La séance du dimanche : When we were kings

5 Juin

En ce dimanche pluvieux et plutôt triste qui succède à l’annonce du départ de Mohamed Ali pour d’autres cieux, l’occasion se présente pour se rappeler une autre époque dont Ali a été l’un des reflets.
Cette époque a pour caractéristique que contrairement à la notre, elle n’a pas comme marqueur de réussite absolue l’argent.
Mohamed Ali n’est pas à l’époque considéré comme le plus grand pour des extravagances sur et hors du ring liées à l’argent que ses combats génèrent mais pour ses déclarations qui collent au fond de l’air d’un contexte rouge. Il a pris des coups sur le ring et hors du ring pour avoir dit des choses qui dépassaient l’affirmation de sa personne et pris position politiquement sur des questions clivantes comme la guerre du Vietnam.
Ses plus ardents supporters diront que c’est parce qu’il était bien au dessus du fric. A cette époque, il n’est pas le seul.
D’autres se contenteront de rappeler que mettre les gants avec tous les plus durs dans la catégorie des lourds chez les « rémunérés » (les pros, ceux qui sont payés pour boxer) est un critère de réussite dans une carrière, et avoir réussi de les battre relève de l’exploit pur et simple. Ali est un boxeur dur au mal et courageux, il a porté jusqu’à son dernier souffle les stigmates de ses trop nombreux rounds passés sur le ring. Parce que contrairement à ce que laisse croire le mythe, sa carrière a été hachée, longue et difficile.
D’autant plus qu’Ali est un mi-lourd lorsqu’il gagne sa médaille d’or aux Jeux Olympiques. Grimper de catégorie et jouer la carte du déplacement et de la vitesse face à la puissance est un pari osé et spectaculaire. Ali est le fils d’une époque où l’on osait lutter et vaincre.
Quelles que soit les circonstances, croire en ce qu’on fait change tout. Mohamed Ali le démontre à Kinshasa face à George Foreman plus jeune que lui et archi favori.
Le combat baptisé par le promoteur Don King « Rumble in the jungle » a lieu en mondovision le 30 octobre 1974 à Kinshasa (pas exactement dans la jungle). Foreman est alors le champion en titre. Il est champion Olympique poids lourd en 1968, et a pulvérisé tout le monde depuis son passage chez les pros y compris Frazier et Norton qui ont battu Ali précédemment…

La suite est connue, elle fait partie de la culture populaire mondiale.
Bonne séance !

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