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L’embuscade du TGI de Bobigny

9 Fév

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Tellement de choses au tribunal de Boboche ce mercredi 8 février.
Mais comme une grande mascarade quand même.

C’était d’abord les onze mineurs qui passaient le matin devant le juge pour enfants, avec ou sans éducs, pendant que les journalistes charognards installaient leurs gros flashs, que les familles attendaient secouées, face au vide qu’impose l’absence de son enfant et l’inconnu vers lequel ils va falloir le suivre. Le tribunal et toutes ses larmes.
Une des plus grosses journées de l’année chez les mineurs. Ils ont finalement tous été considérés comme « témoins assistés ». Autrement dit, les « faits d’embuscade » n’ont pas été retenus contre eux. Un dossier fragile, des preuves discutables, aucun acte condamnable.

Mais ça a aussi été, juste après, les six comparutions immédiates des 6 jeunes majeurs interpellés le même soir à Aulnay-sous-Bois lundi dernier, pour la même affaire, le même dossier.  Un dossier qui concerne 17 adolescents en tout, sous des accusations pour le moins vagues, toutes basées sur un seul procès verbal dont la date est erronée : les jeunes ont été « rabattus » au centre de la rue centrale de la cité par la police, contrôlés puis embarqués. Ils comparaissent le surlendemain. Pour ce qu’ils allaient commettre -selon les « forces de l’ordre », donc Madame la Juge.

Il y avait toutes ces mamans qui espéraient voir leur fils comparaitre, sans nouvelles d’eux. Elles sont restées de 13 heures à 21 heures à l’audience, en vain. Parfois paniquées, sans nouvelles depuis plus de 24 heures. Toutes les familles de ceux qui passaient à la barre, attérrées, parfois cyniques, toujours tellement dignes. Une baveuse commise d’office. La détermination des jeunes à expliquer les faits, l’injustice de cette situation, et leur insistance a décrire les projets qu’ils ont pour leur avenir, les études qu’ils font, leur vie d’adulte qui se profile à peine. Et tout ce qu’une condamnation pourrait briser. La proc’ qui rappelle les pressions sois-disant politico-médiatiques. La Justice serait en difficultés suite au contexte qui sur-médiatiserait l’histoire de Théo.

Mais la Juge ne prends pas en compte le fait que toutes ces familles sont d’abord très inquiètes pour ces jeunes, embarqués par la police depuis 48 heures, après ce qu’a subi Théo quelques jours avant. Le maternalisme souvent méprisant de la juge, ses à-prioris sur la cité des 3000, des avocats qui pataugent. L’aberration d’un procès basé sur l’accusation d’avoir eu un projet qui ne serait pas arrivé à terme. Dans un contexte ou la police à été débordée le même soir, et n’a interpellé aucune personne en flagrant délit. Ou plutôt l’aveu que la police n’a pas réussi à le faire : c’est alors aux interpellés en marge des événements qui devront répondre de cette soirée, où ils n’étaient pas, ayant été interpellés en début de soirée. D’ailleurs, ces jeunes avaient manifesté a visage découvert l’après midi avant leur interpellation, avec les mamans du quartier.

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L’argument d’une brouette pleine de pierres a proximité qui prouverait que c’était leur projet : attaquer la police. L’éclairage public éteint dans la cité, qui seraient de leur faute, même si personne ne sait l’expliquer. On comprend bien vite que c’est surtout l’humiliation vécue par la brigade et ses renforts ce soir-là dans la cité qu’ils vont essuyer, qu’ils soient ou non les responsables des violences : la police à été débordée, la situation est très médiatisée, et le président de la République à rendu visite à Théo. Ce « débordement » légitimerait d’ailleurs l’utilisation des armes de service des policiers, chacun a plusieurs reprises, jusqu’à neuf balles tirées en l’air un peu après leur arrestation. Et les peines de ces jeunes malgré un dossier très, très léger. Au point de s’être trompé de date sur le PV.

Le seul qui comparaissait pour « port d’arme » (une pierre) a été relaxé. Pour les autres, c’est beaucoup, beaucoup plus amer. Pour trois d’entre eux, ils ont pris six mois de sursis et une interdiction de port d’arme. Pour les deux autres, qui avaient déjà un casier judiciaire,  6 mois de prison ferme. Sans mandat de dépôt, comme si c’était une fleur.

Tout le monde est abasourdi. Les avocats étouffent les envies des familles de faire appel, les dissuadent dans les couloirs. On sort vite, les jeunes vont pouvoir être libres, même juste un tout petit peu. On parle d’aménagement de peines et de vies gâchées a cause de « salir le casier des jeunes pour donner l’exemple ». On se rappelle les grands rêves de ces jeunes hommes et de ce spectacle auquel on a assisté sans pouvoir rien faire, qui aura de lourdes conséquences. La plupart des familles ne savaient pas que leurs enfants comparaissaient ce jour-là, ou l’ont appris le matin-même.

Très vite, les flammes éclairent la nuit au centre commercial tout proche. Deux voitures en feu et des pompiers. Un attroupement, des cris. De la fumée à perte de vue.

Oui, vraiment, l’injustice, ça brûle.

Important : les comparutions immédiates continuent au TGI de Bobigny suite aux différentes interpellations à Aulnay-sous-Bois ou aux alentours. La présence de soutiens est vraiment indispensable. Ne laissons pas les familles seules face a cet engrenage infernal, qui veut faire des exemples en broyant des vies.

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Et nous jetterons la mer derrière vous

8 Déc

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Dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, on jette de l’eau derrière celui qui s’en va pour qu’il revienne en bonne santé.
C’est une échappée vers l’ouest, une plongée dans des routes qui s’entrecroisent. Aziz, Sidiqi, Housine et Younes nous emmènent dans leurs périples du foyer afghan ou marocain au chaos de la Grèce en crise en passant par les rues d’Istanbul. En filigrane, les rêves, les espoirs qu’ils portent. Nous voyageons avec eux dans ces villes non-lieux et ces zones frontière, grandes comme des pays entiers. C’est l’histoire d’une Europe, de ses réalités, de ses lois et de ses polices. C’est une histoire d’exil.
On les appelle, migrants, kaçak, metanastes, mais ils sont avant tout des hommes et des femmes sur le chemin de leur vie. Il n’en est qu’à son début, et ne trouvera peut-être jamais de fin.
Et nous jetons l’eau de toutes les mers traversées derrière leur pas.
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Procès : nos quartiers ne sont pas des stands de tirs !

22 Oct

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Le collectif du 8 Juillet nous invite à être présents au  » procès des policiers qui nous ont tirés dessus le 8/07/2009 » qui aura lieu du 21 au 25 novembre prochain à Bobigny.

La police nous a tiré dessus au flashball le soir du 8 juillet 2009 à Montreuil, alors que nous étions nombreux à manifester suite à l’expulsion de «La Clinique», un lieu d’organisation ouvert sur la ville. Parmi les six personnes blessées, cinq ont été touchées au dessus de l’épaule, précisément là où la police n’est pas autorisée à viser. L’un d’entre nous a perdu un oeil. Fait peu ordinaire, 7 ans plus tard, trois policiers vont finalement être jugés au Tribunal de Bobigny, du 21 au 25 novembre prochain.

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Résistons Ensemble : Qui nasse qui?

26 Juil

Résistons Ensemble

Voici en pdf, le No 154, juillet / août 2016, du petit journal mobile recto-verso A4
« RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : Lire la suite

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A Calais, la frontière tue !

25 Juil

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Résistons Ensemble / Juin 2016

13 Juin

Resistons ensemble

La police policée, c’est possible ?

Voici en pdf, le No 153, juin 2016, du petit journal mobile recto-verso A4
« RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article563

au sommaire
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– La police policée, c’est possible ?

– Mobilisations contre la « loi travail » et son monde : emploi de la force à tous les niveaux

– [ Chronique de l’arbitraire ]
Lycéens en lutte
Retour sur la manif des flics
Défense des prisonnières
Antoine, prisonnier politique
Syndicalistes, pas voyous ! »
Depuis la manif du 12 mai, tensions entre les SO CGT/FO et les manifestant-e-s

– [ Agir ]
En blesser un pour en terroriser mille
Commémoration du 7e anniversaire de la mort d’ali ziri

 

La police policée, c’est possible ?

RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 153 / juin 2016


La police policée, c’est possible ?

C’est une chorale qui chante d’une seule voix. D’abord, Philippe Martinez, de la CGT, qui ment : le 1er mai, ce seraient de soi-disant « casseurs » et pas les flics qui auraient attaqués les manifestants, l’affiche d’un syndicat de la CGT dénonçant les violences policières serait l’« affiche de trop » qui ne vise pas la police et les policiers mais les « donneurs d’ordre ». Ensuite, la CGT-Police, selon qui, si « bavures » il y a, comme par exemple au lycée Bergson où le courageux policier assène un coup de poing en plein visage d’un lycéen solidement tenu par « deux collègues », c’est parce que les flics ne sont « pas correctement formés ». Ceux qui tirent sur la foule à hauteur de visage et matraquent à tout va ne seraient pas des exécutants aveugles des basses œuvres du gouvernement et du patronat, mais de pauvres travailleurs fatigués. Alliance, FO, UNSA, CGT-Police, c’est la même chanson, ils syndiquent les policiers comme s’ils étaient des salariés comme les autres. Selon le syndicat de flic le plus « à gauche », le minuscule SUD-Intérieur de chez Solidaires, la police aurait une « double nature », elle protégerait le citoyen en plus de servir au maintien de l’ordre social. Lire la suite

L’impact de l’islamophobie sur les femmes musulmanes en France

8 Juin

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L’ENAR (European Network Against Racism- Réseau Européen Contre le Racisme), une organisation réunissant plus de 150 associations en Europe a, le 26 mai dernier, publié une série de rapport traitant la question de l’impact de l’Islamophobie contre les femmes musulmanes dans huit pays européens : France, Belgique, Allemagne, Italie, Royaume Uni, Suède, Pays-Bas et Danemark. Ces rapports adressent pour la première fois à l’échelle européenne la question des discriminations multiples et intersectorielles que subissent les femmes musulmanes, dans le domaine de l’emploi et des violences (deux compétences européennes).

En France, les rapports du Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) démontrent que l’écrasante majorité des victimes d’islamophobie sont des femmes. Elles représentent en 2015 88% des victimes de discriminations et  81.5% des victimes de violences. Lire la suite