Archive | avril, 2018

Black Mirror Selekta #15 : Tribute To Gil Scott Heron 1

30 Avr

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Hommage par les samples à Gil Scott Heron, grand poète torturé, musicien de génie et activiste de la cause noire mort en 2011 peu après avoir sorti son premier disque depuis 16 piges, le splendide « I’m New Here » qui le rappela à la mémoire de tous les amoureux de musique qui saigne. Toujours par Black Mirror, émission hip-hop, émission de la radio ariégoise La Locale.

 

Misère de la conception de l’Art dans la tradition occidentale, les musicologues et autres journaleux ont toujours besoin de désigner des originators, des pionniers géniaux qui auraient inventé à eux seuls un style musical, auraient infléchi de leur seule voix le cours de l’histoire. Alors on a beaucoup dit de Gil Scott Heron qu’il était le « parrain du rap », le premier à poser ses poèmes de rue en rythme sur des boucles soul/jazz, entraînant à sa suite tout le mouvement hip-hop. Lui-même ne goûtait pas ce titre honorifique bien trop lourd à ses épaules frêles. Il préférait se dire « bluesician », superbe définition de sa vision si particulière de la musique qu’il nommait avec le flûtiste et claviste Brian Jackson, son acolyte des débuts, de la « bluesology ».

Gil Scott venait du Sud. Il avait poussé dans le Tennessee, chez sa grand-mère Lilie Scott, abandonné par son daron (pour la petite histoire, un footballeur jamaïcain, premier Noir à jouer chez les Celtics de Glasgow) et laissé là par sa daronne partie enseigner l’anglais à Porto Rico. Mais à l’âge de douze ans, il retrouve Lilie morte et part s’installer avec sa mère dans le Bronx. Brillant élève et déjà passionné d’écriture, il parvient à entrer dans une école blanche réputée puis comme boursier à l’Université. C’est là qu’il prend une année sabbatique pour boucler son premier roman, superbe chronique des trottoirs sales, « Le Vautour », écrit à 18 piges. Il rencontre un petit succès et, avec l’avance de 5000 dollars qu’il a reçu de l’éditeur, il se réinscrit à la fac comme un joli doigt d’honneur à l’institution blanche.

Décidément salement précoce, il écrit au même moment le morceau le plus retentissant de sa longue carrière, le monumental et ricanant « The Revolutioon Will Not Be Televised », premier d’une longue série de brûlots qui s’attaquent autant au pouvoir qu’aux errements de ses frères. Il est très vite repéré par le boss du label Flying Butchman – producteur de John Coltrane entre autres – qui lui offre un incroyable orchestre pour son premier disque studio, l’éternel « Pieces Of A Man » : Ron Carter, Hubert Laws et Bernard Purdie. Il compose le tout, et la plupart des grands disques suivants, avec son pote flûtiste Brian Jackson, cherchant à faire sonner ses poèmes comme de véritables chansons, à faire de ses mots écorchés de la musique. Sa voix, qu’il décrit lui-même comme le grondement d’une rame de métro aux roues crevées, est à la fois profonde et vulnérable, puissante et blessée, et s’embellira sa vie durant de toutes les laideurs qu’il traverse, entre deuils, addictions multiples et passages en prison.
Gil Scott Heron se faisait beaucoup de mal mais nous aura fait beaucoup de bien. Après un long silence de près de 15 piges habité de fantômes et de fumées d’amnésie, il sortit le splendide et élégiaque « I’m New Here » en 2010, rappelant à tous à quel point ses mots et ses notes transperçaient les coeurs et les tripes. Ils n’étaient jamais aussi bouleversants qu’à peine rehaussés de légers tapis de cordes ou de sèches rythmiques, approchant même le divin quand sa voix se brisait sur la mélodie et dévoilait la fragilité qui l’emporta, seul, dans un hôpital pour indigent du New York qui « le tuait » depuis toujours.

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1er Mai : Quartier Saint-Jacques -Muraille de Chine-

30 Avr

 

La séance du dimanche – Syrie : Raqqa, une vie après Daesh –

29 Avr

Syrie : Raqqa, une vie après Daesh

La guerre n’a laissé derrière elle qu’un champ de ruines, une ville exsangue dont le coeur historique est détruit à quatre-vingt-quinze pour cent. Leila Mustafa est la nouvelle maire de Raqqa. Âgée de trente ans à peine, elle souhaite faire renaître la ville de son enfance. Une femme kurde à la tête de l’ancienne capitale de l’Etat Islamique, tout un symbole. Lire la suite

Livre du samedi : Le combat vous a été prescrit / Romain Caillet et Pierre Puchot

28 Avr

« Le combat vous a été prescrit », Une histoire du jihad en France,

de Romain Caillet et Pierre Puchot

L’histoire du jihad en France n’est pas celle d’une énième « radicalisation express », l’idéologie se développe depuis près de trois décennies sur notre territoire et s’est nourrie des évolutions d’une société dont elle est le produit, comme ceux qui la portent. Elle relie Khaled Kelkal aux frères Kouachi ; d’anciens jihadistes issus du Groupe islamique armé algérien ont formé certains membres du commando du 13 novembre 2015. Lire la suite

Repas de quartier. Dabké. Open Mic’. Débat / Clermont-Ferrand

27 Avr

 

 

Mathcima featring Idam – Racist ماناش راسيست

26 Avr

Comme les billes de mercure…-Résistons Ensemble n° 172 – avril/mai 2018

25 Avr

RÉSISTONS ENSEMBLE – bulletin numéro 172 – avril/mai 2018

 

Voici le No 1172 « RESISTONS ENSEMBLE » du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement, si le journal vous plaît. Vous êtes invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à l’équipe de rédaction. Nous attendons vos contributions, propositions, critiques …

à bientôt.
L’équipe de rédaction

Pour télécharger ce bulletin mis en page au format pdf: http://resistons.lautre.net/IMG/pdf/re172-avril-mai-2018.pdf

 

Comme les billes de mercure…

Dans les lycées, le pouvoir s’attendait à une résistance face à la sélection sociale et territoriale que représente le « parcours sup’ ». Or un combat s’est levé… mais pas de la part de ceux qui en sont directement les victimes : les lycéens. Les matraquages, exclusions, intimidations préalables ont fait leurs œuvres… ces derniers n’ont pas, ou très peu, bougé. Ce sont les étudiants qui manifestent, occupent, bloquent contre une agression qui, pourtant, ne les concerne plus directement.
Et les cheminots ? Ils ne luttent pas pour une augmentation de salaire, pour eux-mêmes, mais, entre autres, contre la suppression de leur statut… qui ne frappera que les futurs embauchés.
Il en va de même pour les zadistes de Notre-Dame-des-Landes… Ils ont gagné, fait reculer l’État, et on leur promet des situations en règle… à la seule condition qu’ils abandonnent la lutte collective qui leur a justement permis de gagner, qu’ils rentrent dans la « normalité » du monde du profit.
L’équipe Macron ne comprend plus, elle flaire le danger : la mise en cause par la lutte de cette société de rapaces capitalistes et de leurs règles. Le pouvoir est surpris, mais frappe sans pitié. Se sentir obligé d’envoyer 2 500 gendarmes robocops, des hélicoptères et blindés contre quelques centaines de zadistes ou des centaines de CRS contre des amphis occupés est un aveu de faiblesse. Les fascistes ont bien saisi ces failles de l’État et sortent de leur trou, comme à la fac de Montpellier.
Ces trois luttes qui défient les règles nous laissent donc entrevoir une autre société, juste et fraternelle : la fin du « chacun pour soi », du « premier de cordée », du « tu es ce que tu mérites », chers à la Macronie.
Vous connaissez le mercure ? Répandu, il forme de minuscules billes, des sphères parfaites, brillantes, miroirs de la réalité. Mais celles-ci sont en équilibre instable. Soit elles se dispersent, soit elles convergent, entrent en contact, les forces moléculaires invisibles les unissant, créant des billes de plus en plus grosses et puissantes. Il en est ainsi aujourd’hui avec les luttes des cheminots, étudiants, zadistes, retraités, sans-papiers, réfugiés, postiers, personnels de la santé, de l’éducation, des EHPAD… Elles sont aussi belles que les billes de mercure. De leurs convergences pourrait naître un autre avenir.

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