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Projet documentaire – Voix murées : Quotidiens de femmes en Palestine –

20 Avr

Mehdi, peux-tu nous parler de toi, nous expliquer ton parcours et comment tu en es arrivé à vouloir faire ce projet ?

La lutte contre le colonialisme et pour l’émancipation des peuples qui l’ont et le subissent, fait partie de mon héritage familial. Ma mère vient d’une famille communiste, son grand-père, mon arrière-grand-père donc était un militant au parti communiste. Juif polonais, né dans une famille engagée dans son pays d’origine, il a migré à travers l’Europe et s’est installé après un long périple dans le quartier de Belleville à Paris, il sera arrêté et déporté à Auschwitz dont il ne reviendra pas. Ses deux fils, mon grand-père et mon grand-oncle, ont également longtemps milité au sein du PCF et de fait ils ont toujours milité pour les causes anticoloniales. Ma mère m’a témoigné avoir vu revenir mon grand-père de la manifestation à Charonne pendant la guerre d’Algérie, la chemise ensanglantée. Aussi c’est tout naturellement nourrie par ses convictions que ma famille a toujours lutté contre les oppressions dans le monde et défendu la cause palestinienne. Quant à mon père, algérien, il s’est engagé très jeune en tant que moudjahidin, pour la révolution algérienne contre le colonialisme Français. Ghassan Kanafi disait « L’histoire du monde, c’est l’histoire des faibles qui combattent contre les forts. Des faibles, dont la cause est juste, qui combattent les forts qui utilisent leur force pour exploiter les faibles. » Cette histoire c’est aussi celle de ma famille. Lire la suite

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La police « intégrée » dans notre vie ? RÉSISTONS ENSEMBLE 170

22 Fév

Voici en pdf, le No 170, février/mars 2018, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à  être  photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre  à l’équipe de rédaction.  Nous  attendons vos contributions, propositions, critiques …
à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf:

http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re170-fev-mars-2018.pdf

 

 

La police « intégrée » dans notre vie ?

Il y a déjà la domination des corps : tirs de flashball, jets de gaz, coups de taser et de matraque qui mutilent, balles qui tuent en série…
Le contrôle s’élargit en Macronie. Après l’autorisation donnée à la police de pénétrer dans les foyers d’urgence (voir RE 168), c’est le recensement des migrants à Calais sous prétexte de leur distribuer des repas et l’installation systématique des compteurs électriques espions Linky (voir plus loin) dans les logements. Colomb en rajoute une couche avec la « police de sécurité quotidienne » (PSQ) : le recrutement sera massif et aura pour effet encore davantage de ghettoïsation et de répression dans les quartiers par le renforcement des contrôles d’identité provocateurs par des policiers « connectés », équipés de tablettes.
Puis ça continue encore, écoutez Colomb : « Le policier non armé à l’intérieur de l’école (…) va vivre au quotidien avec les enfants et va en fait s’intégrer dans leur vie », d’abord à Nice, à « titre expérimental ». Et quand l’enfant rentrera chez lui, dans son quartier, il retrouvera la même volonté de flicage continu : « Nous voulons que demain un référent soit chargé du lien avec la police dans chaque conseil de quartier et qu’il ait réciproquement un correspondant au sein du commissariat ».
Macron entend installer au cœur de nos existences cette « police de la pensée », dont parlait George Orwell dans son livre fameux « 1984 ».
Mais il y a quelque chose à faire. Parents d’élèves et enseignants ont le droit de refuser l’ « intégration » de la police dans l’âme de leurs enfants et élèves. Les participants aux conseils de quartiers ont le droit de refuser qu’un flic soit présent parmi eux, devenant par là une extension des commissariats.
Il en va de notre dignité et de notre capacité de résistance.
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Y-a-t-il de bons et de mauvais migrants ?

16 Fév

La circulaire Collomb ainsi que le projet de loi « asile-immigration » du gouvernement Philippe reposent sur une distinction entre migrants « politiques » et « économiques ». Les premiers seraient des « réfugiés » qu’il serait légitime d’accueillir (la convention de Genève de 1951 oblige la France à le faire), les seconds des migrants économiques, donc illégitimes, car la France ne peut pas accueillir « toute la misère du monde ». Le gouvernement affirme avoir une position médiane sur l’immigration et l’asile en conjuguant ce qui semble contradictoire : l’efficacité serait au service de la dignité, puisque les expulsions (« éloignement » dans le vocabulaire ministériel) des déboutés du droit d’asile et des sans-papiers ainsi que le prolongement de l’externalisation de nos frontières via l’implantation de hotspots (centre de tri) dans les pays de départ permettraient de désengorger les structures d’accueil et de traiter dignement les migrants « politiques ». On peut tout d’abord douter de l’efficacité de la circulaire Collomb qui prévoit de contrôler la situation administrative des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, parce qu’elle risque de faire fuir de ces centres la population qu’on veut justement contrôler, et la remettre à la rue. Mais surtout il faut interroger la distinction qu’on fait intuitivement entre migrants « politiques » et « économiques ». Lire la suite

Réunion d’ouverture / Comité de Soutien Juridique Banlieue IDF

29 Jan

Créé à la suite des révoltes de l’automne 2016, le Comité de Soutien Juridique souhaite fournir des conseils juridiques à toute personne qui en aurait besoin, et apporter son soutien aux personnes interpellées et à leurs proches. Il fait le lien avec des avocats militants. Dans les prochains mois, le collectif veut monter des formations sur le fonctionnement de la justice pour comprendre ce qui est en jeu tout au long de la procédure : de l’arrestation à la sortie de prison, en passant par la case tribunal.

Dès nos premières actions, notre idée était qu’il est nécessaire de s’emparer de la question de la « justice », parce que moins on la connait, plus la répression est dure. Nous nous organisons, de manière concrète et efficace, avec les familles et les concernés qui le souhaitent pour se mettre en capacité de se défendre face à la répression d’État, la justice et la police.

Après plusieurs mois de travail, il est l’heure d’élargir les rangs du collectif.

C’est donc dans l’objectif de présenter le collectif et de décrire plus précisément nos actions que nous vous proposons de se rencontrer, le samedi 3 février à 14H30, au CICP, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris (métro rue des boulets).

Pour les contacter, RDV sur leur site (ici), leur facebook () ou via ce mail : comitedesoutienjuridique@riseup.net

CSJ#AutodéfenseJuridique

Tribune d’un collectif de détenus incarcérés à la maison d’arrêt des hommes de Fleury Mérogis

25 Jan
 
Nous, prisonniers, condamnés  ou prévenus, enfermés à la maison d’arrêt de Fleury Mérogis, lançons un appel contre la conquête sécuritaire qui se joue en ce moment à travers les mobilisations des surveillants de prison dans toute la France. Cet appel vise également à construire une force collective entre les détenus en lutte et à l’extérieur. Depuis plusieurs jours, des surveillants de prisons bloquent les entrées des maisons darrêt, centrales et centres de détention du territoire français. Ici, à Fleury Mérogis, l’établissement est régulièrement paralysé depuis le début de semaine par plusieurs dizaines de surveillants, empêchant les parloirs avec nos familles, parfois venus de loin, empêchant les extractions dans le cadre des procédures judiciaires (bloquant les anagements de peine), l’entrée des avocats, les cantines, les cuisines, le nettoyage et toutes les activités dédiées à la prétendue « réinsertion » Leurs revendications sont simples, ils réclament plus de moyens et plus de sécurité pour le personnel pénitencier, ce qui se traduit concrètement par un armement généralisé des surveillants, l’imposition de menottes aux détenus lors de leurs déplacements hors des cellules, et des restrictions conséquentes de nos libertés et de nos droits, pour le peu qu’il en reste. Leur mouvement fait suite à diverses manifestations supposées de violence depuis quelques temps, qui, si elles existent, ne sont que des actes isolés, bien souvent en réponse à une violence bien plus importante de l’institution carcérale et de l’État en général. Depuis une semaine, nous assistons à une surmédiatisation d’événements sporadiques et minimes sur toutes les chaînes de télévision, sur fonds d’antiterrorisme. Une insulte devient une agression, une bousculade un passage à tabac et un retard en cellule une mutinerie. Et nous voyons ainsi défiler ces mensonges sur BFM depuis le week-end dernier. Les surveillants et leur syndicat, interviewés par les médias, ont psenté la prison comme un« sanctuaire de criminels » où les détenus avaient« pris le pouvoir » dans des zones totalement abandonnées par les pouvoirs publics. Mais cette stratégie de désinformation ne s’arrête pas là et se couple à des actions bien réelles à l’encontre des détenus.

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Fake news… Macron nous la fait à l’envers / RÉSISTONS ENSEMBLE n°169

23 Jan

 

Voici en pdf, le no 169, janvier / février 2018, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re169-janv-fev-2018.pdf

 

Fake news… Macron nous la fait à l’envers

À partir de deux actes visant des policiers (dont l’origine doit être encore éclaircie) à Champigny et à Argenteuil, tout l’appareil d’État et les médias à la botte nous inondent de larmes de crocodile sur le sort des flics. Il faudrait pleurer avec les policiers qui manifestent alors que ceux-ci ont tout pour eux : les lois sur la « légitime défense », le surarmement, et quand, par chance, une violence policière finit par arriver devant les juges, l’impunité quasi toujours assurée. Par contre, les victimes de leur violence, ces 15 personnes (en moyenne par an) qui sont tuées par leurs balles ou leurs grenades ou encore étouffées sous leurs coups, celles dont les yeux sont crevés par leurs tirs de flashballs, personne n’en parle, leur voix et celle de leur famille sont réduites au silence.
Alors, n’est-ce pas là une « fake news » de la pire espèce ? Pourtant elle est officielle, elle a même été créée par l’État.
En bon communiquant ,Macron veut nous la faire à l’envers. En annonçant sa loi contre les fake news, il veut se faire passer pour un vertueux champion du combat contre le mensonge alors qu’il est le premier producteur français de fake news . Comme si la loi de 1881 sur la presse, qui réprime diffamations et calomnies, ne suffisait pas, Macron monte une start up qui aura la tâche de dire officiellement ce qu’est la vérité. Bien entendu, le pouvoir nous jure qu’il n’y aura pas de censure,en réalité, il transforme la censure en produit marketing en nous la vendant sous la forme d’une lutte contre les fake news qui se diffusent sur internet.
Alors rappelons-nous la loi sur le fichage ADN de 1998 dont le pouvoir a d’abord prétendu qu’elle ne viserait que les pédophiles. On l’a ensuite élargie, touche par touche, jusqu’à ce qu’ en 2015 le ficher ADN compte pas moins de 2 700 000 fichés. Aujourd’hui un contrôle d’identité, une manif, une occupation d’usine ou un squat suffisent pour se faire ficher. Le refus du prélèvement ADN est puni d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.
La loi sur les fake news aura la même carrière. Macron a déjà préparé le terrain en décembre avec ses attaques contre les médias publics. La censure officielle réprimera ce qui nous reste encore de libertés, sa puanteur finira par nous asphyxier. Alors, ne cédons pas à l’attrait du marketing macroniste, aucune confiance à cette nouvelle entreprise de la start-up Macron. Lire la suite

Enfin… une victoire – Résistons Ensemble n° 168 –

26 Déc

Voici en pdf, le No 168 décembre 2017/ janvier 2018, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf : http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re168-dec-2017-janv-2018.pdf

 

Enfin… une victoire !

Ils sont presque invisibles. Ces femmes et hommes nettoient nos gares, travaillent souvent cachés par la nuit. Mais quand les poubelles débordent, tout s’éclaire.
Ils sont 84 grévistes, immigrés, d’une société sous-traitante de la SNCF, H. Reinier-Onet, qui a récemment repris le marché à une autre boîte pour le nettoyage des gares du nord de la région parisienne. Ils viennent de gagner, après 45 jours de lutte radicale. Contre une nouvelle clause de mobilité, pour des primes de panier repas, la reprise des anciens temps partiels sous contrats pérennes, la défense de leurs délégués, la convention collective de manutention ferroviaire, le paiement des jours de grève… Pour « le respect et la dignité ». Ils ont manifesté, tenu des piquets 24 heures sur 24 dans trois grosses gares dont ils empêchaient le nettoyage, certains ne sont pas rentrés chez eux pendant tout ce temps. La SNCF les a traînés devant des tribunaux administratifs pour « occupation illicite », des escouades de flics ont ponctuellement brisé leurs piquets pour permettre le nettoyage par des intérimaires… Mais rien n’y a fait, ces femmes et hommes n’avaient pas peur. Avec le soutien notamment de syndicalistes du rail, ils ont fini par gagner sur la plupart des revendications, ont fait reculer le patronat et la police à son service. Ils ont osé.
On dit qu’une goutte d’eau contient toute la richesse de la mer. Cette grève (comme celle menée depuis deux mois par le « petit personnel » sous-traitant (ménage, plonge…) de l’hôtel Holiday Inn de Clichy, les deux mouvements se soutenant mutuellement), par l’admiration, la joie et l’enthousiasme suscités, a entraîné dans son sillage syndicats, collectifs et individus solidaires, jusqu’au collectif Vérité et justice pour Adama Traoré. Lire la suite