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Black Mirror Selekta #11 : Tribute To Candi Staton !

15 Jan

Candi Staton SLKT copie.jpg

Black Mirror, l’émission hip-hop rappelle via encore une selekta que la zik fait partie de notre histoire !  Bijous sonores de Samples & Covers et selekta des « Fame Years » consacrés à la diva Candi Staton au menu cette semaine, en deux parties, soit plus de deux heures de kif ! Bonne écoute !

N’ayons pas peur de le dire : avant son malheureux virage disco en 1974 qui verra sa voix délicieusement brisée ensevelie sous les orchestrations kitsch et la froideur mécanique d’une musique qui n’aurait jamais dû voir le jour, Candi Staton est notre chanteuse préférée.

Né en Alabama dans les années 1940, c’est comme tant d’autres dans une église du Sud que se forge l’intensité de son expression, au sein d’une formation gospel du crû. Mariée très jeune à un mari jaloux et violent – comme sa daronne qu’elle avait suivie à Cleveland pour échapper au tyran domestique qui les martyrisait –, mère de quatre enfants, rien ne la destinait alors à mener la carrière qu’elle a eu. Mais un beau soir de la fin des 60’s, dans un club de Birmingham où elle participe pour rigoler à un concours de chant, elle tape dans l’œil du grand soul singer Clarence Carter qui, outre la demander plus tard en mariage, va l’introduire dans l’écurie Fame Records, lui offrant l’opportunité d’enregistrer, de 1969 à 1973, la quintessence du son soul des studios sudistes Muscle Shoals, des dizaines d’immenses chansons, parmi les plus belles qu’il soit donner d’entendre à nos oreilles tristement humaines.
On en offrira une sélection la semaine prochaine mais, pour ne pas trahir une vieille habitude, on commence par entrer dans cette œuvre inestimable en passant par les samples, finalement assez rares, et les reprises, le plus souvent merveilleuses.
Dans les années 1980, elle reviendra finalement à ses amours gospel pour des albums chiants, polis et compassés. Plus récemment, elle a profité du revival soul (qu’on évoquait pour nos sélections consacrées à Sharon Jones et Charles Bradley) pour sortir des albums plus écoutables, mais auxquels il manque néanmoins la magie déchirante de ses plaintes juvéniles.

Cette Candi Staton n’est plus, mais la musique reste et continue de nous sauver régulièrement la vie.  

Tracklist 1 :
01. Candi Staton – Too Hurt To Cry
02. Madlib – Tape Hiss (Dirty)
03. Candi Staton – Clean Up America
04. Trife Diesel – World Today
05. Elvis Presley – In The Ghetto (Take 2-1)
06. Candi Staton –  In The Ghetto
07. Three Six Mafia – In the Ghetto
08. D.A. Smart – Ghetto
09. Clarence Carter – I’m Just a Prisoner (Of Your Lovin’)
10. Candi Staton – I’m Just A Prisoner
11. Wisemen – Blinded
12. Candi Staton – I’m Gonna Hold On (To What I Got This Time)
13. O.V. Wright – That’s How Strong
14. Otis Redding – That’s How Strong My Love Is
15. Candi Staton – That’s How Strong My Love Is
16. Harlan Howard – She Called Me Baby
17. Ella Washington – He Called Me Baby
18. Elvis Presley – Suspicious Minds
19. Candi Staton – Suspicious Mind
20. Ugly Heroes – Good Things Die feat. Murs
21. Dee Dee Warwick – Suspicious Minds
22. Candi Staton – Music Speaks Louder Than Words
23. Skinnyman – Music Speaks Louder Than Words Music Video
24. Tammy Wynette – Stand By Your Man
25. Candi Staton – Stand By Your Man
26. Dolly Parton – Jolene
27. Candi Staton – Jolene
28. Cappadonna – Young Hearts
29. Candi Staton – Young Hearts Run Free

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Black Mirror Selekta #10 : Tribute To Sharon Jones !

8 Jan

Sharon Jones Covers

Black Mirror, l’émission hip-hop rappelle via encore une selekta que la zik fait partie de notre histoire !  Bijoux originaux et Samples & Covers d’une reine de la Soul cette semaine. Bonne écoute !


La soul music sauve de tout. Sharon Jones aurait pu passer toute sa vie comme matonne ou vigile de convois de fonds si elle n’avait pas été habitée depuis toujours par la musique de l’âme, apprise dans les églises du Sud où elle était née et avait poussé, comme son idole de toujours, le godfather James Brown. Un culte qui la rapprochait de son copain Charles Bradley, à qui nous rendions hommage la semaine dernière, et qu’elle avait précédé de quelques mois là où les fardeaux ne pèsent plus.

C’est elle qui avait déjà montré la voie du revivalisme soul en devenant l’égérie du label Daptone et la taulière du groupe maison The Dapkings, lesquels assuraient aussi l’orchestre pour Bradley, Lee Fields l’autre phénix du label, ou encore Amy Winehouse sur son succès mondial Back To Black qui cartonna injustement en profitant de la brèche ouverte par celle qui, selon ses propres dires, était sans doute « trop petite, trop grosse, trop noire et trop vieille » pour devenir une vraie star.

Si ses disques sont parfois trop lisses, si elle en fait parfois des caisses inutiles en studio, c’est en live que s’épanouissaient sa puissance et son magnétisme, son énergie de survivante, l’évidence qu’elle était faite pour chanter des peines et des joies multiséculaires. Il y a malgré tout des instants de pure magie dans les nombreux albums qu’elle livra sur le tard, les premiers notamment, où l’urgence de vivre enfin ses rêves de gamine sudiste perce encore sous le vernis poli d’orchestrations souvent trop calquées sur un âge d’or lointain.

Comme pour Bradley, c’est par les samples et les reprises qu’on part cette semaine à la rencontre de cette diva au destin d’exception, emportée trop tôt par une saloperie de crabe qui refusait de la lâcher malgré l’ardeur qu’elle mettait à l’affronter, remontant sur scène jusqu’au bout parce que c’était là sa vraie place.

Et la playlist ou le mix en bonus, accompagné du trailer consacré à la diva, à télécharger ici !

Tracklist :
01. Sharon Jones – This Land Is Your Land
02. Delinquent Habits – California (feat. Sen Dog)

03. Reef The Lost Cause – I Aint No Rapper
04. Woodie Guthrie – This Land Is Your Land
05. Knxwledge – Timboots
06. Sharon Jones – How Long Do I Have To Wait For You
07. Earl Sweatshirt – Brand New
08. Sharon Jones – The Dap Dip
09. Rhymefest Ft. Kanye West – Brand New
10. Sharon Jones – Pick It Up, Lay It In The Cut
11. Shuggie Otis – Inspiration Information
12. Sharon Jones – Inspiration Information
13. La Fine Equipe – Bouballe
14. Sharon Jones – How Long Do I Have To Wait For You
15. Betty Lavette – What Condition My Condition Is In
16. Sharon Jones – I Just Dropped In…
17. Jerry Lee Lewis – Just Dropped In
18. Sharon Jones –  I’m Not Gonna Cry
19. AG Da COroner – Not Gonna Cry
20. The Royals – Every Beat Of My Heart
21. Glady’s Knight & The Pips –  Every Beat Of My Heart
22. Sharon Jones – Every Beat Of My Heart (Live On KEXP)
23. Sharon Jones – Giving Up (Glady’s Knight Cover)
24. DAD – No Pasaran
25. Sharon Jones –  Goldfinger
26. The Rolling Stones – Wild Horses (Acoustic Version)
27. Sharon Jones – Wild Horses
28. Solange – 6 O’Clock Blues
29. Sharon Jones – Longer And Stronger
30. Sharon Jones – What Have You Done For Me Lately
31. Janet Jackson – What Have You Done For Me Lately
32. Prince – Take Me With U
33. Hoodlum Priest- Crime Inc.
34. Sharon Jones – Take Me With You

Une émission de la radio ariégoise La Locale.

BCK MIR STICKER last
Black Mirror, émission hip-hop

Les selekta des camarades de Black Mirror déjà partagées ici :
#9– Tribute To Charles Bradley !
#8
– Barbara & The Browns
#7 – Tribute To Prodigy
#6
Al Green Resampled – triple selekta !
#5
O.V. Wright Selekta
#4
Message To The Soul Sisters ! Songs Of The Funky Divas
#3
Seize The Time ! Black Panther Party Songs
#2
Give The People What They Want ! Motivation Soul Music
#1
Pilote Black Mirror Selekta – Soul, Funk, Early Reggae

Black Mirror Selekta #9 : Tribute To Charles Bradley !

1 Jan

Tribute to Charles Bradley - Covers & Samples

Black Mirror, l’émission hip-hop partage avec nous une selekta par semaine, parce que la zik fait partie de notre histoire ! Du lourd pour commencer l’année comme il se doit !
Bonne écoute !


Le grand Charles Bradley est mort à l’aube de ses soixante-dix ans le 23 septembre 2017, alors que la reconnaissance qui était due à son charisme et à sa voix déchirante ne lui avait été donnée qu’en 2011, à la sortie de son premier et splendide album « No Time For Dreaming ». Il a pourtant chanté tout au long de son âpre existence, mais sans jamais parvenir à en vivre, cantonné au rang d’imitateur doué d’un James Brown qu’il révérait depuis qu’il l’avait vu à l’Apollo en 1962.

Errance, petits boulots, drames, alcool, c’est ce parcours de bas-fonds qui malheureusement donne sans doute à sa musique son sombre magnétisme. C’est au label new-yorkais Daptone, cheville ouvrière du revival soul de ces dernières années (avec notamment la regrettée Sharon Jones et le fringant Lee Fields) qu’on doit d’avoir pu rencontrer cette voix avant qu’elle ne s’éteigne. Il n’aura laissé que trois albums, qu’on vous file ici (chut !).

Alors, plutôt que de faire une sélection de nos morceaux préférés (on vous laisse le soin de trier par vous-même), on a décidé de lui rendre hommage à notre manière, en circulant dans les samples que lui ont emprunté quelques belles figures du rap, bien-sûr, mais aussi en donnant à entendre les originaux de certaines de ses reprises inspirées, auxquels il insuffle ce qu’il portait comme nul autre : la soul.

Que la Terre lui soit légère.


Et la playlist ou l’émission en bonus, à télécharger ici, agrémenté de quelques surprises !
Une émission de la radio ariégoise La Locale.
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Black Mirror Selekta #8 : Barbara & The Browns

25 Déc

 

BARBARA BROWN copie

Black Mirror, l’émission hip-hop partage avec nous une selekta par semaine, parce que la zik fait partie de notre histoire ! C’est Noël, et c’est avec Barbara & The Browns que ça se passe !
Bonne écoute !

Hommage à l’une des voix méconnues les plus bouleversantes du R&B, Barbara Brown, qui enregistra essentiellement en famille avec ses trois sœurs et son frangin. Ils officiaient depuis tout jeunes dans la musique d’Église, en formation gospel, mais se sont vite tournés comme beaucoup vers le profane.

Très peu d’éléments biographiques disponibles, très peu de disques finalement (dont quelques singles pour Stax tout de même) au vu de ses inoubliables interprétations. Elle n’enregistra que pendant une petite dizaine d’années au tournant 60’s-70’s, mais chaque pièce immortalisée est un joyau d’émotion, de précision, de grâce.

Frissons garantis donc dans la selekta de la semaine, agrémentée comme d’hab’ de quelques covers surprenantes et de quelques versions rap délicieuses.

Le pur son rugueux du sud, la magie vocale, la soul à l’état pur.

Tracklist :

01. Barbara & The Browns – Can’t Find No Happiness
02. Barbara & The Browns – It Hurts Me So Much
03. Barbara & The Browns – Play Thing
04. James & Bobby Purify – I Don’t Want To Have To Wait
05. Barbara & The Browns – I Don’t Want To Have To Wait
06. Diamond District – Hologram
07. Barbara & The Browns – Man Around The House
08. Barbara & The Browns – If It’s Good To You (It’s Good to me)
09. Barbara & The Browns – There’s A Look On Your Face
10. Barbara & The Browns – Great Big Thing aka Till You
11. Barbara & The Browns – Big Party
12. Barbara & The Browns – Things Have Gone To Pièces
13. Barbara & The Browns – In My Heart
14. Cormega – Extreme Wit 16
15. Wu Tang Clan – Yall Be Warned
16. Barbara & The Browns – My Lover
17. Barbara & The Browns – Plenty Of Room
18. Barbara & The Browns – Got To Be Somebody
19. Bo Diddley – She’s Fine, She’s Mine
20. Willie Cobbs – You Don’t Love Me
21. Barbara & The Browns – You Don’t Love Me
22. Dawn Penn – You Dont Love Me aka No No No (Coxsone Version)
23. Barbara & The Browns – Things Have Gone To Pieces (Alternative Version)

Et comme il est bien difficile de trouver ces morceaux en bonne qualité sans cracher de monnaie, des cadeaux et la playlist sont à télécharger ici !

Une émission de la radio ariégoise La Locale.

 

BCK MIR STICKER last
Black Mirror, émission hip-hop

Les selekta des camarades de Black Mirror déjà publiées :
Tribute To Prodigy
Al Green Resampled – triple selekta !
O.V. Wright Selekta
Message To The Soul Sisters ! Songs Of The Funky Divas
Seize The Time ! Black Panther Party Songs
Give The People What They Want ! Motivation Soul Music
Pilote Black Mirror Selekta – Soul, Funk, Early Reggae

Black Mirror Selekta #7 : Tribute To Prodigy

18 Déc

BCK MIR PRODIGY

Black Mirror, l’émission hip-hop partage avec nous une selekta par semaine, parce que la zik fait partie de notre histoire !
Bonne écoute !

2017 qui s’achève aura été une année bien sombre pour les amoureux de musique. Beaucoup de grands sont morts, et on ne parle pas là de celui qui a eu droit aux honneurs posthumes d’une République et d’élites qui font mine de l’avoir toujours admiré pour laver leur mépris de classe dans un populisme nauséabond.

De vraies légendes se sont éteintes : Charles Bradley le bouleversant soulman reconnu sur le tard ; Al Jarreau l’iconoclaste pianiste jazz de génie ; Chuck Berry, à qui les rockeurs de pacotille doivent tout ; Fats Domino, le roi de la Nouvelle Orléans qui avait miraculeusement survécu à l’ouragan Katrina ; Lil Peep, le fer de lance de la nouvelle scène rap gothique… Et surtout, le 21 juin dernier, une perte immense pour tous ceux et toutes celles que le hip-hop a élevé. Prodigy, cofondateur d’un des plus grands groupes de tous les temps et qui a pour toujours changé le visage du rap, notamment français : Mobb Deep.

Albert Johnson, de son vrai nom, était frappé depuis la naissance par une maladie en forme de malédiction, la drépanocytose – génétique, touchant dans une écrasante majorité les Noirs – qui lui a fait souffrir le martyr tout au long d’une trop courte existence toute entière dédiée au rap.

Havoc et lui se rencontrent au collège, dans le quartier de Queensbridge à New York, et sortent leur premier essai commun en 1993, le trop peu remarqué « Juvenile Hell ». C’est avec le suivant, « The Infamous » (les « tristement célèbres ») qu’ils vont vraiment trouver un style dont l’influence semble insondable. Combien d’albums de rap français dans les années qui suivent vont tenter de reproduire jusqu’à la nausée ces caisses claires sèches à l’interminable écho, ces boucles dépouillées, lointaines et mélancoliques, ces atmosphères lugubres qui transpirent les trottoirs mouillés et les soirées coupe-gorge, Lunatic et la Cliqua en tête ? « Hell On Earth« , sorti en 1996, viendra encore enfoncer le clou, au point que le son de New York a l’époque semble y être tout entier contenu. Quels rappeurs en devenir ne se sont pas essayés alors aux diaboliques boucles de « Survival Of The Fittest » ou de « Shook Ones » ?

Mais Mobb Deep, ce n’était pas qu’un son, ce n’était pas que des productions au cordeau signées pour la plupart par Havoc, mais toujours épaulé et guidé par Prodigy, à la substance piochée dans l’immense collection soul/funk/jazz de leurs darons. C’était aussi une attitude, glaciale, des lyrics menaçants et sans concession, une alchimie parfaite de grains de voix qui ne sont pas là pour blaguer. Mobb Deep ne s’écoutait jamais mieux que sourcils froncés sous une capuche. Le groupe perdit de son identité dans les années 2000 avant de se séparer, mais Prodigy continua d’enchaîner des classiques indépassables, quand il trouvait un prodo à la hauteur de ses rimes douloureuses. Pas besoin de disserter sur les dérives complotistes dans lesquelles il lui arriva de sombrer, et qui sont surtout l’expression d’une paranoïa qui l’accompagnait depuis trop longtemps, lui pour qui tenir debout relevait parfois du calvaire, lui dont les veines ne cessaient de charrier le poison. Quand Prodigy rappait, tu l’écoutais. C’était du rap de condamné, du rap qui pue l’urgence de vivre, les mots de celui qui sait que la mort se tient autant à chaque coin de rue que dans sa propre carcasse.

Nombre de mixes, dont certains excellents, on payé le tribut qui est dû à son immense parcours. De nôtre côté, pour ne pas faillir aux traditions, c’est par les samples qu’on a décidé d’aborder son œuvre monstrueuse. Comme une manière d’inciter à se replonger corps et âmes dans une des discographies les plus remuantes du rap mondial.

Rest in Powa, P.

Tracklist :
01.Mobb Deep – Where Ya Heart At
02. Sade – Fear
03. The Whispers – Can’t Help But Love You
04. Mobb Deep – Drop A Gem On ’em
05. Aretha Franklin – You Are My Sunshine
06 – Mobb Deep – Can’t Get Enough Of It
07. Big Pun – Tres Leches (Triboro Trilogy) Feat. Prodigy & Inspectah Deck
08. Gary Burton – Las Vegas Vango
09. Mobb Deep – Pearly Gates Feat. 50 Cent
10. Tavares – The Judgement Day
11. LL Cool J – I Shot Ya Feat. Fat Joe, Foxy Brown, Keith Murray, Prodigy
12. Lyn Collins – Put It On The Line
13. Mobb Deep – Temperature’s Rising Feat. Crystal Johnson
14. Patrice Rushen – Where There Is Love
15. Mobb Deep – Still Shinin’
16. Willie Hutch – Hospital Prelude Of Love Theme
17. Prodigy – Mac 10 Handle
18. Edwin Starr – Easin’ In
19. Geto Boys – Mind Playing Tricks On Me
20. Right Back At You Feat. Ghostface, Raekwon & Big Noyd
21. Les Mccann – Benjamin
22. Mobb Deep – Apostle’s Warning
23. Michael Jackson – People Make The World Go Round
24. Mobb Deep – Quiet Storm (Remix)
25. Grand Master Flash & Melle Mel – White Lines (Don’t Do It)
26. Mobb Deep – G.O.D. Pt. III
27. Moroder – Scarface Theme
28. Mobb Deep – It’s Mine Feat. NaS
29. Al Green – The Letter
30. Capone ‘N’ Noreaga – L.A. L.A Kuwait Mix Feat. Mobb Deep x Tragedy Khadafi
31. Mobb Deep – Give Up the Goods (Just Step) Feat. Big Noyd
32. Esther Phillips – That’s All Right With Me
33. O.V. Wright – A Fool Can’t See The Light
34. Mobb Deep – True Lies

Une émission de la radio ariégoise La Locale.

Les selekta des camarades de Black Mirror déjà publiées ici :
Al Green Resampled – triple selekta !
O.V. Wright Selekta
Message To The Soul Sisters ! Songs Of The Funky Divas
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BCK MIR STICKER last
Black Mirror, émission hip-hop

Black Mirror Selekta #6 : Al Green Resampled !

11 Déc

Al Green 1 copie.jpg

 

Black Mirror, l’émission hip-hop partage avec nous une selekta 100% musicale chaque semaine, et un texte qui nous rappelle l’histoire qui va avec !  Cette semaine, gros programme, on enquille trois selektas de Samples & Covers !! Bonne écoute !

 

 Le révérend Al Green aurait pu passer sa vie entière à chanter les louanges de Dieu. Et c’est d’ailleurs ce qu’il fait encore aujourd’hui. Mais pour le bonheur de nos oreilles et de nos âmes, il offrit quelques temps sa voix de miel à la musique du diable.

Né en Arkansas dans les années 1940, de famille très nombreuse et très pieuse, il chanta dès ses neuf piges dans un quartet gospel avec trois de ses frères. Leur talent leur permet de tourner dans le sud-est américain sous l’égide de leur dur daron métayer. Ils déménagent ensuite dans le Michigan, et continuent à se produire dans le Nord. Mais Al, adolescent, aime trop la musique, et il ne la juge pas sur des critères moraux : il y a la bonne et la mauvaise, c’est à dire celle qui te soulève le cœur et celle qui t’indiffère. Surpris par le daron alors qu’il se délecte du défroqué Jackie Wilson à la radio, il est viré du groupe.

Il embrasse alors la musique profane avec des copains de lycée, avant de se faire repérer en 1969 par Willie Mitchell, D.A du renaissant label de Memphis Hi Records qui vient de trouver une nouvelle jeunesse en la personne d’Ann Peebles. Signé en solo, sa voix de miel trouve dans la basse monstrueuse, le duo rythmique implacable, la violente section de cuivres et les tapis de cordes majestueux qui font la miraculeuse patte de Mitchell, l’écrin idéal pour envoûter son monde. Très vite, le succès déferle, et il devient star, icône, sex symbol, figure de proue d’un label qui incarne à jamais la perfection de la southern soul début 1970.

Mais les pactes qu’on signe avec le diable finissent toujours par revenir frapper à la porte. Aussi, quand une admiratrice, amoureuse, petite copine qui s’imagine fiancée en devenir, l’asperge de gruau bouillant à la sortie de son bain avant de se brûler la cervelle dans la chambre voisine le temps qu’il reprenne ses esprits, il y voit un signe que son destin risque fort de s’assombrir s’il poursuit plus loin son chemin hors des voies du Seigneur. On est alors en 1974. Il achète une Église à Memphis, accepte un autre type de consécration et s’offre de plus en plus à sa première vocation pastorale. Il enregistre encore quelques belles pièces de soul music, mais décidément là n’est pas son salut. En 1979, il chute de scène alors qu’il y célèbre une fois de trop les plaisirs terrestres, manquant une fois encore d’y rester. On ne joue pas avec le feu des enfers. Il abandonne définitivement la musique du diable.

Mais ces dix années furent bénies, musicalement. Et ces pêcheurs et voleurs invétérés que sont les rappeurs ne s’y tromperont pas quelques années plus tard, eux dont la musique naît quand celle d’Al Green se meurt.

Hommage appuyé en trois épisodes, les deux premiers se concentrant sur les samples marquants, le dernier sur les morceaux aussi divins que diaboliques qui manquent aux précédents.

Merci, Révérend. 

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Black Mirror Selekta #5 : O.V. Wright !

4 Déc

OV Wright copie

Black Mirror, l’émission hip-hop partage avec nous une selekta par semaine, parce que la zik fait partie de notre histoire !
Bonne écoute !


On est nombreux à l’avoir connu par le biais des compilations « Shaolin Soul », notamment pour sa déchirante version du spiritual classique « Motherless Child » samplé sur le titre éponyme de Ghostface Killah. C’est en effet aux diggers du rap qu’on doit sa redécouverte tardive, lui qui ne connut que rarement le succès qu’il méritait au cours d’une vie bien trop courte dévastée par la drogue, la tise et la prison. Né dans le Tenessee en 1939 et mort en 1980 en Alabama, il incarne pourtant l’essence de la soul du deep South, toute contenue dans sa voix à nulle autre semblable qui servit d’abord l’église avant de se livrer corps et âme à la musique du diable, le blues. C’est sans doute avec Willie Mitchell qu’il donna ses plus grands morceaux au tournant des années 1970, sa voix d’ange déchu chevauchant rythmiques rugueuses et chœurs languissants.

Il enregistra finalement assez peu, mais hormis quelques sonorités plus faciles en toute fin de parcours, l’essentiel de ce qu’on peut entendre de lui frôle tout simplement le sublime. Une sélection de nos morceaux fétiches de cette figure maudite, ponctué de quelques versions samplées et autres renversantes covers.

Et la playlist en bonus, à télécharger ici !
Une émission de la radio ariégoise La Locale.
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