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La séance du dimanche / ROJAVA : une utopie au cœur du chaos syrien

15 Oct

ROJAVA : une utopie au coeur du chaos syrien

Lors de leur bataille contre l’organisation de l’État islamique, des Kurdes et d’autres peuples du nord de la Syrie tentent de mettre en place au Proche-Orient un projet politique original, ce qu’ils appellent le « fédéralisme démocratique ».

Ce projet est contraire au projet religieux d’une bonne partie de l’opposition syrienne, mais s’oppose aussi au projet arabe nationaliste du gouvernement syrien. Et comme si cela ne suffisait pas, ils s’opposent également à un Kurdistan indépendant. « Nous ne voulons pas un Kurdistan indépendant pour les Kurdes, mais une fédération démocratique et pluraliste pour tout le monde », disent-ils. Lire la suite

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Séance du dimanche Terra Lliure-Punt Final (2007)

8 Oct

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Catalogne année zéro. La répression néo-franquiste le 1er octobre 2017, pour empêcher la tenue d’un référendum d’auto-détermination a donné lieu à de nombreuses réactions contre la brutalité des milices de l’État espagnol, Guardia Civil et Police Nationale en tête. Mais, ces réactions à chaud contre la violence d’État se sont rarement aventurées au-delà d’une condamnation de principe contre une réponse disproportionnée face à un processus électoral déclaré illégal par le gouvernement et son tribunal constitutionnel aux ordres. La plupart des commentateurs se sont bien gardés d’aller au-delà, quand ils ne condamnaient pas explicitement l’initiative même du référendum. C’est vrai ça, l’auto-détermination, c’est un peu comme l’égalité : un grand mot placé dans des grands textes, mais qu’il ne faut surtout pas sortir des livres d’Histoire. Les États-nation existent une fois pour toute, c’est très bien comme ça, les Catalans sont espagnols, les Kurdes sont turcs (ou irakiens, ou iraniens, ou syriens), les Corses et les Kanaks sont Français, et toute l’Afrique a des ancêtres gaulois. Hein ? Ah bon, c’est fini ça ? Ah ok.

Concernant le fond de la question, à savoir les rapports entre la Catalogne et l’Espagne, personne n’est allé chercher plus loin qu’une analyse lamentablement immédiate : mais pourquoi donc les Catalans veulent-ils sortir de l’Espagne ? Ben parce qu’ils ont un PIB plus important que d’autres régions espagnoles, c’est juste ça, de gros égoïstes, un peu comme la Ligue du Nord ou le Brexit, des vilains populistes pleins d’euros qui veulent laisser crever les Andalous et les Extrémègnes. Pour le reste, que des salades, des menteries : la culture catalane c’est du folklore, ou de la manipulation politique sans fondement. Espagne, une, grande et libre ! Hein ? Quoi ? C’est le slogan franquiste par excellence ? Ah ? C’est pas une devise républicaine française ?

L’occasion de revenir un peu en arrière. Pas sur l’ensemble du contentieux entre la Castille et la Catalogne : ça remonte au Moyen Âge, ça se complique au XVIIe s où la couronne espagnole, après une guerre de reconquête écrase la Catalogne et mène une campagne d’occupation militaire en règle, confirmée début XVIIIe après une nouvelle guerre. Au moins aux années 1930 : en 1932, pendant la seconde république espagnole, la Catalogne se dote d’un statut d’autonomie qui est reconnu par le Front Populaire. Barcelone est l’un des centres du mouvement révolutionnaire et, logiquement, l’une des cibles privilégiées de la répression franquiste.

B-Marlena-Barcelona poster

Pendant toute la dictature (1939-1975) de même qu’en Euskadi il est interdit de parler basque, le catalan est proscrit de Catalogne. Les communautés historiques (Catalogne, Euskadi et Galice) sont niées en tant que telles et le régime franquiste s’emploie à normaliser toute la population en imposant le castillan comme seule langue notamment à l’école (comme le français dans tout l’empire français pendant très longtemps). Du coup, assez logiquement, la Catalogne et le pays basque se retrouvent assez vite à la pointe de la résistance à Franco et à ses sbires et jouent un rôle essentiel dans les dernières années de la dictature. C’est un commando de l’ETA qui décapite le régime en offrant au dauphin du dictateur, l’amiral Carrero Blanco, un aller simple pour le ciel grâce à quelques kilos de dynamite, en décembre1973. En Catalogne, le MIL –Movimiento Ibérico de Liberación– de tendance libertaire et antifasciste est particulièrement actif, aux côtés de mouvements catalanistes marxistes-léninistes comme le FAC (Front de Libération de Catalogne) ou des groupes issus de la résistance antifranquiste historique réunie dans le Front National Catalan. Le problème c’est que cette participation à l’effort commun pour faire tomber la dictature n’est que très partiellement reconnu avec le retour à la démocratie en 1975 : les partis politiques d’opposition nationale, en particulier les partis socialiste et communiste, préfèrent s’entendre avec la frange la plus pragmatique de la technocratie franquiste pour bricoler une soi-disant « transition démocratique ». Cela leur permet de prendre leur part du gâteau tout en garantissant aux hiérarques franquistes à la fois l’impunité la plus totale et une participation au jeu de la démocratie représentative. Le Parti Populaire de l’actuel premier ministre Mariano Rajoy, celui-là même qui a lancé la troupe dimanche 1er octobre, est issu de cette négociation contre nature. Le roi, intronisé par Franco lui-même est accepté comme garant de l’unité du pays. Les statuts d’autonomie accordés de mauvaise grâce aux communautés historiques pour tisser un lien entre l’État central et les partis de notables basques et catalans sont bridés par l’article 2 de la Constitution, qui réaffirme l’unité indissoluble de la « nation espagnole ».

Franco Rajoy

Face à cette arnaque démocratique, et devant l’absence d’amnistie (jusqu’à fin 1977) pour les militants emprisonnés, plusieurs groupes politiques reprennent la voie des armes pour sortir du cadre espagnol et lutter pour une alternative révolutionnaire. C’est le cas d’Euskadi Ta Askatasuna (ETA, littéralement Pays basque et Liberté) partisane d’une révolution socialiste dans une république basque indépendante. C’est également le cas d’une organisation catalane moins connue –le degré d’affrontement en Catalogne n’a jamais atteint celui du Pays Basque– mais également très active dans ce contexte-là : « Terra Lliure » (Terre Libre), une organisation politico-militaire militant en faveur d’une catalogne indépendante et d’un régime républicain et socialiste. Active à partir de 1978, elle fédère dès les années 1980 la plupart des militants des autres groupes de la lutte de libération nationale catalane tels que EPOCA (Armée Populaire Catalane) ou le PSAN-Provosoire. Cette organisation rassemble la partie la plus combative de la gauche indépendantiste qui ne se reconnaît pas dans la constitution espagnole de 1978 et la considère comme une trahison du processus républicain lancé sous le Front Populaire avant le coup d’État de Franco.

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Le documentaire proposé ici, sorti en 2007, retrace la trajectoire de Terra Lliure, depuis ses débuts jusqu’à l’abandon de la lutte armée au début des années 1990, sa dissolution en 1995 et l’intégration d’une partie de ses cadres dans les partis politiques de la gauche républicaine catalane, ERC en particulier, même si certains de ses militants semblent garder un contact avec des formations moins institutionnelles, comme la CUP, anticapitaliste et plus conseilliste.

 

La séance du dimanche : Migration

1 Oct

Migration

Court métrage (2016) de Sylvaine Jenny et Philippe Vu.

 

Le chemin de croix d’une mère et de son enfant, quittant leur pays en Lire la suite

La séance du dimanche : Vietnam

24 Sep

Ken Burns et Lynn Novick  font revivre le traumatique Vietnam de l’intérieur. Une plongée sanglante au cœur de la tragédie qui a façonné la fin du XXe siècle. Ken Burns et Lynn Novick font revivre de manière inédite la guerre du Viêtnam au plus près de ceux qui l’ont vécue, Vietnamiens et Américains, dans une fresque documentaire digne d’ »Apocalypse Now « ou de « Voyage au bout de l’enfer ». En neuf épisodes, les réalisateurs retracent ces trente années de soulèvements et de destructions, qui firent plus de trois millions de morts, à travers les récits intimes de près d’une centaine de témoins. Simple militaire ou dirigeant politique, journaliste ou activiste, déserteur, diplomate ou sœur d’un soldat défunt, tous ont fait, observé ou subi cette tragédie aux dimensions épiques, mère de toutes les guerres modernes. Au fil d’une narration où le rythme s’accélère d’épisode en épisode, une foule d’archives inédites, fruit de dix ans de recherche, associée à de célèbres photos, des films amateurs ou des enregistrements sonores dévoilant les coulisses de la Maison-Blanche, racontent l’histoire de la fin du colonialisme, de la montée en puissance de la guerre froide et de la victoire d’un peuple de paysans contre la machine de guerre la plus dévastatrice au monde. Ou l’histoire d’un conflit qui a divisé l’Amérique et l’opinion mondiale pour toujours.

 

Premier volet : Indochine, la fin (1858-1961)

Au terme d’une guerre longue et brutale, les révolutionnaires indépendantistes du Viêt-minh, menés par Hô Chi Minh, mettent fin à près d’un siècle de domination coloniale française.Les accords de Genève, signés après la chute de Diên Biên Phu en 1954, divisent le pays en deux. Au Nord, le Viêt-minh communiste, soutenu par la Chine et l’URSS, veut réunifier le pays. Au Viêtnam du Sud, pris dans la logique d’une guerre froide qui s’intensifie, les États-Unis apportent leur soutien au régime autocratique du président Diêm. Début 1961, la ligne dure prônée par Lê Duân, premier secrétaire du Viêt-minh, encourage la guérilla menée dans les zones rurales du Sud par le « Viêt-cong » – surnom donné par leurs ennemis au bras armé du FNL, fondé par les indépendantistes du Sud. Lire la suite

La séance du dimanche : Billie Holiday / un supplément d’âme

17 Sep

Billie Holiday / Un supplément d’âme

Portrait d’une grande dame du jazz : Billie Holiday (1915-1959). Née d’une mère mineure à la dérive, elle a été violée une première fois à l’âge de 11 ans, puis condamnée par un tribunal pour enfants et placée dans une maison de redressement catholique… Lire la suite

La séance du dimanche : Vengeance d’Etat / Entretien avec Antonin Bernanos

10 Sep

Vengeance d’Etat / Entretien avec Antonin Bernnaos

Entretien réalisé par le site Hors-Série :

Il a 22 ans, et dix mois de prison au compteur. Dans l’affaire de la voiture de police brûlée, Quai de Valmy, en mai 2016, il a été désigné comme coupable – alors qu’aucune preuve formelle n’a pu être trouvée contre lui. Pourquoi c’est tombé sur lui ? Peut-être parce que les « notes blanches » du Renseignement l’identifiaient de longue date comme un militant antifasciste impliqué dans diverses mobilisations, dont celle contre la loi Travail.

Que ces notes blanches n’aient aucune valeur juridique, qu’elles consistent en des allégations largement fantaisistes et des appréciations souvent erronées, la chose a été prouvée, et pas plus tard que la veille de son arrestation. Juste avant l’incident de la voiture de police brûlée, Antonin Bernanos avait fait l’objet d’une interdiction de manifester, sur la base de ces notes blanches : lui et quelques autres, concernés par la même sanction préventive, avaient porté l’affaire devant le Tribunal Administratif. Leurs avocats ont démontré que ces « renseignements » relevaient d’affabulations rocambolesques – prétendant par exemple que tel individu participait à un rassemblement violent à tel endroit, tandis que l’individu en question était à l’étranger, ce qu’attestaient indiscutablement ses visas et billets d’avion. Alors le Tribunal Administratif a levé les interdictions de manifester, désavouant les notes blanches. Et la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police s’en est trouvée ridiculisée. C’était le 17 mai 2016. Et voici que le 18 mai, l’incident de la voiture de police a lieu ; et qu’un membre de la DRPP assure avoir reconnu Antonin Bernanos aux abords de la voiture de police, et que ce dernier a joué un rôle décisif dans l’incident ; ce policier est l’auteur d’un témoignage anonyme (mais son identité, par une faute de procédure, est révélée dans le dossier), et ce témoignage suffit à faire tomber Antonin. Lire la suite

La séance du dimanche : L’affaire Salah Hamouri

3 Sep

L’affaire Salah Hamouri / Nadir Dendoune

« Le 23 août dernier, trois jours après avoir obtenu son diplôme d’avocat, Salah Hamouri, un Franco-Palestinien de 32 ans a été une nouvelle fois arrêté par l’armée israélienne à son domicile de Jérusalem. Ce mardi 29 août, un tribunal militaire, illégal au regard du droit international, a décidé de le placer en détention administrative pour une durée de six mois. La détention administrative permet à Israël de maintenir arbitrairement des personnes en prison pendant plusieurs mois renouvelables indéfiniment, sans leur en notifier les raisons. Ce n’est pas la première fois que Salah Hamouri est incarcéré en Israël. Il a déjà passé près de 7 ans en prison, entre 2005 et 2011, accusé d’avoir projeté l’assassinat d’Ovadia Yossef, alors leader du parti israélien ultra-orthodoxe Shas. Peu de temps avant sa libération, Alain Juppé, alors ministre français des Affaires étrangères avait estimé que le dossier judiciaire de Salah Hamouri était vide.  A l’époque, Nadir Dendoune était journaliste indépendant. Il lui arrivait de travailler pour la télévision publique française. Il s’est rendu compte que ni lui, ni aucun de ses collègues n’avaient entendu parler du cas de Salah Hamouri. » Extrait de l’article : l’Humanité.fr propose en accès libre et en exclusivité le documentaire de Nadir Dendoune: « L’affaire Salah Hamouri »

 

« « Connaissez-vous Salah Hamouri ? ». C’est par cette simple question que le comédien français François Cluzet avait pu, un jour de novembre 2009, à l’heure du repas dominical, interpeller à la fois les médias et les politiques français. Lire la suite