Noi siamo quelli che ti paghiamo

12 Juil

Nous sommes ceux qui vous paient

Pour Ronaldo 400 millions…

Aux ouvriers seulement des coups pieds dans les couilles

 

Affiche du syndicat COBAS de l’usine Fiat de Naples qui réagit au transfert de Christiano Ronaldo à la Juventus de Turin propriété de la famille Agnelli (premier actionnaire du groupe automobile Fiat) . Une grève est prévue du dimanche 15 juillet au mardi 17 juillet.

« Alors que les salariés et leurs familles se serrent de plus en plus la ceinture, l’entreprise décide d’investir énormément d’argent sur un seul homme. Est-ce juste? Est-ce normal qu’un seul individu gagne des millions et que des milliers de familles n’arrivent pas à terminer le mois? Les salariés ont enrichi le propriétaire depuis trois générations, et en retour, ils n’ont reçu qu’une vie de misère. »

Les ouvriers napolitains de Fiat nous rappellent que les richesses ne tombent pas du ciel et que les milliards du sport business reposent sur l’exploitation de millions de travailleurs ici en Europe ou la-bas au Qatar, en Chine…

 

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Barbès Blues au temps du couvre-feu (88) / Farid Taalba

11 Juil

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

A la lueur de la bougie posée sur la petite table basse où reposaient les restes de leur dîner comme des tombes dans un cimetière, le silence suspendit le temps qui s’enfuyait avec la fumée de la flamme, petit chapelet s’effilochant dans sa montée avant de disparaître dans l’obscurité pour s’accrocher au plafond de branchage noirci par la suie des feux d’hiver. Sous ces ténèbres qui empêchaient de compter le temps, le chœur des adeptes haussa le « dikr » dans un mouvement plus rapide, saccadé ! Saisis par leur ferveur, nos deux amis redressèrent le cou comme des poules aux aguets ; leurs têtes s’immobilisèrent et leurs yeux s’étonnèrent dans la lueur de la bougie qui rougeoyait leurs visages, livrant toute leur attention dans l’écoute :

Allah, Allah,

Il n’y a de Dieu que Dieu

Allah, Allah,

Mohamed est son messager

« La dernière fois que j’ai vu le défunt (Que Dieu lui facilite la voie), se souvint Si Lbachir, c’était à Sétif, le jour du 08 mai 1945. Il était heureux d’aller manifester ; il s’y rendait comme le pèlerin à la Mecque, exalté et prêt à mourir en chemin. C’est grâce à des messagers comme lui que les thèmes de la liberté et de l’indépendance ont pénétré nos villages. Il les a tous sillonnés pour faire connaître le Manifeste du peuple algérien que les Amis du Manifeste et de la liberté avaient édité. Sans parler des scouts musulmans qui y défilaient à tue-tête leurs chants patriotiques. Ne vous rappelez-vous pas de « Kker a mi-s umazigh » ! Je ne pense pas vous l’apprendre, n’est-ce pas ?». A la grande surprise du maître, Si Lbachir en reprit le refrain :

Debout fils d’amazigh

Notre soleil s’est levé

Depuis longtemps je ne l’avais vu

Frère, notre tour nous échoit

Le maître le dévisagea avec étonnement : « Tu chantes maintenant ? C’est bien la première fois que je t’entends ! ». Et, pour réponse, Si Lbachir s’offrit le plaisir de remettre le vinyle comme les bons hôtes une nouvelle louche et se mit à lui remplir la tête d’un des couplets de la chanson :

Dis-lui, dis-lui, à Messali

Demain sera meilleur qu’hier

Là, maintenant, point d’hésitation

Mieux vaut rompre que plier Lire la suite

Mort d’Ali Ziri, l’Etat français condamné – Résistons Ensemble n° 17 – juin-juillet 2018

10 Juil

 

Voici en pdf, le No 174, juillet/août 2018, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf: http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re174-juillet-aout-2018.pdf

à bientôt.
L’équipe de rédaction

 

Mort d’Ali Ziri – l’État français condamné

Le 11 juin 2009 Ali Ziri chibani algérien de 69 ans est décédé des suites d’une asphyxie due à l’usage de la technique du pliage lors de son interpellation par la police d’Argenteuil deux jours plus tôt. Cela fait donc 9 ans que sa famille et son comité de soutien se battent pour obtenir Vérité et Justice. Résistons ensemble de juillet 2009, n°77, dédiait déjà à sa mémoire son édito. Le 21 juin 2018, après 4 non-lieux successifs pour les policiers par la justice française, une première victoire a enfin été remportée avec la condamnation de l’Etat français par la Cour Européenne des Droits de l’homme pour avoir « négligé » le droit à la vie d’Ali. Cette victoire fait suite à deux autres ce mois-ci : la condamnation par la CEDH de l’Etat français pour la mort de Naguib Toubache, 20 ans, tué d’une balle dans le dos par la police en 2008 et celle pour la paralysie d’Abdelkhader Ghedir causée par son interpellation en 2004. Alors déployer autant d’énergie pour obtenir ces jugements 9, 10 ou 14 ans plus tard, est-ce que cela valait le coup ? Certes, ces condamnations ne sont ni complètes (par exemple dans le cas d’Ali, la technique du « pliage » est jugée « justifiée et strictement proportionnée au but poursuivi »), ni suffisamment radicales car ce n’est pas le système même de la police et de la justice françaises qui est mis en cause seulement des « bavures » comme ils disent. Mais c’est bien une vraie victoire qui a été remportée : Ali, Naguib et Abdelkhader n’ont pas été oubliés, la vérité a pu être partout clamée ; la mobilisation tenace a pu servir d’exemple à d’autres familles ; la pugnacité des luttes contre les violences policières nous a tous fait gagner en force. Enfin, ce sont ces combats sur le plan judiciaire, coûteux et douloureux, qui permettent de révéler en quoi la justice constitue le bras qui arme la police car c’est essentiellement parce qu’ils sont assurés que magistrats, juges et procureurs leur garantiront l’impunité que les flics s’adonnent sans frein à leur sale boulot répressif. Sans la complicité de la justice, il n’y aurait pas 15 crimes policiers par an. Alors merci à tous ceux qui militent pour la vérité et la justice et haut les cœurs car le combat continue ! Lire la suite

« Bella Ciao » in Gaza!

9 Juil

« Bella Ciao » : Les militants de Gaza utilisent le célèbre chant antifasciste pour célébrer la Grande Marche du Retour

« Dans le cadre des activités de la Grande Marche du Retour dans Gaza assiégée, un groupe de militants des droits de l’homme et du droit au retour ont sorti une vidéo intitulée « Bella Ciao », utilisant le célèbre chant antifasciste sur des photos de l’actuelle Marche du Retour à Gaza contre la longue domination du colonialisme et de l’apartheid israéliens. Sur les photos, on retrouve Razan Najjar, l’assistante médicale de Khan Younes qui a été brutalement assassinée par un sniper israélien, et Wesal Sheikh Khalil, de Bureij. Lire la suite

La séance du dimanche : Propaganda – La fabrique du consentement

8 Juil

Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de « Propaganda », un passionnant décryptage des méthodes de la « fabrique du consentement ».

Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces Lire la suite

Livre du samedi : L’autre citoyen / Silyane Larcher

7 Juil

L’autre citoyen

L’idéal républicain et les Antilles après l’esclavage

Silyane Larcher

En 1848, l’abolition de l’esclavage, par la Seconde République, a libéré des chaînes plus de 250 000 esclaves. Par l’application du suffrage universel, ceux des Antilles, de la Guyane et de la Réunion ont, en théorie, été dotés des mêmes droits civils et électoraux que tous les citoyens (masculins) de la métropole. La réalité a été fort différente. Ces citoyens colonisés sont longtemps restés soumis à un régime d’exception. Au Parlement, à Paris, leurs députés votaient des lois qui ne leur étaient pas applicables ! Le pouvoir exécutif et les gouverneurs locaux s’occupaient de leur sort.
Comment, dans un pays construit sur une citoyenneté que l’on prétend universaliste et abstraite – et qui ne cesse de le répéter – a-t-on pu s’accommoder d’une telle contradiction ?
L’histoire que nous raconte ce livre est celle de luttes et de rapports de forces. Une histoire de violences dont les anciens esclaves sont les protagonistes anonymes. Dans une société française dite « postcoloniale », l’auteur invite à méditer les fondements complexes de l’articulation entre citoyenneté, question sociale, histoire et « race ».

 

Introduction : l’impossible abstraction ?

À croire une certaine vulgate sociale et politique, mais parfois aussi universitaire, la démocratie française, héritière de la révolution de 1789 symbolisée par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen se confondrait avec un « modèle républicain » réputé « universaliste et abstrait », au fondement d’une citoyenneté se voulant elle-même « unitaire et abstraite ». Le principe d’égalité politique et juridique des citoyens ne reconnaîtrait pas de différences a priori entre eux et impliquerait un même traitement devant la loi, laquelle est la même pour tous. Pourtant, dès la période révolutionnaire cette pétition d’universel, consubstantielle au principe d’égalité, s’est accompagnée d’une tension entre l’égalité civile de tous les citoyens et la liberté politique de quelques-uns. L’exemple bien connu des femmes, privées du droit de vote jusqu’en 1944, le rappelle cruellement[1]. De même, si tous les citoyens sont également protégés par la loi, parmi la population adulte, les étrangers non naturalisés, les mendiants, les vagabonds, les domestiques et les travailleurs pauvres ne jouissent pas non plus du droit de suffrage à cette époque[2]. Les Constituants distingueront même entre des citoyens passifs, dotés de droits civils égaux, et des citoyens actifs, seuls détenteurs des droits politiques qui permettent d’élire des représentants et de participer à la confection des lois, donc d’exercer la souveraineté. Cette distinction n’a rien de juridique. Elle engage parmi les groupes concernés l’identification d’un ensemble d’incapacités ou de handicaps sociaux que bien des révolutionnaires perçoivent alors comme naturels. Dans cet esprit, Sieyès pouvait-il écrire que « dans tous les pays, la loi a fixé des caractères certains, sans lesquels on ne peut être ni électeur ni éligible.[3] » Puis d’arguer, telle une évidence : « Ainsi, par exemple, la loi doit déterminer un âge au-dessous duquel on sera inhabile à représenter ses concitoyens. Ainsi les femmes sont partout, bien ou mal, éloignées de ces sortes de procurations. Il est constant qu’un vagabond, un mendiant, ne peuvent être chargés de la confiance politique des peuples. Un domestique et tout ce qui est dans la dépendance d’un maître, un étranger non naturalisé seraient-ils admis à figurer parmi les représentants de la nation ? » L’histoire de la citoyenneté en France est donc autant celle de l’affirmation d’un dogme politique, celui de l’égalité civile entre tous, que celle de l’ouverture lente, laborieuse et ambiguë de la sphère politique aux citoyens eux-mêmes. Elle dévoile dans le fond une histoire des incertitudes, des heurs, mais surtout des réquisits implicites de l’institution de la cité. Comme on s’en rendra compte à la lecture de ce livre, cette histoire n’est pas seulement hexagonale ou européenne. Elle englobe aussi, on l’oublie trop souvent, l’espace des colonies où elle se complexifie considérablement. Lire la suite

Toutes et tous à Calais le 7 juillet !

6 Juil

Toutes et tous à Calais le 7 juillet !

Pour dire non à l’Europe des barbelés et des centres de rétention !…Pour exiger l’ouverture des frontières avec l’Angleterre comme avec l’Italie !… Pour exiger le passage vers Londres des marcheurs et marcheuses avec ou sans-papiers ! Des cars partiront de Paris pour aller à Calais.

Toutes et tous à Calais samedi 7 juillet !

    • Pour dire non à l’Europe des barbelés et des centres de rétention !
    • Pour exiger l’ouverture des frontières avec l’Angleterre comme avec l’Italie !
    • Pour exprimer notre solidarité internationaliste avec les migrantEs et réfugiéEs !
    • Pour dire stop aux carnages en Méditerranée !
    • Pour crier notre haine envers ce gouvernement qui par sa politique répressive met en danger la vie des migrantEs et des jeunes de nos quartiers !

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