Archive | Livre du samedi RSS feed for this section

Livre du samedi : L’Établi / Robert Linhart

19 Mai

 

L’Établi, ce titre désigne d’abord les quelques centaines de militants intellectuels qui, à partir de 1967, s’embauchaient, “ s’établissaient ” dans les usines ou les docks. Celui qui parle, ici a passé une année, comme O S. 2, dans l’usine Citroën de la porte de Choisy. Il raconte la chaîne, les méthodes de surveillance et de répression, il raconte aussi la résistance et la grève. Il raconte ce que c’est, pour un Français ou un immigré, d’être ouvrier dans une grande entreprise parisienne. Lire la suite

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Livre du samedi : Adolfo Kaminsky, une vie de faussaire / Sarah Kaminsky

12 Mai

« Rester éveillé. Le plus longtemps possible. Lutter contre le sommeil. Le calcul est simple. En une heure, je fabrique trente faux papiers. Si je dors une heure, trente personnes mourront… »
Quand, à 17 ans, Adolfo Kaminsky devient l’expert en faux papiers de la Résistance à Paris, il ne sait pas encore qu’il est pris dans un engrenage infernal, dans une course contre la montre, contre la mort, où chaque minute a la valeur d’une vie. Durant trente ans, il exécutera ce méticuleux travail de faussaire pour de nombreuses causes, mais jamais pour son propre intérêt.
À travers son destin romanesque, et sous la plume de sa fille Sarah, on plonge au cœur d’une histoire de clandestinité, d’engagement, de traque et de peur. En arrière-plan du récit de sa vie se dessine le spectre d’un siècle où s’affrontent sans merci pouvoirs politiques, haines raciales, idéologies et luttes des peuples pour leur liberté et la dignité humaine. La Résistance, l’émigration clandestine des rescapés des camps avant la création d’Israël, le soutien au FLN, les luttes révolutionnaires d’Amérique du Sud, les guerres de Lire la suite

Livre du samedi : Une histoire populaire du football / Mickaël CORREIA

5 Mai

 

Une histoire populaire du football

Mickaël CORREIA

De l’Angleterre à la Palestine, de l’Allemagne au Mexique, du Brésil à l’Égypte, de la France à l’Afrique du Sud, ce livre raconte une autre histoire du ballon rond, depuis ses origines jusqu’à nos jours.
Le football ne se résume pas au foot-business : depuis plus d’un siècle, il a été un puissant instrument d’émancipation pour les ouvriers, les féministes, les militants anticolonialistes, les jeunes des quartiers populaires et les contestataires du monde entier. Lire la suite

Livre du samedi : Le combat vous a été prescrit / Romain Caillet et Pierre Puchot

28 Avr

« Le combat vous a été prescrit », Une histoire du jihad en France,

de Romain Caillet et Pierre Puchot

L’histoire du jihad en France n’est pas celle d’une énième « radicalisation express », l’idéologie se développe depuis près de trois décennies sur notre territoire et s’est nourrie des évolutions d’une société dont elle est le produit, comme ceux qui la portent. Elle relie Khaled Kelkal aux frères Kouachi ; d’anciens jihadistes issus du Groupe islamique armé algérien ont formé certains membres du commando du 13 novembre 2015. Lire la suite

Livre du samedi : Les éditocrates 2 / Laurence DE COCK, Sébastien FONTENELLE, Mona CHOLLET, Olivier CYRAN

21 Avr

Les éditocrates 2

Le cauchemar continue…

Laurence DE COCK, Sébastien FONTENELLE, Mona CHOLLET, Olivier CYRAN

Ils sont partout : dans les journaux, à la radio, à la télévision, sur les réseaux sociaux. Du matin au soir et du soir au matin, sur tous les tons et par tous les temps, ils débitent tous (à peu près) les mêmes poncifs en s’(auto)félicitant de lever les non-dits. Se flattant sur les plateaux de tenir un discours « incorrect », ils accusent gravement leurs adversaires d’étouffer le « débat » par leur omniprésence…
Publié en 2009, Les Éditocrates, ou comment parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi faisait le portrait savoureux de dix de ces prophètes des temps modernes. Près de dix ans plus tard, il était urgent de compléter la galerie.
Car le cauchemar continue.
Avec la prolifération des canaux de diffusion (chaînes de télé, Facebook, Twitter, etc.), la corporation éditocratique s’est partiellement renouvelée : elle s’est (légèrement) rajeunie et (un peu) féminisée. Mais surtout : elle s’est dangereusement radicalisée.
L’éditocratie a toujours des Lire la suite

Livre du samedi : La France des Belhoumi / Stephane Beaud

14 Avr

La France des Belhoumi
Portraits de famille (1977-2017)

Stéphane BEAUD

 

Un livre de plus sur les jeunes « issus de l’immigration » ? Pour dénoncer les discriminations qu’ils subissent, sur fond de relégation sociale dans les quartiers « difficiles » ? Et conclure sur l’échec de leur « intégration » dans notre pays ?
Non. L’ambition de Stéphane Beaud est autre. Il a choisi de décentrer le regard habituellement porté sur ce groupe social. Son enquête retrace le destin des huit enfants (cinq filles, trois garçons) d’une famille algérienne installée en France depuis 1977, dans un quartier HLM d’une petite ville de province. Le récit de leurs parcours – scolaires, professionnels, matrimoniaux, résidentiels, etc. – met au jour une trajectoire d’ascension sociale (accès aux classes moyennes).
En suivant le fil de ces histoires de vie, le lecteur découvre le rôle majeur de la transmission des savoirs par l’école en milieu populaire et l’importance du diplôme. Mais aussi le poids du genre, car ce sont les deux sœurs aînées qui redistribuent les ressources accumulées au profit des cadets : informations sur l’école, ficelles qui mènent à l’emploi, accès à la culture, soutien moral (quand le frère aîné est aux prises avec la justice), capital professionnel (mobilisé pour « placer » un autre frère à la RATP)… Lire la suite

Livre du samedi : Exodes / Sebastiao Salgado

7 Avr

En plus de six ans et 35 pays, Sebastião Salgado déroule le récit des migrations humaines. Depuis les populations hutues du Rwanda, cachées au fin fond de la jungle, jusqu’aux premières embarcations chargées de réfugiés en provenance du Maghreb ou de l’Afrique subsaharienne tentant d’atteindre l’Europe par la mer Méditerranée, Salgado saisit autant l’ampleur de la crise migratoire que des moments marquants jalonnant l’histoire personnelle des exilés.

Près d’une génération a passé depuis que Sebastião Salgado a publié Exodes pour la première fois. Pourtant le récit qu’il fait, celui des mouvements de populations dans le monde entier, n’a que peu changé en seize ans. Les facteurs d’attraction et de répulsion de certains territoires ont certes évolué, le cœur du conflit s’est certes déplacé du Rwanda à la Syrie, les peuples qui quittent leur foyer n’en racontent pas moins la même histoire: une histoire faite de dénuement, d’épreuves et de lueurs d’espoir, tissée au fil d’une longue errance au prix d’efforts psychologiques autant que physiques.

Salgado a passé six ans aux côtés des migrants, parcourant plus de 35 pays pour témoigner des déplacements de population sur la route, dans les camps et dans les bidonvilles surpeuplés où les nouveaux arrivants achèvent le plus souvent leur voyage. Son projet évoque le périple des Latino-Américains vers les États-Unis, celui des juifs abandonnant l’ex-Union soviétique, des Kosovars fuyant l’Albanie, des réfugiés hutus venus du Rwanda, ainsi que des premières «embarcations» d’Arabes et d’Africains originaires du Sud du Sahara tentant d’atteindre l’Europe par la mer Méditerranée. Ses clichés montrent autant ceux qui savent où aller que ceux qui sont simplement en fuite, déjà soulagés d’être sain et sauf et physiquement capables de marcher. Les visages qu’il a rencontrés révèlent dignité et compassion dans les situations les plus âpres, mais aussi les nombreux ravages de la violence, de la haine et de l’avidité.

Grâce à son regard singulier, attentif aux moindres gestes et détails, Salgado saisit chaque événement marquant des mouvements migratoires, autant que les flux de masses: des camions surchargés, des bateaux surpeuplés et des camps s’étirant à perte de vue, vers un horizon assombri par les nuages, une jambe maigre, entourée d’un bandage, l’empreinte d’un doigt imprimé sur une feuille, une discussion avec un garde des frontières, une mère serrant avec force son bébé et son balluchon sur sa poitrine. Insistant sur l’ampleur du phénomène des migrants, Salgado n’oublie pas aussi, avec son humanisme caractéristique, les histoires personnelles derrière les chiffres impressionnants. À la différence des visages noyés dans le flot de séquences des reportages télévisés ou des foules illustrant la une du journal, ce sont là les portraits d’individus, de personnes dont l’identité demeure, y compris dans le gouffre provoqué par la perte d’une patrie, d’un foyer, parfois même d’êtres chers. Lire la suite