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Barbès Blues au temps du couvre-feu (69) / Farid Taalba

11 Oct

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

En entrant dans la forêt des At Yemmel, revenant à la réalité présente à l’ombre des arbres dont la fraicheur l’avait extirpé du déroulement de ses souvenirs de sa première rencontre avec Si Lbachir, le maître n’eut pas le temps de dévider le poème de Qasi jusqu’à la fin. Estampés dans les caves de sa mémoire que le temps aurait recouvert comme la poussière sur des manuscrits anciens, d’autres souvenirs remontèrent à la surface quand le courant d’air rafraîchi qui s’engouffrait par les vitres entrouvertes, souffla sur son visage. Si, en 1847, les tribus de la vallée de la Soummam avaient fait, comme on disait à l’époque, leur soumission et qu’on les avait intégrées à un nouveau système d’administration sur lequel les Bureaux Arabes avaient la haute main, l’armée s’inquiéta tout de même de le consolider alors que, sur le plan militaire, elle n’avait rien à craindre en ayant déjà montré de quel bois elle pouvait chauffer les montagnards récalcitrants. Sa conquête brutale provoqua aussi l’effondrement de l’ordre ancien dont les membres se retrouvaient désemparés et déboussolés ; dans la foulée de la méchante raclée, l’administration se dut d’organiser et d’entretenir la division entre les tribus, entre les villages, entre les familles et au sein des familles elles-mêmes, pour mieux accélérer la désagrégation des us, des coutumes, des liens de parenté et des règles de l’ancienne civilité. Au final, si l’armée n’avait plus à intervenir pour maintenir la sécurité, la multiplication des conflits au sein des Kabyles-mêmes l’en dispensait d’autant plus mais craignait tout de même des débordements qu’elle ne pourrait plus maîtriser. C’est dans ce contexte, qu’en 1850, un événement qui survînt près de cette forêt des At Yemmel, offrit sur un plateau le prétexte qui manquait à une telle entreprise de consolidation de l’administration. Lire la suite

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5 cartouches / BBoyKonsian

6 Oct

5 sons par mois sélectionnés par l’équipe BBoyKonsian

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Block Party // Aktiviste // Do the RED Things

29 Sep

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Barbès Blues au temps du couvre-feu (68) / Farid Taalba

27 Sep

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

 

Mais, bien que profondément affecté dans son amour-propre par le déclassement qu’on lui fit subir, malgré son exclusion de la fonction publique qui l’accula à vivre pauvrement de menus travaux glanés à droite à gauche, et surtout en homme d’honneur qu’il se devait d’être en ce temps-là, les larmes ne le rendirent pas aveugle pour autant et Si Lbachir Ou Messaoud continua de ne pas lambiner dans ses efforts afin de défendre bec et ongles la face de la famille. Ses tantes paternelles et ses sœurs ne disaient-elles pas : « Il est nos yeux ! ». Et face au souvenir inoubliable de ce cri de guerre, il ne cessa de redoubler de férocité, avec une incroyable constance qui résistait aux défaites infligées par l’administration et aux harcèlements meurtriers de ses adversaires villageois, échappant à l’usure du temps et sans sombrer dans la résignation. La même fureur obstinée, têtue, enflammait ses prunelles dans son visage glabre de somnambule, insensible, la peau tendue comme celle d’un tambour chauffé à vif, et sous laquelle couvaient les braises qui alimentaient, attisaient encore plus intensément son désir de fumer enfin ses ennemis, assoiffé qu’il était de se faire rendre justice et dignité. « Ah, songea le maître alors que la voiture se souleva en percutant une pierre que le chauffeur n’avait pas vu venir, qu’est-ce qu’il en a bavé ! Comment fait-il pour tenir ainsi? Même dans une impasse, il continue de s’ouvrir la voie, quitte à prendre le risque de buter contre un mur qu’il s’ingéniera tout de même à percer, ne serait-ce qu’avec les bouts de ferrailles qui lui restent !

– Désolé, s’empressa de dire le chauffeur qui avait vu dans le rétroviseur la tête du maître cogner contre le plafond, je fais ce que je peux sur cette route, permettez-moi l’expression, de merde ! Lire la suite

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Rencontre / Débat : Assa Traoré & Marwan Mohammed

22 Sep

Culture en banlieue / 22 septembre – Saint Denis –

19 Sep

CULTURE POUR TOUS ! Culture en banlieue.

le 22 septembre, après-midi conviviale et soirée film !

16h – Animations (graff, danse, atelier graff, maquillage)
19h – Grillades
20h30 – Cinéma plein air : ILS L’ONT FAIT en présence du réalisateur.
Cité Franc Moinsin, dans le parc au pied du bâtiment 1- bvd Casanova, Saint Denis.

Organisé par l’Écho des Cités et le FMC (Franc Moisin Citoyen)

Livre du samedi : Things fall apart / Chinua Achebe

9 Sep

Things Fall Apart / Chinua Achebe (1958)

 

Publié en français sous le titre Le monde s’effondre, Paris, Éditions Présence africaine, 1966 ; réédition dans une nouvelle traduction sous le titre Tout s’effondre, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres africaines », 2013

Dans le village ibo d’Umuofia, Okonkwo est un homme dont la puissance et le courage sont vantés par tous, dont la voix est écoutée. Rejeton d’un père lâche et paresseux, il doit à lui seul ce qu’il est aujourd’hui : un fermier prospère qui veille sur ses trois épouses et sur ses huit enfants, un sage guerrier jouissant de la confiance des anciens.
Son monde repose sur un équilibre cohérent de règles et de peurs, de rituels et de traditions. Okonkwo habite ce monde, l’accepte et le maîtrise, il en est même l’un des garants. Ce qu’il ignore, c’est que l’extérieur s’apprête à violer une réalité qu’il croyait immuable : les missionnaires d’abord, les colons britanniques ensuite vont bientôt bouleverser irrémédiablement l’existence de tout son peuple. Lire la suite