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La séance du dimanche : Vengeance d’Etat / Entretien avec Antonin Bernanos

10 Sep

Vengeance d’Etat / Entretien avec Antonin Bernnaos

Entretien réalisé par le site Hors-Série :

Il a 22 ans, et dix mois de prison au compteur. Dans l’affaire de la voiture de police brûlée, Quai de Valmy, en mai 2016, il a été désigné comme coupable – alors qu’aucune preuve formelle n’a pu être trouvée contre lui. Pourquoi c’est tombé sur lui ? Peut-être parce que les « notes blanches » du Renseignement l’identifiaient de longue date comme un militant antifasciste impliqué dans diverses mobilisations, dont celle contre la loi Travail.

Que ces notes blanches n’aient aucune valeur juridique, qu’elles consistent en des allégations largement fantaisistes et des appréciations souvent erronées, la chose a été prouvée, et pas plus tard que la veille de son arrestation. Juste avant l’incident de la voiture de police brûlée, Antonin Bernanos avait fait l’objet d’une interdiction de manifester, sur la base de ces notes blanches : lui et quelques autres, concernés par la même sanction préventive, avaient porté l’affaire devant le Tribunal Administratif. Leurs avocats ont démontré que ces « renseignements » relevaient d’affabulations rocambolesques – prétendant par exemple que tel individu participait à un rassemblement violent à tel endroit, tandis que l’individu en question était à l’étranger, ce qu’attestaient indiscutablement ses visas et billets d’avion. Alors le Tribunal Administratif a levé les interdictions de manifester, désavouant les notes blanches. Et la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police s’en est trouvée ridiculisée. C’était le 17 mai 2016. Et voici que le 18 mai, l’incident de la voiture de police a lieu ; et qu’un membre de la DRPP assure avoir reconnu Antonin Bernanos aux abords de la voiture de police, et que ce dernier a joué un rôle décisif dans l’incident ; ce policier est l’auteur d’un témoignage anonyme (mais son identité, par une faute de procédure, est révélée dans le dossier), et ce témoignage suffit à faire tomber Antonin. Lire la suite

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30 ans de Lutte pour l’Égalité / Des années immigrées…aux Années banlieues

7 Sep

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Lettre d’Alessandro, prisonnier du G20, actuellement détenu à Billwerder à Hambourg.

5 Sep

Lettre d’Alessandro du 22/07/2017

 

Cher(e)s compagnon(ne)s,

 

Aujourd’hui j’ai clôturé la dernière barre (IIII)1. Vingt journées se sont déjà écoulées depuis que j’ai été lâchement et brutalement pris par les épaules et jeté à terre par l’une des unités spéciales de la police allemande à Hambourg. Une fois arrêté, ils se sont immédiatement dressés contre les nombreuses personnes de la rue, solidaires, qui s’approchaient. Ils ont aussi fait en sorte d’empêcher la communication avec ceux qui regardaient la scène depuis leurs balcons, tandis qu’ils commençaient à me fouiller en jetant toutes mes affaires par terre, dégoûtés de n’avoir rien trouvé à part un classique k-way Quechua, qui par ailleurs était attaché à l’extérieur de mon sac à dos. Énervé, un énergumène de deux mètres en est allé jusqu’à récupérer une bouteille et un casque pour essayer de m’extorquer des aveux devant leur caméra.

C’est à partir de ce moment là qu’a commencé la valse des camionnettes, la première fouille corporelle dans un commissariat, puis le GeSa, une prison spéciale construite exprès pour le G20 et qui a coûté 5 millions. Il s’agissait d’un vieil entrepôt avec à l’intérieur des containers éclairés uniquement par la lumière artificielle des néons et à l’intérieur de ceux-ci, d’innombrables cellules préfabriquées. Une fois dedans, j’ai d’abord été dénudé totalement, ils ont même contrôlé la couture de mon slip et ils m’ont enlevé ma montre et mon pull, au nom de ma sécurité ; puis on est passé au tour du test d’alcoolémie ; à la fin ils m’ont photographié et deux policiers m’ont conduit en cellule, en me tenant à gauche et à droite et en me pliant les bras derrière le dos (modalité d’accompagnement qu’ils ont, par la suite, utilisé pour chacun de mes déplacements). Avant de m’enfermer dans la cellule, ils m’ont aussi enlevé les chaussures et les lunettes de vue, toujours au nom de ma sécurité. La cellule était sombre, insonorisée, meublée d’un banc en bois extrêmement étroit et un bouton pour les besoins.

On ne m’a pas laissé appeler un avocat avant environ quatre heure et demi du matin et je n’ai pu le voir que de nombreuses heures après mon appel. A cet endroit, différents abus et pressions psychologiques ont été exercées. Certains d’entre nous ont étés convoqués en audience par le juge sans même qu’on leur concède la présence d’un avocat. Laquelle présence s’est révélée, malgré eux, inutile même aux juges, dans la mesure où leur unique intérêt était de savoir si on avouait ou non notre délit. Lire la suite

Concert de soutien aux prisonniers de la guerre sociale

5 Sep

CONCERT DE SOUTIEN AUX PRISONNIERS DE LA GUERRE SOCIALE

 

 

Vendredi 15 septembre à partir de 18h à la Parole Errante
Prix libre
Tables de presses, boissons, nourritures et concerts avec:

Rocé
Eone Eskicit-Première Ligne
DoN K.SeN – Pagina Official
Original Tonio / LAX
Ryaam Mc
♦ Yomgui & J-White
——————————
Pourquoi ce concert:

Tout comme le mouvement contre la loi travail a été un tournant des luttes sociales dans plusieurs métropoles de l’État français, le procès pour l’incendie de la voiture de police du quai de Valmy est un tournant de la répression.
L’interpellation, l’incarcération, le procès des personnes mises en examen, sont symboliques du contexte d’escalade répressive, sécuritaire, à l’œuvre ces 5 dernières années et plus particulièrement depuis la proclamation de l’état d’urgence.

Les événements sont survenus le 18 mai 2016, à un moment qui constituait déjà, en soi, tout un symbole : après plusieurs mois d’une répression violente du mouvement contre la loi travail, après plusieurs semaines de grèves et de Nuits debout, la police entendait reprendre la rue et avait, pour mettre en scène cela, entièrement privatisé la place de la République, appuyés par plusieurs figures de la droite dure et du Front national.
Un contre-rassemblement à l’appel d’Urgence notre police assassine (un collectif de familles victimes de violences policières) s’est tenu le jour même, en réponse à cette provocation ; déposé en préfecture, le rassemblement a été interdit et violemment dispersé à coup de tonfas et de gaz lacrymogènes après quelques dizaines de minutes. Une voiture de police a alors été prise a partie quai Valmy par la foule hétérogène qui s’était fait chasser des abords de la place de la République. Quelques heures plus tard, puis le lendemain, quatre personnes sont interpellées dans le cadre de « l’affaire de la voiture brûlée ». Lire la suite

Aïd Moubarak عيد مبارك

1 Sep

Bonne Fête de l’Aïd el Kebir à tout le monde (même à celles et eux qui n’y croient pas)

Un moment de fête à passer ensemble, c’est toujours ça de pris sur l’adversité !

Une pensée à celles et ceux qui sont enfermés et sont loin de leurs proches en ce jour de fête !

Prenez soin de vous et de vos proches !

Témoignage des filles de Khalida Jarrar

1 Sep

Ramallah, territoire occupé, Suha et Yaffa Jarrar acceptent que leur famille ne sera jamais en sécurité. Étant les filles de Khalida Jarrar, députée de gauche bien connue dans les territoires Palestiniens occupés, elles sont toujours préparées à de mauvaises nouvelles. L’immunité parlementaire n’est pas respectée, ni par le gouvernement israélien ni par son homologue palestinien, et leur mère n’a jamais été une personne de nature à reculer face à ce qu’elle considère comme une injustice. De plus, leur père, Ghassan Jarrar, a passé 11 ans dans les geôles israéliennes au cours de sa vie militante.
Avoir grandi dans un environnement politiquement riche a apporté ses défis, mais les jeunes femmes sont fières de leurs parents pour leur participation et leur lutte incessante. « Il était difficile parfois, surtout quand nous étions jeunes. Il y avait des périodes où nous pensions « pourquoi nous », pourquoi ne pouvons-nous pas avoir une famille normale? Maintenant que nous sommes adultes, nous comprenons tout et sommes encore plus fières de notre mère « , a déclaré Suha.Khalida a été arrêté plusieurs fois par les forces israéliennes depuis le début de son implication dans la politique Palestinienne en tant que jeune adolescente. Cependant, la plus importante de ses détentions s’est déroulé il y a plus de 2 ans quand, le 2 avril 2015 elle fut détenue pendant plus d’un an.

C’était la première fois que Suha dut passer cet appel téléphonique difficile pour informer sa sœur que sa mère avait été capturée et emprisonnée. Yaffa était serveuse dans un restaurant au Canada où elle faisait ses études à l’époque. Suha a d’abord expliqué au chef de sa sœur la situation afin d’obtenir la permission que Yaffa quitte son travail afin lui raconter, en détail, ce qui s’était passé. Lire la suite

19/09 Procès de la voiture de police brûlée Quai de Valmy

27 Août

PROCÈS DE LA VOITURE DE POLICE BRÛLÉE QUAI DE VALMY: DÉBORDONS LA BATAILLE JUDICIAIRE


Rendez-vous tous les jours du 19 au 22 septembre 2017 à 13h
À la 14e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris
Métro: Cité

Tout comme le mouvement contre la loi travail a été un tournant des luttes sociales dans plusieurs métropoles de l’État français, le procès pour l’incendie de la voiture de police du quai de Valmy est un tournant de la répression.
L’interpellation, l’incarcération, le procès des personnes mises en examen, sont symboliques du contexte d’escalade répressive, sécuritaire, à l’œuvre ces 5 dernières années et plus particulièrement depuis la proclamation de l’état d’urgence.

Les événements sont survenus le 18 mai 2016, à un moment qui constituait déjà, en soi, tout un symbole : après plusieurs mois d’une répression violente du mouvement contre la loi travail, après plusieurs semaines de grèves et de Nuits debout, la police entendait reprendre la rue et avait, pour mettre en scène cela, entièrement privatisé la place de la République, appuyés par plusieurs figures de la droite dure et du Front national.
Un contre-rassemblement à l’appel d’Urgence notre police assassine (un collectif de familles victimes de violences policières) s’est tenu le jour même, en réponse à cette provocation ; déposé en préfecture, le rassemblement a été interdit et violemment dispersé à coup de tonfas et de gaz lacrymogènes après quelques dizaines de minutes. Une voiture de police a alors été prise a partie quai Valmy par la foule hétérogène qui s’était fait chasser des abords de la place de la République. Quelques heures plus tard, puis le lendemain, quatre personnes sont interpellées dans le cadre de « l’affaire de la voiture brûlée ». Lire la suite