Archive | mai, 2019
Image

Manifestation Antifasciste

28 Mai

Publicités

Archives en mouvement : Hommage à Djamel Kelfaoui

27 Mai

En hommage à Djamel Kelfaoui, décédé il y a 10 ans le 22 mai 2009 à Laghouat ( Algérie), Quartiers Libres partage ce texte écrit par M. Farid Taalba, quarante jours après son décès.

Photo prise lors du 2nd FSQP – 3-4-5 oct.2008 à Nanterre – projection du film de Djamel Kelfaoui « Cheb Hasni, je vis encore ! » – le dim. 5 oct.2008

Une des dernières fois où nous avions vu Djamel Kelfaoui, c’était le 14 mars 2009. Il avait accueilli une séance du Cinéma de Quartiers consacrée à la Palestine dans ses locaux de Tam-Tam à Pantin. Evidemment nous avions eu de nombreuses discussions et il ne manqua pas de nous faire état de l’avancement de ces différents projets cinématographiques.

Il était notamment sur le point de partir en Algérie pour terminer son film sur Cheb Hasni.

A travers son désir de faire connaître les musiques populaires algériennes, c’est son attachement à l’Algérie et à la mémoire de l’immigration qu’il affirmait une fois de plus comme il avait eu souvent l’occasion de le faire : « Moi, je suis Algérien et je ne peux pas faire abstraction de l’histoire de mon pays et de la lutte de mon père par rapport à ce pays (…). Ma mère me déposait chez une voisine les jours où ils allaient manifester pour que nos pères soient libérés à l’époque des rafles. Je n’ai pas de souvenirs directs des événements mais je me souviens très bien de ma mère m’en parlant. J’ai donc très vite baigné dans cette ambiance et c’est grâce à elle que je me suis politisé. »

Et si ce fut grâce à sa mère qu’il se politisa, ce fut aussi grâce à elle qu’il put envisager de retourner au pays en devenant sa productrice. Ce soir là, il nous le rappela avec dans les yeux une flamme de reconnaissance infinie, heureux de contourner les obstacles d’un milieu professionnel dont il ne cessait de dénoncer les hypocrisies, les coups bas et les avidités exacerbées. Gorgé de joie créatrice, il s’envola quelques jours après pour l’Algérie. Deux mois plus tard, je me rendis aussi au bled pour réaliser des entretiens avec des gens de mon village comme je le lui avait dit avant son départ.. Lire la suite

Émission radio #QuartiersLibres : Question de stratégie

16 Mai

Barbès Blues au temps du couvre-feu (115) / Farid Taalba

9 Mai

 

Barbès Blues au temps du couvre-feu /épisode précédent

 

Le seul son de la voix de Zahiya réveilla le chat qui dormait en Madjid, les souvenirs remontèrent d’un seul coup, ils s’entrechoquèrent à la surface de sa mémoire en un caléidoscope virvoussant comme une grande roue de loterie. Au-dessus de cette succession d’images, il accrocha celle où il avait entendu pour la première fois la voix de Zahiya miauler derrière la porte de sa chambre alors qu’il se trouvait en compagnie de Môh Tajouaqt et de Bou Khobrine, terrés comme des lapins pour ne pas se faire embarquer par les condés à coups de bites à Jean-Pierre. La plainte qu’elle avait formulée d’un rythme haletant tournait en boucle dans sa tête comme un disque rayé : « Madjid Digdaï, Madjid Digdaï, par Dieu, ouvre-moi la porte, j’ai peur, le chacal chasse en meute dans la forêt. ».

Mais il leva vite fait le bras du pick-up. « Ta cheville va mieux ? » s’inquiéta Madjid en guise de salutation.

– Oui, et toi ? Comment as-tu atterri parmi nous ? C’est incroyable ! Mais tu ne devais pas te marier ? Lire la suite

« Ramadan Moubarak » رمضان مبارك

7 Mai

600 personnes se sont rassemblées à l’église Saint-Jean Baptiste, à Molenbeek (Belgique), pour un grand repas de rupture de jeûne (juin 2016)

Bon Ramadan à la famille, aux papas et mamans, aux frères et aux sœurs, aux cousines et cousins, à ceux et celles qui sont partis mais dont la mémoire nous aide à lutter au quotidien, à notre quartier, aux quartiers d’à côté, à tous les quartiers du monde, aux militant-e-s anonymes du TerTer qui se battent et qui ne lâchent rien, au peuple palestinien qui résiste même abandonné de tous, au peuple kurde qui trace son chemin, aux peuples syrien et yéménite martyrisés et à tout le continent Africain et à ses peuples en lutte qui dégagent les autocrates de la FrançAfrique : vous incarnez la « Fierté des Notres », à ceux et celles qui partout dans le monde d’Asie aux Amériques se battent au quotidien pour faire que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, que l’espoir ne soit pas vain mais une réalité, aux athées et aux croyants, à la mémoire de Clément, Adama, Curtis, Angelo, Babacar, Lamine, Brahim, Rémy, Zyed, Bouna, Pavlos et de ceux et celles qui sont tombés, au peuple Rrom, aux Rohingyas qui tentent de survivre, aux Ouïghours oubliés de tous, aux prisonniers et taulards, aux mis en examen et Georges Ibrahim Abdallah, aux grévistes de la faim  aux migrants qui franchissent les murs de l’Europe Forteresse, aux collectifs de lutte des quartiers loin des buzz internet et des postures de façade, au terrain notre seul juge, à la mémoire des dizaines de milliers d’anonymes qui reposent au fond de la méditerranée, aux gens avec ou sans papiers, aux abstentionnistes et aux votants, aux Chibanis et aux enfants, aux proches qui sont au bled ou en exil, aux solidaires, aux solitaires, aux camarades, aux révolutionnaires au bled, aux Gilets Jaunes et Rouges Antiracistes, aux compagnons de galère, au prolétariat cosmopolite, aux paysans en lutte, aux silencieux qui hurlent dans le désert, à celles et ceux qui ne lâchent pas l’affaire même face aux violences policières, et à toutes les diasporas, aux Antifas voilé.e.s ou pas, aux têtes de cortèges masqués ou pas, à celles et ceux qui aiment le foot populaire et qui tapent le ballon le dimanche, aux Latinos Unidos qui se battent pour la Justice et le Socialisme, aux réfugiés, aux apatrides, à tous les peuples du monde, aux peuples algérien et soudanais qui montrent l’exemple à suivre et qui font taire les défaitistes, à l’Humanité qui résiste (nos parents nous ont appris à ne pas rester à terre), à celles et ceux qui sont gazés, matraqués, violentés, mutilés et toujours là. Pas un pas en arrière! Autodéfense Populaire!

Palestine You Will Never Walk Alone!

Ireland : unfinished revolution!

Un seul héros : le peuple

C’est l’occasion d’essayer que personne ne reste sur la touche durant 30 jours.

Ramadan Moubarak

L’équipe de Quartiers Libres vous passe le Salam !

Bon Ramadan à Toutes et Tous…

 

Livre du samedi : Le combat Adama / Geoffroy de Lagasnerie – Assa Traore

4 Mai

 

Le 19 juillet 2016, à Beaumont-sur-Oise, Adama Traoré est dans la rue. Des gendarmes  décident de le contrôler. Il n’a pas ses papiers sur lui. Lassé des contrôles à répétition, il ne veut pas être emmené à la gendarmerie: il court. Les gendarmes le rattrapent et l’immobilisent en se mettant à trois sur lui. Ils l’asphyxient – et Adama Traoré meurt, le jour de ses 24 ans.

« Le combat Adama, ce n’est pas seulement le combat de la famille Traoré. La mort de mon frère est représentative d’un grand malaise en France qui ne va pas. Mon frère est mort sous le poids de trois gendarmes et d’un système : il est mort parce qu’il s’appelait Adama Traoré, parce qu’il était Noir, parce qu’il habitait dans un quartier populaire. Il est mort à cause de tout ce que l’État et la société ont construit autour des quartiers populaires et de ces garçons. Et c’est tout cela que nous voulons changer. Lire la suite

La bonne version

2 Mai

D’après les médias aux ordres, 30 manifestants auraient attaqué l’hôpital de la Pitié Salpêtrière le 1er mai 2019, le millier de personnes qui était nassé boulevard de l’hôpital peut témoigner que celles et ceux qui sont entrés dans la cours de l’hôpital puis pour la petite dizaine qui sont montés sur l’escalier menant a l’intérieur de l’hôpital ne l’ont fait que pour se protéger des gaz lacrymogène et de la sauvagerie des forces de l’ordre.

Pourquoi attaquer un hôpital ? Pourquoi ne pas accuser les manifestants de vouloir tuer des patients tant qu’on y est ?

Le récit médiatique et politique de cet événement est juste risible et tous les journalistes et hommes politiques de droite comme de gauche qui surjouent leur indignation devant ce mensonge d’état nous montrent bien dans quel camp ils se trouvent. Ce récit gouvernemental a une double fonction la première il permet de criminaliser et condamner moralement un peu plus le mouvement de contestation auquel il doit faire face et cela lui permet de faire comme si son maintient de l’ordre violent avait fonctionné. Aux journalistes fainéants :  plusieurs centaines de mètres plus haut que l’hôpital  qui n’a jamais été attaqué, il y a eu par contre un commissariat qui a été attaqué, malgré les Lire la suite