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Journée de soutien à Antonin et à tous les inculpés du mouvement social / Jeudi 2 Mars Nanterre

22 Fév

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  • 10h30-13h30 : Conférence plénière « Conflits sociaux en état d’urgence : regards croisés sur la police, la justice et la prison » organisée par les professeurs de sociologie d’Antonin.
  • 13h30-14h30 : Cantine solidaire organisée par les étudiants de L’Oklm, prix libre.
  • 14h30-17h30 : Tables rondes de 1 heure chacune sur les thèmes police, justice, prison organisées par les étudiants mobilisés pour Antonin sur la fac de Nanterre, Libérons Antonin.
  • 17h30-18h : réfléxions sur la journée et organisation de mobilisations futures pour les inculpés du mouvement social.

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la Justice pille leurs casiers judiciaires pour l’exemple

17 Fév

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Relai des comptes-rendus du Comité de Soutien Juridique, qui appellent à soutien financier dans une Cagnotte pour les inculpés du 93 et leurs familles.
Les autres textes, qui retracent l’ambiance au tribunal de Bobigny depuis le début des révoltes : l’embuscade du TGI de Bobigny, les embuscades continuent au trib’, les peines brûlent au tribunal.

Mardi 14 février, la Justice ne lâche pas le morceau, et c’est au tour de 5 jeunes des quatre coins de l’Île-de-France (91/93/95) de passer dans le box. Ils ont tous été interpellés le soir du 11 février, pendant les révoltes qui ont suivi le rassemblement de soutien à Théo et à toutes les victimes des violences policières à Bobigny.

Remettons les choses dans leur contexte concernant cette soirée : aucun transports ne circulaient en direction de l’Est du 93. Certains bus étaient déviés bien loin de leurs arrêts habituels ou ne circulaient tout « simplement  » pas, ce qui a forcé des centaines de personnes à rentrer chez eux à pied. Sur le chemin, une immense chasse à l’homme s’est orchestrée de Boboche à l’Est du département : les flics prenaient en chasse les groupes qui tentaient de quitter Bobigny, du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc pleuvaient dans tout les sens. Des scènes d’une grave violence qui ne provenait, pas des jeunes comme les médias et la Justice s’efforce à faire croire, mais bien de la police et de la BAC (« Brigade Anti Criminalité « ).

C’est lors de cette chasse à l’homme, dont certains d’entre nous ont été témoins, que les 5 jeunes se sont fait interpeller dans les alentours du pont de Bondy (à environ 15 minutes de Boboche à pied). Ils sont tous accusés d’avoir participé au pillage du Décathlon de Noisy-le-Sec donc de « vol en réunion « . Le parquet compte bien leur faire payer des faits commis à plus de 300 personnes ce soir-là.

Quelques questions donc : comment peut on leur imputer la responsabilité de « vol en réunion  » alors qu’ils ne se connaissent pas, et comme pour mercredi dernier, ils se sont fait interpeller chacun à des endroits différents. Les 2 premiers se sont fait interpeller au niveau du MacDo de Bondy, le 3ème dans le Décathlon même (on peut féliciter les vigiles de collaboration, ‘faut pas qu’ils s’étonnent si ils se prennent des patates après, non ?),  le 4ème à été arrêté au niveau de l’arrêt « Pont de Bondy  » du bus 105, et le dernier au niveau de l’avenue Aristide Brillant sur la N3.

« Ils arrêtent tous le monde, ne font aucune différence » déclare l’un d’entre eux.

Seul 3 d’entre eux avaient des produits dits « volés  » sur eux lors de leur interpellation et seul l’un d’entre eux a été semi-reconnu par la vidéo-surveillance. De plus, un des cinq jeunes à eu deux jours d’ITT, après avoir été touché par un tir de flashball à la jambe.

Presque tous ont un casier vierge (sauf un, pour un vol d’il y a 10ans…). Ils sont en formation, en BTS ou en CAP. On se répète, mais c’est toujours la même histoire : aucun d’entre eux ne pouvait prouver ses dires, car ils n’avaient pas de garanties de représentation, sauf un (merci les potes présents).

La colère des avocats de la défense gronde alors dans le tribunal. Ils parlent de « prise d’otage de la défense ».

Les 3 avocats réclament la nullité, pour faute de dossier incomplet et parce que l’OPJ a signé les PV de fin de GAV exactement à la même heure pour 3 d’entres eux. Il manquait pas mal d’infos dans les dossiers transmis à la défense (2 pdf sur 8) et les avocats n’auront accès aux dossiers complets qu’entre midi 30 et 13 heures, soit moins d’une heure avant le début des CI (comparutions immédiates). Lire la suite

Résistons Ensemble No 160 / Le transformateur de vérité

16 Fév

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Voici en pdf, le No 160, février 2017, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article570

Le transformateur de vérité

Sous la pression de la vague de manifestations de flics de novembre (voir RE 157), le gouvernement est sur le point d’accoucher d’une loi assouplissant l’usage des armes à feu pour les forces de l’ordre. Le projet, présenté au conseil des ministres le 21 décembre 2016, vient s’ajouter à la récente série de mesures renforçant considérablement les moyens de répression : fusils d’assaut HK G36, loi du 3 juin 2016 élargissant déjà les possibilités d’usage des armes à feu, etc. Le nouveau texte permettrait de s’affranchir du principe de riposte immédiate, en offrant aux policiers les règles beaucoup plus souples s’appliquant aux gendarmes. Ces derniers bénéficient du statut de militaire régi par le code de défense. On a vu ce que ça donne, un exemple : un Rrom, Joseph Guerdner, a été tué menotté, trois balles dans le dos, par un gendarme en 2008. Un amendement propose même d’élargir la règle à la police municipale. Pour faire simple, les flics pourraient ouvrir le feu après sommation face à la menace de personnes, pour défendre un terrain, une personne, lorsqu’un individu cherche à se soustraire à leur garde et lorsqu’ils ne peuvent arrêter autrement un véhicule en fuite.
Le policier qui a tué Amine Bentounsi en 2012 d’une balle dans le dos ne serait de fait plus inquiété. Déjà à l’époque sa mise en examen avait provoqué des manifs de flics entre les deux tours de la présidentielle, réclamant la “présomption de légitime défense”, une revendication défendue de longue date par leurs syndicats. Le procès en appel se déroulera du 6 au 10 mars 2017. Un des projets de loi discutés fait d’ailleurs allusion à l’affaire sans la nommer, s’arrangeant au passage avec la vérité. Amine s’y retrouve alors « recherché pour des vols à main armée », ce qui est totalement faux. Il était recherché, car il n’avait pas réintégré le centre de semi-liberté où il purgeait une peine. Amal, la sœur du jeune homme, a porté plainte pour diffamation. « Peut-être que déposer plainte n’aboutira à rien, mais pour moi, c’est symbolique. » (Pétition à signer sur : https://www.change.org/p/une-urgence-dire-nonaupermisdetuer)
Le chiffre est plutôt stable, on peut compter 10 à 15 morts par an, tués par la police. Tous ne l’ont pas été par arme à feu, mais salir la mémoire des personnes décédées est bien une constante dans ces affaires. “Il était délinquant, drogué”… une manière pensent-ils de minimiser la responsabilité policière. Argument insultant et rance. Quand bien même le mort l’aurait-il été, cela ne peut en aucun cas justifier qu’on le tue. Mais la version officielle, savamment médiatisée, construit sa “vérité alternative”, à la Trump. Lire la suite

Appel des artistes contre l’impunité des violences policières

15 Fév

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L’appel sur le site de Quartiers XXI sur ce lien.
Extrait :

 Déjà une centaine d’artistes et de sportifs prennent position contre les violences policières : Eva Doumbia, Gilles Lellouche, Nekfeu, Imany, Arthur H, IAM, Christine & The Queens, Fianso, Yannick Noah, Bertrand Tavernier, Omar Sy, Lilly Wood and the Prick, Mademoiselle K, Cantona, Archie Shepp, Nicolas Duvauchelle, Black M, Annie Ernaux, Rachida Brakni, Zebda, Ramzy, Olivier Rabourdin, David Bobée…C’est notre cause commune à toutes et tous : ENSEMBLE CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES ET LEUR IMPUNITÉ !

Cet appel est ouvert à signatures d’artistes et sportifs, contactez Quartiers XXI ici : ensemblepouradama@gmail.com

« LA MORT D’ADAMA TRAORÉ NOUS CONCERNE TOUS »

… C’est pourquoi nous appelons, par une convergence de toutes nos sensibilités et dans un élan solidaire, à soutenir l’exigence de vérité et de justice pour Adama, de justice pour Théo, comme pour toutes les victimes des violences des forces de l’ordre.

C’est notre cause commune à toutes et tous : ensemble contre les violences policières et leur impunité !

Et une mise au point importante suite à la publication de l’appel dans Libération ce matin : le texte entier ici.

Extrait :

« Or ces titre et surtitre ont disparu de la version papier, remplacé par un extrait du texte. Accroissant l’amalgame entre les deux tribunes et leur signataires. Nous ignorions qu’une rédaction pouvait imposer à son gré le changement de titre d’un appel signé par plus d’une centaine de personnalités. Le titre originel a été rétabli sur le site web du journal.

Cela étant, notre Appel continuera de vivre en récoltant de nombreuses signatures, hors agenda politique et à l’abri de toutes le s tentatives de récupération. C’est pour cette raison qu’il n’y a aucune personnalité politique dans les premiers signataires et que le texte est porté par un collectif d’aucun parti. Le choix de Libération est une stratégie de mise en lumière, les tentatives de confusion et de rattachement à tel ou tel ne nous appartiennent pas. »

PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX

Les peines brûlent au tribunal

15 Fév

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Compte-rendu du lundi 13 février
au TGI de Bobigny

Relai du témoignage des soutiens sur place.
Les autres comptes rendus sont en ligne là :
premières comparutions et ici : fin de semaine.

La Justice n’a pas fini de frapper à coup de marteau la jeunesse du 93, qui a toute sa vie devant elle.

A notre arrivée, nous remarquons l’impressionnant dispositif policier. Les CRS sont équipés de la tête aux pieds et ils encerclent à l’aide de leurs camions le TGI. Plus de 40 BACeux (Brigade Anti Criminalité) sont à l’entrée et des CRS ainsi que des civils armés jusqu’aux dents rôdent dans les couloirs.  Beaucoup de membres des services de renseignement du 93 sont aussi présents, prêts à fouiner là ou il n’y a rien à gratter.

La journée commence et à « notre grand étonnement », deux salles ont été ouvertes pour les comparutions immédiates, argumenté par une surcharge de dossiers. La même question revient alors : pourquoi certains d’entre eux ne sont pas passés vendredi en comparution immédiate ?

L’une des salles concerne les affaires dite « courantes » et l’autre celle des affaires que les procureurs aiment appeler des affaires de « guérilla urbaine ».
Dans la salle, deux des juges présentes sont les présidentes du Mercredi et du Jeudi, et sans étonnement, c’est la plus sévère qui préside ce jour. Bizarrement, vendredi dernier, aucun des CI ne concernait les révoltes et encore plus bizarre : c’est le jour où le SM (Syndicat de la Magistrature ) était de service. Comme pour la journée de jeudi,  les inculpés venaient des 4 coins de l’Est du 93 (Gagny / Aulnay-sous-Bois / Blanc-Mesnil / Villepinte).
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« Le harcèlement continue » Lettre ouverte de la famille Kraiker

12 Fév

Le mardi 25 janvier au soir, Wassil est au kebab avec Amine en train de regarder le match de la Côte d’Ivoire à l’angle de la rue des 7 Arpents. Ils partent ensuite chercher le sac d’Amine à Scandicci. Là, ils voient des gens courir et la police (BST et BAC) qui court vers eux. Wassil et Amine prennent la fuite, la police les rattrape et les accuse d’avoir participé à un attroupement armé. Wassil a bien entendu un policier de la BST crier : « Y’a Kraiker, y’a Kraiker, attrapez-le » !

Wassil et Amine sont emmenés au commissariat de Pantin avec Abdelali, Massinissa et Zinedine (seul majeur), d’autres copains de Wassil habitant à Pantin, arrêtés pour les mêmes soupçons.

Sans preuves, ils sont placés en garde à vue pendant 48h. à l’issue de ces 48h, 3 jeunes sont relâchés. Seuls Wassil et Zinedine seront déférés à Bobigny, le 26 janvier à 23h.

Wassil n’a pas été nourri lors des 24h qui ont suivi la prolongation de sa garde à vue (24h donc). Ils dorment avec un drap sale pour 4 à même le sol en plein mois de janvier.

Le 25 janvier, lors de son audition, Wassil est étonné d’apprendre qu’on l’accuse de détenir une béquille. Wassil nie du début à la fin avoir eu une béquille en sa possession et fait de même devant le juge pour enfants.

Wassil est nargué et menacé pendant sa garde à vue par les policiers dont Christian, chef de la BST, déjà présent lors de l’agression du grand frère de Wassil, Bilal.

Voici les remarques entendues : Lire la suite

Cagnotte pour les inculpés des révoltes du 93 et leurs familles

11 Fév

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Le comité de soutien juridique apporte collectivement son soutien aux familles et aux proches des personnes interpellées à la suite de l’expression d’une colère légitime contre la police, la justice et l’Etat. Déclenchées par les violences policières graves et le viol subis par Théo, ses révoltes expriment un ras-le-bol quotidien et ancien.

L’objectif est de pouvoir donner des conseils face aux procédures judiciaires qui se multiplient, dans un contexte où les juges n’hésitent pas à prononcer des placements en détention provisoire et des peines d’emprisonnement ferme, aujourd’hui dans le 93.

Confrontées au paiement de frais de justice, de nombreuses familles et proches se retrouvent amputées de manière inattendue d’une part importante de leur budget, déjà souvent limité.

A ce titre nous essayons de coordonner les répliques judiciaires en mettant à disposition le contact d’avocats militants et engagés dans la lutte contre le système de répression et de domination étatique.Loin de s’arrêter à ses portes, ce système s’exprime dans ses plus sévères dimensions au sein des tribunaux.

Face à lui, soyons solidaires.

La cagnotte en ligne : cliquez ici.