Archive | juillet, 2018

LK de l’Hotel Moscou – Camarade

16 Juil

Composition, mixage et mastering par Kindred Beats

Texte et vidéo par Laurent Kia aka LK de l’Hotel Moscou

Téléchargement gratuit : https://hotelmoscou.bandcamp.com/trac…

Publicités

La séance du dimanche : le business du sang

15 Juil

Aux États-Unis, où cette pratique est légale, une population appauvrie vend son sang aux grandes multinationales, qui le commercialisent en Europe. Une enquête sur une industrie en pleine croissance. Aujourd’hui, le plasma, un composant du sang très recherché pour ses protéines, vaut plus cher que le pétrole. Utilisé par des sociétés pharmaceutiques pour fabriquer des médicaments coûteux, ce précieux liquide, indispensable aux malades, est devenu une marchandise rentable. Avec des bénéfices s’élevant à plus d’un milliard d’euros, la société suisse Octapharma est l’un des quatre acteurs principaux de ce marché florissant. Ses centres de collecte, implantés principalement aux États-Unis, où le prélèvement rémunéré, interdit en Europe, est légal, attirent les habitants des quartiers défavorisés. Pour cette population appauvrie, notamment depuis la crise de 2008, le don de sang est parfois l’unique source de revenus. Lire la suite

Livre du samedi : Les enfants de la colonie / Emmanuelle SAADA

14 Juil

Les enfants de la colonie

Les métis de l’Empire français entre sujétion et citoyenneté

Emmanuelle SAADA

Pendant la colonisation française, des dizaines de milliers d’enfants sont nés d’« Européens » et d’« indigènes ». Souvent illégitimes, non reconnus puis abandonnés par leur père, ces métis furent perçus comme un danger parce que leur existence brouillait la frontière entre « citoyens » et « sujets » au fondement de l’ordre colonial. Leur situation a pourtant varié : invisibles en Algérie, ils ont été au centre des préoccupations en Indochine. La « question métisse » a également été posée à Madagascar, en Afrique et en Nouvelle-Calédonie.
Retraçant l’histoire oubliée de ces enfants de la colonie, cet ouvrage révèle une face cachée, mais fondamentale, de l’histoire de l’appartenance nationale en France : il montre comment les tentatives d’assimilation des métis ont culminé, à la fin des années 1920, avec des décrets reconnaissant la citoyenneté à ceux qui pouvaient prouver leur « race française ». Aux colonies, la nation se découvrait sous les traits d’une race. Lire la suite

Bal de la Fraternité et la Justice / Clermont-Ferrand

13 Juil

Pas de fachos, Pas de racisme, Pas d’exclusion chez nous !

Pour un 14 juillet

de la justice et de la Fraternité !

 

La leçon n’a pas suffit Faut dire qu’à la mémoire on a choisi l’oubli 
Dehors, dehors, les étrangers  C’est le remède des hommes civilisés
Prenons garde, ils prospèrent  Pendant que l’on regarde ailleurs 

Voila Voila – Rachid Taha

 

 

Le 14 juillet, prochain, un local de skinheads va ouvrir, rue de la treille, à Clermont-Ferrand.

Depuis 2016, notre association a alerté, à plusieurs reprises les autorités sur les agissements violents d’individus, sur les tags racistes.

Difficile de comprendre qu’on impose un état d’urgence dans les quartiers populaires et qu’on laisse les tenants d’un terrorisme d’extrême droite avoir pignon sur rue.

Difficile de comprendre que la Préfecture interdit la plantation d’un arbre en hommage à Wissam El Yamni au nom du « trouble à l’ordre public » et qu’elle laisse des skinheads 2.0 ouvrir tranquillement, banalement un local.

Difficile de comprendre que dans une région marquée par l’histoire de la Résistance, le Préfet tolère cela, comme si « l’intégration républicaine » dont on nous serine les oreilles n’avait aucun sens.

Difficile de comprendre que les associations d’habitants de quartiers populaires promouvant la culture, l’éducation populaire, les valeurs de respect, de justice, de tolérance, d’échange soient si peu soutenues et que l’extrême droite trouve à l’aise les moyens de diffuser ses idées de haine, d’apartheid. Lire la suite

Noi siamo quelli che ti paghiamo

12 Juil

Nous sommes ceux qui vous paient

Pour Ronaldo 400 millions…

Aux ouvriers seulement des coups pieds dans les couilles

 

Affiche du syndicat COBAS de l’usine Fiat de Naples qui réagit au transfert de Christiano Ronaldo à la Juventus de Turin propriété de la famille Agnelli (premier actionnaire du groupe automobile Fiat) . Une grève est prévue du dimanche 15 juillet au mardi 17 juillet.

« Alors que les salariés et leurs familles se serrent de plus en plus la ceinture, l’entreprise décide d’investir énormément d’argent sur un seul homme. Est-ce juste? Est-ce normal qu’un seul individu gagne des millions et que des milliers de familles n’arrivent pas à terminer le mois? Les salariés ont enrichi le propriétaire depuis trois générations, et en retour, ils n’ont reçu qu’une vie de misère. »

Les ouvriers napolitains de Fiat nous rappellent que les richesses ne tombent pas du ciel et que les milliards du sport business reposent sur l’exploitation de millions de travailleurs ici en Europe ou la-bas au Qatar, en Chine…

 

Barbès Blues au temps du couvre-feu (88) / Farid Taalba

11 Juil

Barbès Blues au temps du couvre-feu / épisode précédent

A la lueur de la bougie posée sur la petite table basse où reposaient les restes de leur dîner comme des tombes dans un cimetière, le silence suspendit le temps qui s’enfuyait avec la fumée de la flamme, petit chapelet s’effilochant dans sa montée avant de disparaître dans l’obscurité pour s’accrocher au plafond de branchage noirci par la suie des feux d’hiver. Sous ces ténèbres qui empêchaient de compter le temps, le chœur des adeptes haussa le « dikr » dans un mouvement plus rapide, saccadé ! Saisis par leur ferveur, nos deux amis redressèrent le cou comme des poules aux aguets ; leurs têtes s’immobilisèrent et leurs yeux s’étonnèrent dans la lueur de la bougie qui rougeoyait leurs visages, livrant toute leur attention dans l’écoute :

Allah, Allah,

Il n’y a de Dieu que Dieu

Allah, Allah,

Mohamed est son messager

« La dernière fois que j’ai vu le défunt (Que Dieu lui facilite la voie), se souvint Si Lbachir, c’était à Sétif, le jour du 08 mai 1945. Il était heureux d’aller manifester ; il s’y rendait comme le pèlerin à la Mecque, exalté et prêt à mourir en chemin. C’est grâce à des messagers comme lui que les thèmes de la liberté et de l’indépendance ont pénétré nos villages. Il les a tous sillonnés pour faire connaître le Manifeste du peuple algérien que les Amis du Manifeste et de la liberté avaient édité. Sans parler des scouts musulmans qui y défilaient à tue-tête leurs chants patriotiques. Ne vous rappelez-vous pas de « Kker a mi-s umazigh » ! Je ne pense pas vous l’apprendre, n’est-ce pas ?». A la grande surprise du maître, Si Lbachir en reprit le refrain :

Debout fils d’amazigh

Notre soleil s’est levé

Depuis longtemps je ne l’avais vu

Frère, notre tour nous échoit

Le maître le dévisagea avec étonnement : « Tu chantes maintenant ? C’est bien la première fois que je t’entends ! ». Et, pour réponse, Si Lbachir s’offrit le plaisir de remettre le vinyle comme les bons hôtes une nouvelle louche et se mit à lui remplir la tête d’un des couplets de la chanson :

Dis-lui, dis-lui, à Messali

Demain sera meilleur qu’hier

Là, maintenant, point d’hésitation

Mieux vaut rompre que plier Lire la suite

Mort d’Ali Ziri, l’Etat français condamné – Résistons Ensemble n° 17 – juin-juillet 2018

10 Juil

 

Voici en pdf, le No 174, juillet/août 2018, du petit journal mobile recto-verso A4 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf: http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re174-juillet-aout-2018.pdf

à bientôt.
L’équipe de rédaction

 

Mort d’Ali Ziri – l’État français condamné

Le 11 juin 2009 Ali Ziri chibani algérien de 69 ans est décédé des suites d’une asphyxie due à l’usage de la technique du pliage lors de son interpellation par la police d’Argenteuil deux jours plus tôt. Cela fait donc 9 ans que sa famille et son comité de soutien se battent pour obtenir Vérité et Justice. Résistons ensemble de juillet 2009, n°77, dédiait déjà à sa mémoire son édito. Le 21 juin 2018, après 4 non-lieux successifs pour les policiers par la justice française, une première victoire a enfin été remportée avec la condamnation de l’Etat français par la Cour Européenne des Droits de l’homme pour avoir « négligé » le droit à la vie d’Ali. Cette victoire fait suite à deux autres ce mois-ci : la condamnation par la CEDH de l’Etat français pour la mort de Naguib Toubache, 20 ans, tué d’une balle dans le dos par la police en 2008 et celle pour la paralysie d’Abdelkhader Ghedir causée par son interpellation en 2004. Alors déployer autant d’énergie pour obtenir ces jugements 9, 10 ou 14 ans plus tard, est-ce que cela valait le coup ? Certes, ces condamnations ne sont ni complètes (par exemple dans le cas d’Ali, la technique du « pliage » est jugée « justifiée et strictement proportionnée au but poursuivi »), ni suffisamment radicales car ce n’est pas le système même de la police et de la justice françaises qui est mis en cause seulement des « bavures » comme ils disent. Mais c’est bien une vraie victoire qui a été remportée : Ali, Naguib et Abdelkhader n’ont pas été oubliés, la vérité a pu être partout clamée ; la mobilisation tenace a pu servir d’exemple à d’autres familles ; la pugnacité des luttes contre les violences policières nous a tous fait gagner en force. Enfin, ce sont ces combats sur le plan judiciaire, coûteux et douloureux, qui permettent de révéler en quoi la justice constitue le bras qui arme la police car c’est essentiellement parce qu’ils sont assurés que magistrats, juges et procureurs leur garantiront l’impunité que les flics s’adonnent sans frein à leur sale boulot répressif. Sans la complicité de la justice, il n’y aurait pas 15 crimes policiers par an. Alors merci à tous ceux qui militent pour la vérité et la justice et haut les cœurs car le combat continue ! Lire la suite