Archive | La séance du dimanche RSS feed for this section

La séance du dimanche : Winnie

22 Avr

Pasionaria en Afrique du Sud de la lutte antiapartheid, « Winnie », ex-épouse controversée de l’icône Nelson Mandela, a inextricablement lié son destin à celui de son pays. Un portrait documenté de la figure emblématique des townships, décédée à l’âge de 81 ans, le 2 avril 2018.

Un beau visage sous un chapeau cloche, Winnie Madikizela-Mandela, jeune assistante sociale née dans un village du Transkei, a 25 ans lorsque son mari, Nelson Mandela, est arrêté en 1962 à la suite d’une campagne de sabotage de l’ANC, puis condamné à perpétuité : « Nous nous connaissions à peine. » Militante au puissant charisme et à la détermination sans faille, la pasionaria va alors mener la lutte antiapartheid en Afrique du Sud et maintenir haut la flamme de la résistance, récoltant des fonds pour les prisonniers et orchestrant sans relâche la mobilisation. Cible du régime, espionnée et maintes fois arrêtée, cette mère de deux petites filles, qui jamais ne désarme, est bientôt accusée d’avoir provoqué la vague de violence qui submerge le pays en 1976. Assignée à résidence à Brandfort – « un tombeau vivant » –, l’opposante, courtisée par les médias internationaux, assume d’être prête à tuer pour la liberté. Ne craignant rien ni personne, Winnie, qui recrute avec Chris Hani et Oliver Tambo les soldats d’Umkhonto we Sizwe, la branche militaire du Lire la suite

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Nanterre : l’ après-transit (février 1986)

17 Avr

NANTERRE – L’APRÈS-TRANSIT
vidéo de l’agence IM’média – février 1986

Un an après leur relogement, Nordine Iznasni et d’autres jeunes de la cité de transit Gutenberg de Nanterre, désormais rasée, reviennent sur les lieux de leur enfance dont il ne reste guère que la trace de fondations dérisoires perdues dans un terrain en friche. Ils blaguent sur l’accueil dans leur nouvel environnement avec un brin de nostalgie pour leur « paradis perdu », et pour les solidarités de voisinage aujourd’hui disparues.
Dispersés entre Antony, Asnières, Gennevilliers, Suresnes ou ailleurs, les jeunes se retrouvent à la gare du RER Nanterre-Ville, sur l’emplacement de la cité, ou encore dans les locaux de Transit-services, la SCOP de déménagement qu’ils ont monté, sise au 7 rue de Saint-Cloud, tout près de la Boule. Ahmed Chouraqui, qui a un temps travaillé comme intérimaire au centre culturel G. Pompidou/Beaubourg, considère avoir été relogé dans de bonnes conditions, et c’est le cas pour la plupart des familles, malgré l’éloignement. Pour autant, il raconte la réputation de délinquance qui leur colle aux basques auprès des nouveaux voisins. « Comme on est les seuls Arabes, et en plus famille nombreuse, on est vite repérés. Ils ont vite fait de nous juger! ». Nordine fait faire une visite à Suresnes où il a été relogé dans une cité HLM. Le gardien, débonnaire, confirme que « Nanterre, c’est un nom qui fait peur… » mais les voisins « ont vu que les gens se tiennent correctement ». Et puis, les familles immigrées ne sont que 14 sur 170, du coup, « on arrive à se supporter ». Nordine lui, insiste sur les nombreux services à proximité, ce qui contraste avec l’isolement d’autrefois. Des filles relogées rajoutent: « Ici, c’est plus propre, et il n’y a pas de boue. » Lire la suite

La séance du dimanche : Noire est la couleur

15 Avr

Noire est la couleur. Les artistes africains-américains et la ségrégation

Il n’y a pas si longtemps, un visiteur du Metropolitan Museum of Art à New York aurait eu bien du mal à découvrir la peinture noire américaine. Ce n’est plus le cas désormais puisqu’elle a enfin trouvé sa place dans les plus grands musées des États-Unis. Quel regard les artistes africains-américains portent-ils sur le monde par rapport à leurs confrères blancs ? La spécificité de la peinture noire apparaît sans conteste dans sa dimension politique. Car l’acte de naissance de l’art africain-américain réside dans la représentation de l’émancipation du peuple noir, tandis que sa maturité s’acquiert parallèlement à la lutte contre la ségrégation raciale et pour l’obtention des droits civiques.

Aujourd’hui, Jean-Michel Basquiat (1960-1988) n’est plus le seul artiste africain-américain à être entré de son vivant dans les grandes institutions américaines. Kerry James Marshall, Whitfield Lovell ou encore Ellen Gallagher sont également célébrés, au même titre que cette étoile filante qui fit longtemps figure d’exception. Ce film raconte à travers des archives et les voix d’artistes, d’historiens de l’art, de collectionneurs et de galeristes la marche des artistes africains-américains pour se réapproprier leur image et la faire vivre.

https://rutube.ru/video/25c8feadd6e2e1b155cfe604c4402ce7/

 

La séance du dimanche : Yémen, le chaos et le silence

8 Avr

Yémen, le chaos et le silence

Plus de 10 000 morts, quelque 53 000 blessés, au moins 2 millions de déplacés, une famine qui gagne du terrain, des épidémies de choléra et de diphtérie… Après trois années de guerre, le Yémen connaît la plus grave crise humanitaire survenue depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce documentaire propose une traversée inédite de ce pays dévasté. Plus de 10 000 morts, plus de 2 millions de déplacés, une famine qui gagne du terrain, des épidémies de choléra et de diphtérie qui se répandent… : après trois années de guerre au Yémen, les Nations unies estiment que ce pays situé à la pointe de la péninsule arabique connaît aujourd’hui la plus grave crise humanitaire survenue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, on ne sait quasiment rien de ce conflit qui, muselé par ses protagonistes, se joue à huis clos. Lire la suite

La séance du dimanche: Interpol, une police sous influence ?

1 Avr

 

Interpol, la mythique police mondiale, souffre d’un sous-financement chronique. Ses 192 États membres ne mettent pas suffisamment la main à la poche. En 2000, Ron Noble, son nouveau secrétaire général, de nationalité américaine – une première pour une institution qui, auparavant, puisait ses dirigeants dans le vivier européen –, lui fait prendre un virage à 180 degrés. Dans les médias, il martèle qu’il lui faut un milliard de dollars, au lieu des quelques dizaines de millions qui lui sont alloués. Mais les États font la sourde oreille. L’organisation se lance alors dans d’ahurissants partenariats public/privé avec des multinationales (Philip Morris International, Sanofi…), des institutions accusées de corruption (la Fifa), et encaisse les chèques mirobolants Lire la suite

La séance du dimanche: La Domination Masculine

25 Mar

La Domination Masculine

Peut-on croire qu’au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ? Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un  » compagnon dominant  » ? Que penser d’hommes qui subissent une opération d’allongement du pénis,  » comme on achète une grosse voiture  » ? Lire la suite

La séance du dimanche – Nasty Gal: The Many Lives of Funk Queen Betty Davis –

18 Mar

Nasty Gal: The Many Lives of Funk Queen Betty Davis

Diva survoltée du Black Power et épouse éphémère du grand Miles, la très funky Betty Davis reste une énigme de la musique afro-américaine. Retour sur le parcours météorique d’une femme libre et artiste magnétique.

« Il y a toujours eu un petit oiseau à l’intérieur de moi, mais c’est devenu un corbeau noir ». Longtemps oubliée avant de s’imposer comme un mythe, Betty Davis, sorte de Prince au féminin nimbé de mystère, a traversé et embrasé la scène de la musique soul-funk américaine dans les années 1970. Diva survoltée à l’allure follement sexy, cette enfant de Caroline du Nord, songwriter dans l’âme – premières chansons à 12 ans –, débarque à Harlem en pleine ébullition de la blaxploitation, et dynamite bientôt l’image de la femme artiste noire. Coupe afro, bottes dorées et minishort à paillettes, l’ancienne mannequin, chanteuse et auteur-compositeur – elle écrit aussi pour The Chamber Brothers et The Commodores –, invente un funk sauvage et provocateur, incarnant à elle seule le credo « Black is beautiful ». Un soir au Blue Note, cette amie de Jimi Hendrix – dont elle figure une indocile petite sœur glam – et de Sly Stone croise Miles Davis. Coup de foudre et mariage. À sa nouvelle muse magnétique, le grand Miles fait Lire la suite