Archive | mai, 2016

SOUTIEN AUX MIS EN EXAMEN DU 18 MAI : LE PARQUET FAIT APPEL, RDV JEUDI !

31 Mai

comité 18 mai

 

Le 18 mai 2016, une voiture de police sérigraphiée est incendiée par des manifestants quais de Valmy. Des images tournent en boucle sur tous les médias. Que voit-on sur ces images ? Des manifestants brisent les vitres d’une voiture de la voiture avec deux occupants à bord. Le conducteur après avoir sorti puis rengainé son arme est sorti en même temps que sa collègue du véhicule alors qu’un fumigène est lancé à l’intérieur. La voiture n’est pas encore en flamme. Le policier essuie quelques coups sur les avant-bras d’un objet long et fin qui semble être en plastique bleu et dont le bout est brisé. Puis on voit le policier s’éloigner alors que des flammes commencent à surgir du véhicule. Y-a-t-il dans ces images la moindre manifestation de lynchage des policiers ? Certes il y a de la colère, certes des vitres sont brisées, certes le véhicule s’enflamme, mais au mépris de ce que l’on voit, de ce que nos yeux regardent, un discours
grotesque est repris en boucle par les médias celui que veut imposer le gouvernement et la classe politique de gouvernement, à savoir que cet incident traduit « une tentative d’homicide volontaire ».

Ainsi s’impose le discours de l’état qui ne vise nullement à établir la vérité des faits mais à désigner des coupables identifiés non pas sur la réalité des faits mais sur la nécessité qui est la sienne de s’attaquer aux groupes que les services de police ont identifiés et de tenter de réduire leur force contestatrice par une violence judiciaire au niveau
de la violence policière utilisée depuis le début de la contestation des projets gouvernementaux cristalisés contre la « loi travail ».

Le soir même des faits, trois personnes étaient interpellées et une l’était le lendemain matin, ces derniers sont placés en détention notamment pour « tentative d’homicide volontaire sur agents des forces de l’ordre ». Sans aucune preuve de leur culpabilité (de l’aveu même des enquêteurs le dossier s’avère vide), et en piétinant la présomption d’innocence la plus élémentaire, les noms, visages, adresses, lieux de vies, de travail et parcours des interpellés ont circulé dans les journaux et sur les réseaux sociaux. Les « coupables » ont en réalité été préselectionnés par les services  de renseignements, parce que reconnus comme militants actifs et participant aux manifestations contre la Loi Travail. En ciblant ces personnes, l’État a tenté, a posteriori, de justifier les interdictions individuelles de manifester qui avaient été cassées par le tribunal administratif la veille. Mardi 24 mai trois d’entre eux ont été libérés  sous contrôle judiciaire et le quatrième, le plus jeune, est resté en détention provisoire sans raison ! Ils repassent tous devant le juge des libertés ce jeudi sur appel du parquet, faisant suite aux pressions politiques et des syndicats de police…

Nous, solidaires des inculpés, refusons la tentative de les isoler du mouvement. La même méthode vise , par exemple, à Rennes une vingtaine de personnes poursuivies pour  « association de malfaiteurs » alors qu’ils cherchaient en convergence avec les autres moyens d’action à bloquer le métro, et d’autres manifestants à Nantes ou à Lille.

Manifestons-nous pour obtenir l’abandon des charges extravagantes pesant sur eux !
Nous appelons à un rassemblement de soutien, Place Saint-Michel dans le Vème arrondissement de Paris, le Jeudi 2 juin à partir de 12h00 et nous invitons toutes les personnes et organisations à nous rejoindre. (lieu à confirmer)

Pour nous contacter : comite18mai@riseup.net
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Interview Fik’s Niavo

30 Mai

Fiks_Nyavo
Ton album s’appelle ‘jeune vétéran 2.0”. Les Vétérans ont toujours une histoire a raconter c’est quoi celle du rappeur Fik’s Niavo ?

J’ai grandi aux Ulis dans le 91, je suis issu d’une famille nombreuse d’origine Congolaise (RDC). La musique a toujours été présente a la maison. Mes parents étaient fans de rumba congolaise et de musique africaine en général; tandis que mes sœurs et frères aînés m’ont fait découvrir très tôt la black music américaine comme Prince, Michael Jackson, Sade … Bien évidemment cette époque-là baignait dans le top 50 et là, ça ne me parle pas du tout, à part Balavoine Gainsbourg et Renaud (avant qu’il embrasse un flic a l’époque où il cherchait encore son flingue). En France, il n’y avait rien qui nous ressemblait médiatiquement parlant jusqu’à ce qu’arrive le rap US. Le déclic, il s’est fait très jeune en trois temps. Le premier c’est quand j’ai vu le clip « the message » de Grand Master Flash, le clip était sous titré en jaune et je me souviens avoir demandé à mon père de me lire ce qui était écrit et il a rigolé. Il avait pas envie que le môme que j’étais comprenne tout ça. Le deuxième déclic celui-là est négatif c’est la vision de « I need love » de LL cool J, tout me gène dans ce clip. Il est avec plein de meufs c‘est trop mielleux, ça ne me parle pas du tout. De plus dans ce titre je n’accroche ni au flow ni aux rimes et j’imagine qu’il ne raconte rien d’intéressant. C’est presque 10 ans après que je vais redécouvrir ce morceau et vaguement l’apprécier. Puis il y a le 3ème déclic qui est celui qui est décisif pour moi c’est Public Enemy. Et là, je retrouve les sensation de « the message », et là je me dis c’est ça que j’aime, c’est quand dans les flow ou dans les clips je ressens une rage. C’est l’époque où je débarque aux Ulis (après Fresnes, Massy et Palaiseau). J’ai 8 ans et il était pas rare de croiser des toxicos dans le quartier, des cadavres de bécanes volées sur le chemin de l’école. Socialement, là, on est dans le dur. Ça va être compliqué d’intégrer cette nouvelle vie, avec les problématiques inhérentes aux grandes banlieues. Foot de rue, police, camarades de jeu: va falloir trouver ses marques. Quand le Hip Hop arrive, je sens un point commun entre la vie que les ricains décrivent et la galère de notre quotidien, même si dans les faits il y a pas de comparaison possible. Le ghetto américain c’est Lire la suite

Et si tout le monde détestait la justice?

30 Mai

AFFICHE AMNISTIE 2 net

Article de la rédaction de l’Envolée:

Amnistie pour tous les prisonniers
et toutes les prisonnières du mouvement social

Il y a ce lycéen de Nantes accusé de « complicité de tentative d’homicide » sur un commandant de CRS. Il y a ces quatre manifestants parisiens accusés d’avoir mis le feu à un véhicule de police et poursuivis pour « tentative d’homicide ». Il y a ces dix-neuf rennais accusés de « participation à une association de malfaiteurs » pour des dégradations dans le métro. Il y a ces dizaines de manifestants accusés de violences – sur des biens ou sur les défenseurs de ces biens – qui passent en comparution immédiate et se prennent des peines de prison ferme ou avec sursis. Il y a celles et ceux qui seront cueillis et enfermés dans les semaines à venir au fur et à mesure de l’avancée des procédures…

A chaque fois, nous nous laissons prendre par le fait divers. Nous passons des heures à examiner des vidéos, lire des articles pour reconstituer chaque épisode de ce qu’il s’est vraiment passé : qui a jeté le projectile ? Qui à tapé et quand ? Qui a mis le feu ? Qu’on ait besoin de comprendre, envie d’innocenter, qu’on soit porté par la curiosité ou par l’enthousiasme, ça ne change rien : nous épousons – qu’on le veuille ou non – la logique médiatique, policière et judiciaire qui, elle, a pour but de fabriquer des coupables et de transformer un mouvement social en succession de faits divers.

Nous devons simplement rappeler que des professionnels du maintien de l’ordre caparaçonnés, entrainés militairement, équipés d’armes létales et d’autres dites non-létales (Flash-Ball, bombes lacrymogènes, grenades de désencerclement) traumatisent, étouffent, assourdissent, blessent, éborgnent… et tuent aussi. Ces femmes et ces hommes en armes sont les pions plus ou moins féroces d’un pouvoir politique qui joue sa survie à brève échéance en donnant des consignes strictes pour ne pas lâcher son os. Les syndicats de policiers peuvent bien manifester à leur tour et occuper les plateaux de télé pour dénoncer la « haine » dont ils feraient l’objet, nous ne devons pas les laisser jouer les victimes du mouvement social. Les photos et vidéos qui se multiplient sur Internet montrent simplement qu’il n’y a pas de « bavure » : ce qu’on voit, c’est bien une stratégie qui vise à faire plier la rue en terrorisant tout le monde. Lire la suite

La séance du dimanche : The Twilight Zone / Time Enough at Last

29 Mai

« Il existe une dimension au-delà de ce qui est connu de l’Homme ; c’est une Dimension aussi vaste que l’Univers et aussi éternelle que l’Infini : elle est à la croisée de l’ombre et de la lumière, de la science et de la superstition, elle est le point de rencontre des ténèbres crées par les peurs ancestrales de l’Homme et de la lumière de son savoir, c’est la dimension de l’imagination, un domaine que nous avons baptisé … »

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Time Enough at Last est  l’un des plus célèbres épisodes de la serie  Twilight Zone / la Quatrième Dimension. Il  raconte l’histoire d’un homme qui aime lire mais dans son entourage professionnel et familiale l’en empêche. L’épisode suit Bemis qui cherche le salut dans les décombres d’un monde post-apocalyptique, traitant des questions sociales comme l’anti-intellectualisme, les dangers de la technologie, et la différence entre la solitude et l’isolement. Un classique, d’ailleurs la série démontre par l’excellence, comment on peut traiter de nombreux sujets sociaux sans verbiage et narcissisme.
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Livre du samedi : Vengeance d’État Villiers-le-Bel, des révoltes aux procès

28 Mai

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Vengeance d’État, Villiers-le-Bel des révoltes au procès / Collectif angles morts

 

Le 25 novembre 2007, Lakhamy et Moushin, deux adoles cents de Villiers-le-Bel, décèdent suite à la collision de leur moto avec une voiture de police. Plusieurs nuits de révoltes éclatent, laissant s’exprimer la colère de centaines d’habitants qui refusent de croire à la version policière d’un accident. Des dizaines de policiers sont blessés, notamment par des tirs d’armes à feu.
La répression judiciaire succède à la pacification policière. Trois séries de procès ont lieu, apportant chacun leur lot de condamnations. Le 21 juin 2010, s’ouvre le procès des tireurs présumés.
Un procès pour l’exemple, au terme duquel cinq habitants de Villiers-le-Bel seront condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de prison, en l’absence de preuves, et essentiellement sur la base de témoignages anonymes. En retraçant les mécanismes de la répression des révoltes de Villiers-le-Bel, ce livre s’inscrit dans la dynamique politique des mobilisations en soutien aux inculpés, débutées au moment du procès. L’autopsie du procès des « tireurs» met à nu les mécanismes d’une vengeance d’État et la fiction d’une justice indépendante. Au delà des condamnations prononcées, c’est bien le procès de la banlieue et de ses habitants qui a été fait par une classe politique et des magistrats aux ordres.

« Comme le titre de ce livre l’indique, nous considérons que le procès des tireurs présumés est en réalité, mal­gré les dénis multiples du gouvernement et de la Justice, le moyen pour l’État d’assouvir sa vengeance contre une population qui s’est retournée contre lui et qui a échappé, au moins pour quelques heures, à son contrôle.  » Lire la suite

Our Brixton / Make a change

27 Mai

https://www.facebook.com/Our-Brixton-776582789101504/?fref=ts&hc_location=ufi

En 2015, les membres de la campagne contre la gentrification « Our Brixton » (Notre Brixton ) ont offert des ateliers de travail dans les jardins publics de Cressingham. Le quartier fait aujourd’hui face à une menace de démolition par le Conseil de Lambeth, risquant d’expulser des centaines d’habitants ou de les mettre à la rue.

Les ateliers d’art, intitulé « the Art of Change » (l’Art du Changement) comprenaient des ateliers de théâtre, de rap, de chant, de graffiti et de beatboxing, servant à fournir aux jeunes du quartier un espace de discussion pour comprendre et affronter les changements qu’ils observent autour d’eux, dans leur communauté et à la maison. Lire la suite

Nous sommes leur ennemi commun

26 Mai

La répression qui s’abat sur le mouvement social contre la loi « travaille ! » et contre l’ensemble des luttes n’arrive pas de nulle part. Elle sévit dans les ZAD en passant par le centre-ville de Rennes, les rues de Paris ou les piquets de grèves. Cette violence d’Etat a été déployée pendant des années dans nos quartiers populaires. Son usage est aujourd’hui généralisé à l’ensemble de la population. Des équipes de bacqueux ou de Compagne d’Intervention lâchés en mode chiens enragés dans les cortèges jusqu’au déploiement du RAID pour mettre fin à une occupation en passant par ce qui ressemble à une fabrication de coupables par une justice aux ordres, tout cela est depuis 30 ans le quotidien de nos quartiers.

police_au_quartier

Le garrot sécuritaire utilisé pour étouffer toute contestation sociale dans nos quartiers est aujourd’hui employé pour criminaliser les mouvements sociaux. Il y a juste besoin de passer par quelques adaptations médiatiques les « casseurs » en survêtes et casquettes Lacoste sont remplacés par ceux en Kway. Face aux contestations des quartiers populaires, les gouvernements mettent toujours en avant la figure du petit délinquant décrit en caïd de banlieue uniquement venu pour piller. Pour le mouvement social, c’est la figure du petit-bourgeois traitre à sa classe qui « joue au révolutionnaire avant de reprendre la boite papa». Réduire les émeutiers du quartier ou ceux des manifs à ces seules figures symboliques caricaturales cela permet de déployer un arsenal policier et judicaire hors norme qui vient rassurer les bons français heureux de pouvoir se défouler sur le prolo en mode lascar ou le petit bourgeois d’humeur révolutionnaire. Cette mise en scène médiatique de ces Lire la suite