Furax Barbarossa / Mona Lisa

24 Juin

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides, et qui ayant tout disent avec une bonne figure « Nous qui avons tout, nous sommes pour la paix ! », je sais ce que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs, c’est vous ! Quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients, au regard de Dieu, que n’en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir. »

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Barbès Blues au temps du couvre-feu (116) / Farid Taalba

6 Juin

Barbès Blues au temps du couvre-feu /épisode précédent

 

Après le sursaut qui avait fait flageoler leurs bâtons de chaise, Madjid, Hassan et Wardiya s’immobilisèrent sur le côté du taxi qui donnait sur la chaussée. Une valse de commentaires leva le pied, lança la cadence et leurs esgourdes en saisirent vite le tempo ; ils se mirent à ribouler leurs calots sur l’obscurité comme pour se garder de la surprise d’une de ces éclaircies accompagnant ces explosions qui survenaient encore par intermittence malgré le retour au calme apparent. Côté trottoir, pas désorientée pour autant, appuyée sur le capot de la voiture, Zahiya se gargarisa plutôt la rétine sur Madjid. Elle allumait le miston d’un ardent pressant quand Bou Taxi, qui venait de boucler le coffre, stoppa la projection : « Allons mes amis, ce n’est pas le moment de bayer aux vitrines… si vous voulez prendre place… je vous ouvre même la porte ! ». Zahiya allais s’engager dans le véhicule. « Si Madame la marquise veut bien en prendre la peine, la titilla Hassan. « Si monsieur veut bien refermer la porte », lui renvoya Zahiya avant de prendre place devant, aux côtés de Bou Taxi.

Laissant derrière eux les lumières du port, Bou Taxi et son équipage entrèrent dans la ville comme on quitte le jour pour la nuit. Les rues étaient désertes, à peine éclairées, les volets clos, les rideaux des vitrines baissés ; les lieux les plus courus de la ville se trouvaient fermés : ni cafés, ni restaurants, ni dancings, ni clubs, ni cinémas ! Détritus et débris de toutes sortes jonchant les rues, épaves de voitures brulées, rez-de-chaussée d’immeubles incendiés, mobilier urbain et commerces saccagés, partout des traces d’une lutte qui avait dû être terrible, ici des éclats de grenades, là le souffle d’un coup de mortier, là-bas le criblage d’un mitraillage. Et, au milieu de ce champ de fin de bataille, seuls des militaires patrouillaient encore dans ses tranchées, parfois aidés par des groupes de civils armés. Enfin, l’équipage fut aussi littéralement saisi par l’atmosphère viciée d’odeurs de gaz lacrymogène, de poudre, de cendre et de sang en train de sécher. « M’est avis qu’on n’aura pas de mariage à animer ce soir ! », regretta Hassan. Soudain, Bou Taxi leva le pied pour éviter une poubelle carbonisée et jetée en travers de la chaussée. Lui et Zahiya se mirent à scruter partout où les phares du véhicule dénudaient le trottoir de ses halos jaunes. «Oh, par tous les saints réunis ! », s’étouffa Zahiya. « Qui y-a-t-il ? », s’inquiéta Bou Taxi qui pila, suivi des trois autres passagers qui montèrent à son chevet. « Là, sous la porte cochère, il y a un cadavre, on a dû l’oublier, il est plein de sang coagulé… Lire la suite

Aïd Moubarak عيد مبارك

4 Juin

Bonne Fête de l’Aïd el-Fitr à toutes et tous,  croyants ou pas.

Quel que ce soit le chemin entrepris

Un moment de fête à passer ensemble, c’est toujours ça de pris sur l’adversité !

Même si les ténèbres s’étendent à l’horizon, tenir la ligne, rester droit et ne jamais oublier le pourquoi de notre combat!

Prenez soin de vous et de vos proches !

Quartiers Libres vous passe le Salam.

 

Émission radio #QuartiersLibres : Bande-son des Luttes – Épisode 1 : Face à la Répression

3 Juin

 

Tracklist

Caravan – Song of the mountain fighter (Thailande)
Troupe Résistance – Tape pa nou dan la tet, la police (Réunion)
LKJ – Sonny’s Lettah (Inglan)
Earth & Stone – Jailhouse Set Me Free (Jamaique)
Dennis Brown – Three Meals A Day (Jamaique)
Kaneka Vamaley – Liberté (Kanaky)
)Liberté. – Wanny S. King, Magic Pinokio & Nathan (RDC)
Dedicated – Sister Asia Feat. Steele & Top Dogg (USA)
2Pac / Outlawz / BIG – Runnin From The Police (USA)
B.James [Anfalsh] – Atmosphère Sécuritaire (France)
Cheikh MC – Revolution (Comores)
Rap DZ Anti Power. – Deymed MBS, Cinou, Sofiane Hamma, Icosium, L’adrinaline (Algérie)
Malcolm Garvey Huey – Dead Prez feat Divine RBG (USA)
Ideal J – J’ai Mal Au Coeur (France)

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Manifestation Antifasciste

28 Mai

Archives en mouvement : Hommage à Djamel Kelfaoui

27 Mai

En hommage à Djamel Kelfaoui, décédé il y a 10 ans le 22 mai 2009 à Laghouat ( Algérie), Quartiers Libres partage ce texte écrit par M. Farid Taalba, quarante jours après son décès.

Photo prise lors du 2nd FSQP – 3-4-5 oct.2008 à Nanterre – projection du film de Djamel Kelfaoui « Cheb Hasni, je vis encore ! » – le dim. 5 oct.2008

Une des dernières fois où nous avions vu Djamel Kelfaoui, c’était le 14 mars 2009. Il avait accueilli une séance du Cinéma de Quartiers consacrée à la Palestine dans ses locaux de Tam-Tam à Pantin. Evidemment nous avions eu de nombreuses discussions et il ne manqua pas de nous faire état de l’avancement de ces différents projets cinématographiques.

Il était notamment sur le point de partir en Algérie pour terminer son film sur Cheb Hasni.

A travers son désir de faire connaître les musiques populaires algériennes, c’est son attachement à l’Algérie et à la mémoire de l’immigration qu’il affirmait une fois de plus comme il avait eu souvent l’occasion de le faire : « Moi, je suis Algérien et je ne peux pas faire abstraction de l’histoire de mon pays et de la lutte de mon père par rapport à ce pays (…). Ma mère me déposait chez une voisine les jours où ils allaient manifester pour que nos pères soient libérés à l’époque des rafles. Je n’ai pas de souvenirs directs des événements mais je me souviens très bien de ma mère m’en parlant. J’ai donc très vite baigné dans cette ambiance et c’est grâce à elle que je me suis politisé. »

Et si ce fut grâce à sa mère qu’il se politisa, ce fut aussi grâce à elle qu’il put envisager de retourner au pays en devenant sa productrice. Ce soir là, il nous le rappela avec dans les yeux une flamme de reconnaissance infinie, heureux de contourner les obstacles d’un milieu professionnel dont il ne cessait de dénoncer les hypocrisies, les coups bas et les avidités exacerbées. Gorgé de joie créatrice, il s’envola quelques jours après pour l’Algérie. Deux mois plus tard, je me rendis aussi au bled pour réaliser des entretiens avec des gens de mon village comme je le lui avait dit avant son départ.. Lire la suite

Émission radio #QuartiersLibres : Question de stratégie

16 Mai