit, au moment où le fracas d’une fantasia réveilla puis enchanta l’assistance dont l’attention fut absorbée par la course effrénée des chevaux qui galopaient en soulevant des nuages de poussière, le maître en profita alors pour s’esquiver. S’affalant au fond de la banquette arrière d’un taxi qui démarra en trombe, le maître put soupirer à l’adresse du chauffeur : « Va, tapis volant, va ! ». Et le véhicule fila en direction de Bougie en dévalant les pentes sinueuses qui descendaient vers la plaine sous le soleil implacable de l’après-midi, l’air saturé de poussière. Tous les bourgs qu’ils traversèrent s’étaient vidés de leurs habitants terrés dans l’ombre des maisons, les rues pleines d’un silence pesant qu’aiguisaient les crissements de scie des cigales et des grillons. Cela d’autant plus qu’ils croisèrent régulièrement des militaires pour qui la sieste n’était pas de permission. Aussi, le chauffeur de taxi exposa ses signes d’inquiétude à chaque fois qu’il les croisa. Il insista d’abord sur le fait que les militaires n’arrêtaient pas d’arriver depuis le mois de juin et qu’ils se faisaient sentir de plus en plus. Et sans perdre de vue la route, il revint sur certains faits rapportés par les journaux ou la rumeur publique, faisant mine de n’y rien comprendre et se demandant comment tout cela allait se terminer. Le maître, sans faire de commentaire, écouta d’une oreille distraite sa revue de presse de ce qu’on appelait officiellement les « événements » d’Algérie et parce qu’il n’apprit rien qu’il ne sut déjà. Mais, apercevant de nouveau ses bêtes noires postées en barrage à l’entrée de Sidi-Aïch, le chauffeur s’enraya le gosier : « Re… re… regarde ! Un, un barrage… On va se faire contrôler ! ». Un peu exaspéré à l’idée de se farcir encore le même disque, le maître s’empressa de lui lever le saphir du microsillon avec son flegme féroce et moqueur : « Oh mon pauvre Mohand, l’interpela-t-il de ce prénom comme un français aurait dit Dupont ou Durand, mais de quoi as-tu peur ? Toute chose ici-bas n’a-t-elle pas sa fin ? Pourquoi préjuges-tu alors que ce n’est pas Azraël qui vient à ta rencontre ? Aller, lis ton livre, il doit te suffire. ». Désarmé, le chauffeur n’osa répondre aux grosses lunettes noires du maître qui le fixaient dans le rétroviseur en attente de sa réponse ; plutôt que de relever le défi, il préféra accélérer comme celui qui est pressé d’en finir plutôt que de continuer à remuer le couteau dans la plaie. Puis, bientôt, à la vue des chenilles cloutées posées sur la chaussée, ralentissant pour se présenter aux gendarmes, le chauffeur se mit à réciter : « Au nom de Dieu le Miséricordieux plein de miséricorde. Heureux les croyants qui sont humbles dans leur prière, qui évitent la jactance, qui s’acquittent de l’aumône… ». Lire la suite

Fight The Power – Hip-Hop et mouvements sociaux

19 Juin

« Fight the power – Hip-Hop et mouvements sociaux »

le 21 juin 2017 au C.I.C.P. à Paris dès 19H00.

 

* Projection d’un extrait du documentaire « Protestas, propuestas y procesos » réalisé par Palante : https://www.facebook.com/protestaspropuestasprocesos

* Discussion/Débat « Hip-Hop et mouvements sociaux » avec Lire la suite

Barbès Blues au temps du couvre-feu (64) / Farid Taalba

7 Juin

 

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

 

Le lendemain matin, à la terrasse du café ombragée par les parasols qu’on avait sortis pour se protéger du cagnard qui sifflait déjà ces premières mesures de chaleur, les clients eurent le loisir de découvrir ce qui advint après que le maître eut prononcé sa sentence aussi imprécatoire que salutaire : « Hier au soir, au Grand Café de l’Etoile, en présence du président des Comices Agricoles d’Akbou accompagné de ses collaborateurs, Milou Hernandez, son propriétaire, nous a gratifié d’une de ces soirées dont il a le secret. Grâce aux bonnes relations qu’il entretient avec les indigènes évolués de la petite agglomération d’Akbou, il a fait venir un de ces troubadours du cru que l’on présente comme un grand poète musicien. Cette étonnante gloire locale se trouve aussi être une des coqueluches de la majorité de ces Kabyles aux vêtements crasseux qui descendent de la montagne les jours de grand marché et que ces derniers recherchent avidement pour animer leurs fêtes dont on vous a déjà relaté les folkloriques déroulements hauts en couleurs. Là, loin de l’habituel tintamarre des tam-tams et des stridents hautbois rythmant les cérémonies de ces fêtes primitives, nos compatriotes français ont pu assister à un récital bien moins rustique et dont le genre semble s’être bien adapté aux cadres de nos brasseries. Le chanteur mena ainsi une petite formation musicale dont l’exotisme ne manquait pas de ce charme étrange qu’on trouve dans le Salammbô de Flaubert. Ils enchantèrent le public par le déroulement et l’enchevêtrement d’audacieuses arabesques sous la pluie métallique des cymbalettes fixées sur le cadre d’un tambourin. Il ne manquait que cette Lire la suite

Émission radio Quartiers Libres : Lettre à Adama avec Assa Traoré

6 Juin

3ème édition du Festival Ciné-Palestine du 2 au 11 juin 2017

2 Juin

Après les succès des deux premières éditions, le Festival Ciné-Palestine vous donne rendez-vous du 2 au 11 juin 2017, pour sa 3e édition, dans nos cinémas partenaires à Paris, Saint-Denis et Aubervilliers. Une nouvelle fois, le Festival se donne pour ambition d’être à la hauteur du dynamisme et de la qualité du cinéma palestinien, en proposant une programmation riche et intense, avec des inédits, des invité-e-s talentueux prestigieux, des rétrospectives, comme celle dédié au travail du grand Mohammad Bakri. Le FCP 2017 sera aussi marqué par l’anniversaire des 50 ans de l’occupation suite à la guerre de 1967, avec un focus « regards croisés sur 1967 ». Quant à la soirée d’ouverture, elle sera consacrée au film « Ghost Hunting » de Raed Andoni, qui vient d’obtenir le prix du meilleur documentaire au Festival international du film de Berlin! Enfin, pour la première fois, le FCP 2017, suivant son objectif premier de soutien au cinéma palestinien, accueillera un concours de courts-métrages destiné aux jeunes réalisateur-rice-s. Nous comptons sur vous pour rester attentif-ve-s à cet événement majeur, devenu incontournable dans le paysage culturel en Île-de-France, grâce à votre soutien !

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Release Party « Monologue Social » – Original Tonio + guests

1 Juin

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Rock Against Police

26 Mai