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Résistons Ensemble n°165 / Le bonneteau de la mort

14 Sep

Voici en pdf, le No 165, SEPTEMBRE 2017, du petit journal mobile recto-verso A4
« RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires.
Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal
vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction,
à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions,
propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article575

Le bonneteau de la mort

Vous connaissez sûrement le jeu de bonneteau. Deux cartes noires et une carte rouge, la dame de cœur, tournées puis retournées par le bonneteur sur un carton. Tout parait simple, clair, transparent. Vous êtes sûr de votre vérité, la dame de cœur rouge est là, mais non, vous avez perdu, le bonneteur vous a eu. En toute transparence.
Eh bien l’État, sa justice, sa police joue à ce jeu avec votre vie. Tenez, le dernier cas, c’est Lucas M. qui se serait suicidé, pendu à ses chaussettes au commissariat d’Arpajon (voir l’article). Les experts médico-judicaires avalent cette histoire invraisemblable. C’est leur rôle. Si ce n’est pas le suicide, c’est le cœur malade, trop gros qui a lâché, comme pour Ali Ziri, Adama Traoré, Lamine Dieng, Wissam El-Yamni… Leurs conclusions, qu’ils prétendent « scientifiques » restent dans de telles ambiguïtés car elles permettent de dédouaner les crimes policiers. Les non-lieux deviennent un système, et quand très rarement un policier est condamné, car c’est trop gros et on n’a pas pu planquer le crime, c’est à quelques mois de sursis. On condamne alors un policier ripoux mais en aucun cas la responsabilité de l’institution policière n’est reconnue, comme pour l’ex-directeur de la BAC de Rennes (voir article). Alors, quand au bout des années de luttes judiciaires et de mobilisations dans la rue, le crime policier est couvert par un non-lieu (au bout de 10 ans pour Lamine Dieng, 7 ans pour Ali Ziri), les familles, les soutiens se posent légitimement la question : est-ce que la lutte paye, le pot de terre peut-il gagner contre le pot de fer ? Lire la suite

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« Protestas, propuestas y procesos » / 22 septembre

12 Sep

Projection du documentaire « Protestas, propuestas y procesos »

Vendredi 22 Septembre 20h , Cinéma La Clef

Après une avant-première lors du festival de cinéma péruvien et suite à une série de présentations en Amérique latine le documentaire Protestas, Propuestas y Procesos revient sur les écrans parisiens dans sa version complète pour une unique date.

La projection sera suivie d’un échange autour du film avec les membres de Palante BBK, collectif à l’initiative du projet.

Synopsis :
Projet documentaire qui retrace 10 ans de luttes sociales et de mouvements contre-culturels dans la capitale péruvienne. Au sein de ce monstre urbain de 10 millions d’habitants qu’est Lima, la solidarité et l’organisation dans les quartiers populaires au travers d’initiatives indépendantes signent le renouveau d’une activité politique contestataire. Ce condensé audiovisuel retrace et croise le parcours de divers collectifs qui utilisent la Lire la suite

FPP Fréquence Paris Plurielle menacée par la disparition des emplois aidés

8 Sep

La radio Fréquence Paris Plurielle FPP est menacée

Notre Radio est directement menacée par l’annonce soudaine d’une réduction des emplois aidés.

FPP est une radio associative qui émet sur Paris et sa banlieue depuis 25 ans. Elle rassemble près de 100 émissions différentes et 200 animateurs bénévoles.

Depuis 10 ans le budget baisse. L’état et les collectivités territoriales se désengagent des radios associatives et plus largement du secteur associatif. Les subventions versées par le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (FSER) ne nous permettent plus d’embaucher des salariés. Lire la suite

Dictionnaire biographique des mouvements immigrés

29 Mai

Dictionnaire biographique des mouvements immigrés

Appel à collaborations

Le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, plus connu sous le nom du Maitron, comporte plusieurs rubriques thématiques.

Parmi ces rubriques, le Dictionnaire biographique des mouvements immigrés (DBMI) est un projet éditorial, élaboré en collaboration avec les responsables du Maitron et les éditions de l’Atelier, visant à collecter et publier des notices biographiques sur les militant-e-s de la cause des immigré-e-s en France.

Les « mouvements immigrés » renvoient à l’ensemble des mobilisations pour l’égalité des droits entre nationaux et étrangers, ainsi qu’aux mouvements de travailleurs immigrés, de femmes immigrées, de sans-papiers, de mal-logés (bidonville, camp, foyers), de victimes de la double-peine, de racisme, de discriminations raciales, ethniques ou religieuses en lien avec le logement, le travail, la police, la justice, l’administration, etc.

La période historique considérée va de 1962, fin de la guerre d’Algérie, à 2005, date des grandes rébellions urbaines.

Depuis une dizaine d’années, les travaux scientifiques sur les mobilisations de l’immigration se sont multipliés en sciences sociales (histoire, science politique et sociologie). Aux côtés des chercheurs, de nombreux militant-e-s rassemblent également des savoirs, des informations, des archives concernant ces mobilisations.

Le DBMI vise à soutenir la recherche scientifique en proposant un outil biographique pour rendre visible, vis-à-vis du grand public, les itinéraires de militant-e-s souvent resté-e-s dans l’ombre. Sur le modèle du Maitron, il se compose de notices biographiques de militant-e-s. Lire la suite

Livre du samedi : Nos mythologies économiques / Eloi Laurent

4 Mar

mythologies-economiques

Parce que nos mythologies économiques polluent le débat public et empoisonnent l’esprit démocratique, ce pamphlet – écrit par un économiste – entend tout autant immuniser les citoyens contre ces mystifications, que désenvoûter la politique de son charme mortifère.

L’économie est devenue la grammaire de la politique : elle encadre de ses règles et de ses usages la parole publique, à laquelle ne reste plus que le choix du vocabulaire, de la rhétorique et de l’intonation. Or, pas plus que l’économie n’est une science, la grammaire économique n’est un savoir. Elle relève plutôt de la mythologie : une croyance en un ensemble de représentations collectives aussi puissantes que fausses. Lire la suite

Les embuscades continuent au tribunal de Bobigny

12 Fév

IMG_20170212_174903.jpgTexte des camarades sur place ces derniers jours au TGI de Bobigny.
Les premières infos concernant les comparutions au tribunal sont .


Contrairement à la journée de mercredi au TGI de Bobigny, celle de jeudi a été un tant soit peu plus calme. Quatre personnes sont passées en comparution immédiate. Le mardi soir, l’une d’entre elles avait été interpellée à Aulnay-sous-Bois, deux autres à Villepinte, et la dernière à la gare de Saint Denis. Et cette fois-ci, seuls deux journalistes assistaient aux audiences (et on ne va pas s’en plaindre).

Dans la salle, une maman qui était venue la veille au TGI de Bobigny pour chercher son fils dont elle n’avait plus de nouvelles depuis lundi. Difficile d’imaginer dans quel état d’inquiétude elle pouvait se trouver. Il s’était rendu à Aulnay afin de participer à la manifestation du lundi après-midi en soutien à Théo et sa famille. C’est le mardi soir qu’il a été violemment interpellé dans un bus, par des flics débarqués alors que le chauffeur avait bloqué un groupe de jeunes à l’intérieur sans même avoir démarré (‘faut pas s’étonner si les bus brûlent). 

À son arrivée dans le box, il se trouve confronté à la juge du jour, hautaine et agressive, comme la veille. Notons qu’après avoir lu son cursus scolaire, elle change de ton : « Vous avez eu 11 de moyenne au bac et vous êtes en fac de STAPS, c’est que vous n’êtes pas un abruti… » Le procureur, à côté de ses pompes, cherche à lui faire endosser un tag et un outrage, en s’appuyant sur un dossier plus que bancal. L’avocat, qui pour une fois n’est pas un avocat commis d’office, demande le renvoi.

Vient le tour des deux accusés de Villepinte. Le procureur présente de nouveau un dossier mal ficelé basé sur des procès verbaux de flics, « rédigés » avec les pieds, à base de suppositions hasardeuses. Ils sont tous deux accusés d’avoir « transmis les positions des équipes de police sur le terrain ». Pour ces simples « faits » hypothétiques, le procureur réclame 2 ans de prison ferme.

Le décalage entre la répression infligée aux jeunes des quartiers et celle qui a pu s’abattre sur de jeunes « militants » est frappant, pour des chefs d’accusation similaires. Les premiers n’ont pas le CV flatteur des seconds, ni pour la « société », ni pour la juge qui prétend la défendre. Elle a d’ailleurs, sans surprise, passé son temps à dénigrer chacune des paroles des accusés, à leur brailler dessus à tout bout de champ, à les prendre de haut. Leur avocate commise d’office, par crainte de la détention provisoire, a préféré leur conseiller d’accepter la comparution immédiate. Encore une fois, à l’inverse de nombre de militants, ils ne pouvaient pas forcément présenter les garanties de représentation adéquates pour éviter la détention. 

Le dernier accusé est un habitant de Saint Denis, papa de deux enfants. Il s’est fait arrêter suite à un énième contrôle. Il est accusé d’outrage, pour ces mots : « Bande de violeurs, fils de putes, justice pour Théo ! » ; « Vous les gaulois, vous êtes tous des sales races » ; « Vous avez violé Théo ! On va vous retrouver et se venger… » Bref : une page entière de rage. On l’accuse aussi de violences sur agent n’ayant pas entraîné d’Interruption Temporaire de Travail (ITT) – en l’occurrence, un coup de pied balancé à flic qui lui avait jeté son café bouillant à la figure). Contrairement au flic, le prévenu s’est vu prescrire 1 jour d’ITT. Nul besoin d’être un génie pour capter qui a violenté qui, et que si de telles « insultes » ont pu sortir de sa bouche à l’encontre des condés, elles sont le fruit d’une colère longtemps contenue, sortie d’un bloc ce jour-là, un jour de trop :

« C’est toujours les mêmes policiers qui me contrôlent, ils s’arrêtent toujours sur moi, tous les jours. Ils m’embêtent, ils m’appellent par des noms que je ne citerai pas ici, alors qu’ils savent très bien comment je m’appelle. Ils viennent toujours me contrôler, ils me cherchent, j’essaie de ne pas rentrer dans leur jeu. J’étais énervé par ce qu’ils ont fait au jeune Théo et ce qu’ils nous font à Saint-Denis tous les jours… Ils provoquent les jeunes de Saint-Denis »

Il se fait couper la parole à chaque fois qu’il tente de s’exprimer au cours de l’audience. Puis le procureur prend la parole, et c’est là qu’on commence à vraiment halluciner : le proc’ déguaine sans honte la carte du racisme anti-blanc. Et pousse même le vice en prétendant lui rappeler que l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale, alias « la police des polices ») existe, et qu’il aurait dû porter plainte auparavant, tout simplement. On se demande s’il lui arrive parfois de sortir de son tribunal. L’avocate commise d’office laisse échapper un léger sourire avant d’expliquer au procureur que les plaintes n’aboutissent jamais. Mais comme pour les deux jeunes de Villepinte, le père de famille qu’elle défend ne dispose pas des garanties suffisantes pour prendre le risque de demander le renvoi.

L’impression générale est claire : les juges voulaient expédier les affaires. Les délibérés ont été rendus en un temps record. Le renvoi du premier à été accepté, l’accusé est aujourd’hui sous contrôle judiciaire avec interdiction de se trouver dans le 93 ; son procès aura lieu en juin. Les deux jeunes de Villepinte sont tous deux condamnés à 2 mois de sursis avec travaux d’intérêt généraux (T.I.G) : ils devront donc effectuer 105 heures de T.I.G, sans quoi ils devront purger 2 mois de prison ferme. Quant au papa de Saint Denis, il est condamné à 3 mois de prison avec sursis. Lire la suite

Barbès Blues au temps du couvre-feu (55) / Farid Taalba

1 Fév

Barbès Blues au temps du couvre-feu : épisode précédent.

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Les yeux révulsés, blanc, sans pupilles, Madjid s’agita peu à peu en convulsions saccadées. Et, entre chacune d’elles, il délirait à la manière du maître qui se mettait à parler tout en continuant à dormir. Sa bouche écumait de bave. Son esprit avait basculé dans un autre monde, animé de visions oniriques qui se succédaient comme autant de flashs insaisissables. Et, après qu’un d’eux eut éclaté comme des peintures de différentes couleurs qu’on aurait éclaboussées sur un mur, il se surprit bientôt en train de se réveiller. Il se découvrit au sol en voyant les feuilles du sommet du frêne vibrer sous le souffle du vent ; son chèche s’était déroulé en suivant la pente dans des touffes rampantes de menthe pouliot. Il voulut se relever pour s’asseoir mais il retomba aussitôt sur le dos sous le poids de sa tête qu’il sentit peser plus lourd que d’ordinaire. Il porta ses mains sur sa tête pour découvrir finalement que deux cornes de gazelle y avaient poussé. Il se releva aussitôt en appuyant plus fortement les mains au sol. Une fois assis, effrayé, sans y faire attention, il cacha son visage dans ses mains et ses doigts y essuyèrent la boue qui les en avait entachés. Il ouvrit alors largement ses mains ; il les plaça face à ses yeux comme pour mieux se rendre compte de l’embourbement dans lequel il se trouvait pris. Et, entre les écartements de ses grands doigts crottés et dégoulinant, il eut la terrible surprise de découvrir trois belles femmes assises devant lui comme si elles veillaient un malade pour lequel il lui parut évident qu’elles le prenaient. Madjid s’empressa de leur tourner le dos sans leur adresser la parole. Sa chemise était mouillée de sueur et lui collait tellement que sa peau en transparaissait. « Pourquoi nous ignorer, entendit-il derrière lui, de quoi as-tu peur ? Lire la suite