NEFASTE – Faut que ca change

17 Fév

Nataanii Means / God Bless AmeriKKKa

16 Fév

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Résistons Ensemble No 160 / Le transformateur de vérité

16 Fév

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Voici en pdf, le No 160, février 2017, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf :
http://resistons.lautre.net/spip.php?article570

Le transformateur de vérité

Sous la pression de la vague de manifestations de flics de novembre (voir RE 157), le gouvernement est sur le point d’accoucher d’une loi assouplissant l’usage des armes à feu pour les forces de l’ordre. Le projet, présenté au conseil des ministres le 21 décembre 2016, vient s’ajouter à la récente série de mesures renforçant considérablement les moyens de répression : fusils d’assaut HK G36, loi du 3 juin 2016 élargissant déjà les possibilités d’usage des armes à feu, etc. Le nouveau texte permettrait de s’affranchir du principe de riposte immédiate, en offrant aux policiers les règles beaucoup plus souples s’appliquant aux gendarmes. Ces derniers bénéficient du statut de militaire régi par le code de défense. On a vu ce que ça donne, un exemple : un Rrom, Joseph Guerdner, a été tué menotté, trois balles dans le dos, par un gendarme en 2008. Un amendement propose même d’élargir la règle à la police municipale. Pour faire simple, les flics pourraient ouvrir le feu après sommation face à la menace de personnes, pour défendre un terrain, une personne, lorsqu’un individu cherche à se soustraire à leur garde et lorsqu’ils ne peuvent arrêter autrement un véhicule en fuite.
Le policier qui a tué Amine Bentounsi en 2012 d’une balle dans le dos ne serait de fait plus inquiété. Déjà à l’époque sa mise en examen avait provoqué des manifs de flics entre les deux tours de la présidentielle, réclamant la “présomption de légitime défense”, une revendication défendue de longue date par leurs syndicats. Le procès en appel se déroulera du 6 au 10 mars 2017. Un des projets de loi discutés fait d’ailleurs allusion à l’affaire sans la nommer, s’arrangeant au passage avec la vérité. Amine s’y retrouve alors « recherché pour des vols à main armée », ce qui est totalement faux. Il était recherché, car il n’avait pas réintégré le centre de semi-liberté où il purgeait une peine. Amal, la sœur du jeune homme, a porté plainte pour diffamation. « Peut-être que déposer plainte n’aboutira à rien, mais pour moi, c’est symbolique. » (Pétition à signer sur : https://www.change.org/p/une-urgence-dire-nonaupermisdetuer)
Le chiffre est plutôt stable, on peut compter 10 à 15 morts par an, tués par la police. Tous ne l’ont pas été par arme à feu, mais salir la mémoire des personnes décédées est bien une constante dans ces affaires. “Il était délinquant, drogué”… une manière pensent-ils de minimiser la responsabilité policière. Argument insultant et rance. Quand bien même le mort l’aurait-il été, cela ne peut en aucun cas justifier qu’on le tue. Mais la version officielle, savamment médiatisée, construit sa “vérité alternative”, à la Trump. Lire la suite

Appel des artistes contre l’impunité des violences policières

15 Fév

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L’appel sur le site de Quartiers XXI sur ce lien.
Extrait :

 Déjà une centaine d’artistes et de sportifs prennent position contre les violences policières : Eva Doumbia, Gilles Lellouche, Nekfeu, Imany, Arthur H, IAM, Christine & The Queens, Fianso, Yannick Noah, Bertrand Tavernier, Omar Sy, Lilly Wood and the Prick, Mademoiselle K, Cantona, Archie Shepp, Nicolas Duvauchelle, Black M, Annie Ernaux, Rachida Brakni, Zebda, Ramzy, Olivier Rabourdin, David Bobée…C’est notre cause commune à toutes et tous : ENSEMBLE CONTRE LES VIOLENCES POLICIÈRES ET LEUR IMPUNITÉ !

Cet appel est ouvert à signatures d’artistes et sportifs, contactez Quartiers XXI ici : ensemblepouradama@gmail.com

« LA MORT D’ADAMA TRAORÉ NOUS CONCERNE TOUS »

… C’est pourquoi nous appelons, par une convergence de toutes nos sensibilités et dans un élan solidaire, à soutenir l’exigence de vérité et de justice pour Adama, de justice pour Théo, comme pour toutes les victimes des violences des forces de l’ordre.

C’est notre cause commune à toutes et tous : ensemble contre les violences policières et leur impunité !

Et une mise au point importante suite à la publication de l’appel dans Libération ce matin : le texte entier ici.

Extrait :

« Or ces titre et surtitre ont disparu de la version papier, remplacé par un extrait du texte. Accroissant l’amalgame entre les deux tribunes et leur signataires. Nous ignorions qu’une rédaction pouvait imposer à son gré le changement de titre d’un appel signé par plus d’une centaine de personnalités. Le titre originel a été rétabli sur le site web du journal.

Cela étant, notre Appel continuera de vivre en récoltant de nombreuses signatures, hors agenda politique et à l’abri de toutes le s tentatives de récupération. C’est pour cette raison qu’il n’y a aucune personnalité politique dans les premiers signataires et que le texte est porté par un collectif d’aucun parti. Le choix de Libération est une stratégie de mise en lumière, les tentatives de confusion et de rattachement à tel ou tel ne nous appartiennent pas. »

PAS DE JUSTICE PAS DE PAIX

Les peines brûlent au tribunal

15 Fév

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Compte-rendu du lundi 13 février
au TGI de Bobigny

Relai du témoignage des soutiens sur place.
Les autres comptes rendus sont en ligne là :
premières comparutions et ici : fin de semaine.

La Justice n’a pas fini de frapper à coup de marteau la jeunesse du 93, qui a toute sa vie devant elle.

A notre arrivée, nous remarquons l’impressionnant dispositif policier. Les CRS sont équipés de la tête aux pieds et ils encerclent à l’aide de leurs camions le TGI. Plus de 40 BACeux (Brigade Anti Criminalité) sont à l’entrée et des CRS ainsi que des civils armés jusqu’aux dents rôdent dans les couloirs.  Beaucoup de membres des services de renseignement du 93 sont aussi présents, prêts à fouiner là ou il n’y a rien à gratter.

La journée commence et à « notre grand étonnement », deux salles ont été ouvertes pour les comparutions immédiates, argumenté par une surcharge de dossiers. La même question revient alors : pourquoi certains d’entre eux ne sont pas passés vendredi en comparution immédiate ?

L’une des salles concerne les affaires dite « courantes » et l’autre celle des affaires que les procureurs aiment appeler des affaires de « guérilla urbaine ».
Dans la salle, deux des juges présentes sont les présidentes du Mercredi et du Jeudi, et sans étonnement, c’est la plus sévère qui préside ce jour. Bizarrement, vendredi dernier, aucun des CI ne concernait les révoltes et encore plus bizarre : c’est le jour où le SM (Syndicat de la Magistrature ) était de service. Comme pour la journée de jeudi,  les inculpés venaient des 4 coins de l’Est du 93 (Gagny / Aulnay-sous-Bois / Blanc-Mesnil / Villepinte).
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Barbès Blues au temps du couvre-feu (56) / Farid Taalba

15 Fév
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Elma, F. Taalba

Barbès Blues au temps du couvre-feu : épisode précédent.

Comme un bélier prêt à fondre sur son adversaire, Madjid avait baissé la tête en mettant en avant ses cornes de gazelle. Puis, se ravisant en posant son regard sur les échancrures sang et or de leurs foulards que le vent faisait voleter au-dessus de leurs sourcils noir, il releva la tête pour les regarder droit dans les yeux. « Si j’entrave votre jactance, conclut Madjid toujours sur ses gardes mais pas sans ironie, je n’ai pas le choix entre la poire et le fromage comme disent les Roumis ! ». Aussi, se remémorant le récit de la légende de Tarik Ibn Ziad que cheikh Mouloud avait eu le loisir de lui rapporter, il ajouta : « Oh combattants ! Où est l’échappatoire ? La mer est derrière vous et l’ennemi est devant vous, et vous n’avez, par dieu, que la sincérité et la patience ! ». Soit. Oh, dames devineresses, le soleil ne se lève plus à l’est. Mais je le ferai de nouveau y poindre jusqu’à l’ivresse. Devant l’espérance, si je vous interprète bien, il n’y a pas de recul possible.

– Nous n’avons ainsi plus rien à t’apprendre. L’auditoire est devant toi. Mets ta main dans le feu et tu l’oublieras. Et nous, nous t’applaudirons. ».

Madjid redressa tout son corps, il ferma les yeux en inspirant et expirant régulièrement, puis, après un long moment où il sembla méditer au plus profond de lui-même, le chant jaillit calmement du fond de sa gorge ; il semblait venir de très loin et qu’il n’avait pas de fin, crépitant comme les petites brindilles qui finissent toujours par mettre le feu aux grosses bûches :

Mani oh ! Mani

Quelle chevelure as-tu là ?

La voix de Zahiya lui répondit dans son dos alors que les arbres se couchaient de douleur à l’entendre :

Frère ah ! Mon frère !

C’est soie en écheveau

A peine l’eut il entendu qu’il trembla comme une feuille. Il se mit alors à balancer doucement son corps en avant et en arrière, les muscles tendus, gagné par la transe qui commençait à l’enflammer ; et chaque note chantée qu’il reçut avait déformé son visage habité de lueurs indescriptibles. Et, à peine eut elle finit, qu’il redoubla d’ardeur dans sa tristesse pleine d’abîmes sans fond et d’inflorescences psychédéliques, hors de lui-même :

Mani Oh ! Mani !

Quels sourcils as-tu là ?

Encore plus désespérée, elle s’écria dans un long râle qui arracha les tripes de Madjid :

Frère ah ! Mon frère !

C’est tresse de brocart pur Lire la suite

Image 14 Fév

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