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Livre du samedi : La Révolution kurde – Le PKK et la fabrique d’une utopie / Olivier GROJEAN

14 Oct

La Révolution kurde
Le PKK et la fabrique d’une utopie

Olivier GROJEAN

 

Depuis quelques années, le PKK turc et le PYD syrien sont au centre de l’attention des gauches mondiales. Certains observateurs, comme l’anthropologue David Graeber, l’historien Immanuel Wallerstein ou le linguiste Noam Chomsky les considèrent comme une des rares lueurs d’espoir dans le chaos moyen-oriental et comparent leurs expérimentations politiques à celles des zapatistes du Chiapas. En effet, ces organisations apparaissent comme un point de convergence de nombreuses luttes « nouvelles » : le combat militaire contre l’« obscurantisme » de Daech ; une forme avancée de féminisme contre le « patriarcat » islamiste et traditionaliste ; une volonté de promouvoir un « confédéralisme démocratique » postmarxiste et libertaire ; ou encore une manière renouvelée de contester le capitalisme et le culte de la croissance, au profit d’une écologie radicale.
Pourtant, le PKK et ses organisations sœurs restent Lire la suite

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Livre du samedi : Dans la peau d’un Thug 2 /Nargesse Bibimoune

7 Oct

Dans la peau d’un Thug 2 / Nargesse Bibimoune

« A peine on effleure notre bonheur du bout des doigts qu’il s’éloigne un peu plus. ». Après l’hécatombe qui a ravagé sa vie et torturé son esprit, Youssef Bekri se reconstruit. À la fois père, mari, frère et fils, il s’efforce d’assumer tant bien que mal ses différents rôles. Pourtant, la solitude reste sa compagne la plus fidèle. Seul dans sa souffrance, seul dans sa tête, seul dans sa vie. Mais qu’il le veuille ou non, « You » n’est pas tout seul. Hanté par les fantômes des siens, il tente de mener une vie normale loin des embrouilles du quartier, et de rendre heureuse celle qui a su voir le meilleur chez lui dans les pire instants. Youssef le sait, il n’est que le fruit de ses expériences, et quand celles-ci ne riment qu’avec souffrances et drames, comment prétendre au vrai bonheur ?

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Livre du samedi : Dans la peau d’un Thug / Nargesse Bibimoune

30 Sep

Youssef Bekri, jeune homme de vingt-cinq ans surnommé « You », est un banlieusard tourmenté. Il voit sa vie se transformer un peu plus après le meurtre brutal de son meilleur ami.

Anéanti, il se replie sur lui-même et ne croit plus en un avenir heureux. Sa vie oscille désormais entre religion, activités illicites et deuil. Seules quelques « petites meufs » tentent du mieux qu’elles peuvent de lui maintenir un semblant d’humanité.

Malgré tout, You va essayer de trouver une raison de vivre en enquêtant sur l’assassinat de son ami. Mais cette quête ultime, destinée à retrouver les coupables et à réfréner sa haine, engendrera plus de drames que de satisfactions…

Extrait:

« Prologue

« Ya nod ! »

Ma mère referme la porte. Je l’entends pester contre moi en s’adressant à Dieu. J’ouvre les yeux difficilement. Le visage gonflé, la bouche pâteuse, je me tire enfin de mon pieu. Quinze heures et j’entends déjà sa petite voix qui se plaint de moi. J’ai honte.

Yemma, si tu savais comme je souffre de toutes les contradictions avec lesquelles je vis. Tu penses que la vie est aussi simple qu’à ton époque, mais notre génération est pourrie jusqu’à la moelle. On cherche la caillasse Yemma, y a que ça pour s’en sortir… J’aimerais te prendre dans mes bras, mais j’ai les mains trop sales pour oser te toucher à nouveau.

J’ai fait des choses dont je ne suis pas fier et aujourd’hui, j’en ai le cœur carbonisé de toutes ces slatas. Tu persistes à y semer des graines Yemma, mais rien n’y pousse, rien n’y vit.

Une journée de plus à tenir les murs, discussions entre cas soc’, chicha, habta, on se checke, on se parle avec les mains et avec les mots on est plein de « hachek». On remanie la langue de Molière, « on la plie à notre vouloir dire », comme dirait Aimé Césaire.

C’est nos vies ; elles ne prennent de sens qu’autour de ces discussions, ou lors de ces soirées où l’adrénaline monte et que le butin est acquis, Yemma. Ces soirs-là, on brade nos vies pour pas grand-chose, on risque les quinze piges fermes pour seulement cinq mille euros… Lire la suite

Livre du samedi : Parcours de vie et de santé des Africains immigrés en France

23 Sep

Parcours
Parcours de vie et de santé des Africains immigrés en France

Annabel DESGRÉES DU LOÛ, France LERT

Pourquoi et comment l’infection VIH percute-t-elle la vie des immigrés d’Afrique subsaharienne en France ? Première étude quantitative d’ampleur menée par des chercheurs et des associations au sein de cette population particulièrement touchée par le virus, l’enquête ANRS Parcours a retracé en 2012-2013 les trajectoires migratoires, sociales, administratives et de santé de ces immigrés. Elle met en relief les difficultés d’installation, les bouleversements familiaux et professionnels à l’arrivée en France, et leurs conséquences en termes de santé.
Plus qu’une recherche en santé publique, Parcours est une étude sur l’immigration en provenance de cette région du monde, une immigration marquée par des années de fragilité administrative et d’insécurité au quotidien. Elle met au jour les facteurs structurels qui pèsent, souvent de façon durable, sur l’installation des immigrés en France et accroissent Lire la suite

Livre du samedi : Mohamed Boudia – Œuvres –

16 Sep

MOHAMED BOUDIA : ŒUVRES

ÉCRITS POLITIQUES, THÉÂTRE ET POÉSIE  (1962-1973)

 

Introduction par le Éditions Premiers Matins de Novembre

Le jeudi 28 juin 1973 Mohamed Boudia est assassiné à Paris par le Mossad et les complices du sionisme. Algérien, homme de théâtre et de culture, militant pour l’indépendance algérienne, écrivain, journaliste et combattant de la révolution arabe.

Mohamed Boudia a vécu, lutté et créé en traversant un temps historique qui s’écrivait et, sans doute plus qu’un autre, se vivait à l’intersection de la culture populaire et de l’action militante, entre la guerre de liberation algérienne et la révolution palestinienne en Europe. C’est cette époque et cette vie faites de dignité reconquise, de poésie gonflée d’espoir, d’armes au poing et d’internationalisme libérateur que cet ouvrage veut présenter. Lire la suite

Livre du samedi : Things fall apart / Chinua Achebe

9 Sep

Things Fall Apart / Chinua Achebe (1958)

 

Publié en français sous le titre Le monde s’effondre, Paris, Éditions Présence africaine, 1966 ; réédition dans une nouvelle traduction sous le titre Tout s’effondre, Arles, Actes Sud, coll. « Lettres africaines », 2013

Dans le village ibo d’Umuofia, Okonkwo est un homme dont la puissance et le courage sont vantés par tous, dont la voix est écoutée. Rejeton d’un père lâche et paresseux, il doit à lui seul ce qu’il est aujourd’hui : un fermier prospère qui veille sur ses trois épouses et sur ses huit enfants, un sage guerrier jouissant de la confiance des anciens.
Son monde repose sur un équilibre cohérent de règles et de peurs, de rituels et de traditions. Okonkwo habite ce monde, l’accepte et le maîtrise, il en est même l’un des garants. Ce qu’il ignore, c’est que l’extérieur s’apprête à violer une réalité qu’il croyait immuable : les missionnaires d’abord, les colons britanniques ensuite vont bientôt bouleverser irrémédiablement l’existence de tout son peuple. Lire la suite

Livre du samedi : Nos rêves de pauvres / Nadir Dendoune

2 Sep

Nos rêves de pauvres / Nadir Dendoune

 

« Quand on est pauvre, c’est pour la vie. Je ressemble à mes parents. Je ne prends jamais le taxi, sauf à l’étranger, quand la course coûte quinze centimes. J’achète mes jeans en friperie, je me contente de trois paires de chaussures. Je suis attaché à ma culture de pauvre. J’aime les gens modestes, les miens. Eux passeront toujours avant les autres. »

 

Après la publication d’Un tocard sur le toit du monde, chaque mardi pendant quatre ans, j’ai écrit la « Chronique du Tocard ». D’abord par plaisir. Puis par nécessité. Au fil des mois, l’inspiration s’est faite plus intime, les chroniques des textes écrits avec ma sueur et mes larmes, surtout quand il a fallu raconter ma famille. Cette histoire qui commence en 1950, quand mon père, gardien de chèvre kabyle, débarque seul en région parisienne, la barbe mal taillée, le ventre vide, des envies de bosser plein les mains. Qui continue lorsque ma mère le rejoint quelques années plus tard, et qu’avec cinq de mes frangines et mon frère, ils vivent dans un bidonville, un 9m2, une pièce unique pour manger, dormir et tout le reste, avant d’obtenir une place dans une cité HLM à L’Ile-Saint-Denis en 1968. Un F5 flambant neuf qui à l’époque fait leur bonheur. J’ai voulu raconter mes parents, illettrés, leur courage, eux qui ont Lire la suite