Un 1er mai sous le signe des menteurs et des pleureurs

6 Mai

Au cours du défilé du 1er mai dernier à Paris, un incident a opposé des manifestants à des militants d’une milice de l’extrême droite sioniste. Voilà les faits. Tout le reste n’est que mise en scène et intoxication, menée par des organisations et médias politiques pro-israéliens qui visent à criminaliser l’extrême gauche pour dédouaner le FN, leur nouvel allié mis en cause ce même 1er mai pour sa violence endémique.

La manifestation du 1er mai est un défilé politique dans lequel des cortèges de soutien aux peuples en lutte ont toujours été présents.

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Les liens entre mouvements politiques d’extrême gauche, organisations syndicales ou révolutionnaires et soutien au peuple palestinien sont de notoriété publique. Il suffit de se rappeler le rôle des syndicats et des structures politiques d’extrême gauche dans l’organisation des manifestations et d’événements en soutien à la cause palestinienne de l’été 2014, par exemple. Il convient également de rappeler que le 1er mai est une journée de lutte des travailleurs placée sous le mot d’ordre de l’internationalisme. Rien d’étonnant, donc, à la présence de cortèges de peuples en lutte.

Ce 1er mai 2015, il n’y avait pas que les Palestiniens et leurs soutiens présents dans le cortège, on trouvait aussi les Kurdes, que la LDJ prétend soutenir sur Twitter.

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La réalité est évidemment différente, le peuple kurde et sa principale organisation en France, le PKK, soutiennent la résistance palestinienne. Comment pourrait-il en être autrement? Israël est le produit historique de l’impérialisme occidental que combat le PKK et Abdullah Öcalan, dirigeant du PKK, a été capturé et livré à la Turquie avec le soutien du Mossad. Il faut être un jeune idiot de la LDJ pour penser nouer des liens avec la résistance populaire Kurde quand on est membre d’une organisation sioniste d’extrême droite.

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Le 1er mai, fête internationaliste des travailleurs, est fatalement une cible pour l’extrême droite sioniste. En effet, la LDJ, le Betar et l’extrême droite israélienne en général, tout comme leurs sœurs des droites radicales européennes, rejettent les valeurs de lutte et d’internationalisme de cette journée. C’est pourquoi la LDJ s’était déjà faite remarquer un 1er mai dans le but de provoquer et d’attaquer les manifestants.

L’incident de cette année n’est donc pas un cas isolé et s’inscrit dans une stratégie de la tension initiée par l’extrême droite israélienne en France.

Pour faire entrer cet incident dans un récit qui permet de vendre l’antisémitisme de l’extrême gauche et des classes populaires, il faut évidemment tordre la réalité.

Pour relater les incidents de ce 1er mai les menteurs entrent en scène: la scène est présentée comme une agression antisémite et la présence de la LDJ n’est jamais évoquée. Le premier à médiatiser l’incident est le CRIF et sa désinformation est reprise principalement par des médias sionistes comme JSS News qui, encore une fois, « omet » de faire mention de la présence la LDJ.

Petit problème de narration : dans le camp des soutiens aux personnes présentées comme des victimes, les voix ne sont pas unanimes.

JSS News explique tenir de source policière l’information que c’est la « Gaza Firm » qui a fait le coup de poing. Avec un tel mensonge, si le ridicule tuait, le CRIF pourrait titrer « attentat antisémite : JSS News tué par le ridicule ». Il n’y avait pas de « Gaza Firm » ce jour-là. Les membres de ce groupe sont pour la plupart des ultras du PSG et ne fréquentent pas les manifestations politiques en dehors de celles en soutien de la cause palestinienne. C’est lors de manifestations du mois de juillet dernier que ce groupe est apparu dans les cortèges mais surtout sur le Net grâce aux réseaux médiatiques de la dissidence en carton. C’est pour cette raison qu’il ne paraît pas insensé de penser qu’ils ont été instrumentalisés par Alain Soral et Mathias Cardet.

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Introduire la  « Gaza Firm » dans le récit permet à JSS News de mettre en scène son tigre numérique préféré: Alain Soral. En surfant sur les liens connus de membres de la Gaza Firm comme Mathias Cardet avec Soral, JSS news profite de l’antisémitisme de Soral pour entacher l’incident d’un racisme antijuif. C’est habile, mais cela reste un mensonge et prouve surtout les convergences d’intérêt entre antisémites et sionistes. Comme le vendeur de parapluies a besoin de la pluie pour vendre sa camelote, sionistes et antisémites ont besoin l’un de l’autre pour vendre leurs idées racistes. Quand il ne pleut pas, ils se crachent dessus et éclaboussent tout le monde autour d’eux pour vendre leurs parapluies.

CRIF (@Le_CRIF) | Twitter 2015-05-01 20-18-37

De son côté, le CRIF a immédiatement accusé des colleurs d’affiches du NPA d’être à l’origine de l’agression.  « Gaza Firm » ou NPA? Accordez vos pipeaux, ce n’est pas très sérieux tout ça.

En impliquant à tort le NPA, le CRIF  est fidèle à son nouvel agenda politique et confirme son alliance tacite avec le FN mariniste. Ce n’est pas fortuit si le CRIF et le FN sont sur les mêmes bases de communication.

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C’est l’occasion de taper sur un ennemi politique commun, la gauche radicale, en utilisant le racisme qui est leur fond de commerce et ainsi d’essayer de détourner l’attention des violences qui ont marqué le 1er mai du FN. Depuis cet été, la ligne politique du FN et du CRIF convergent tellement que même Alain Soral , le sous-marin du FN dans les quartiers, ne peut masquer ce type de convergences et d’accointances.

Les incidents qui ont eu lieu ne sont pas liés au racisme mais à la politique. Lorsque le GUD se prend des coups, ce n’est pas pour des raisons raciales, culturelles ou religieuses. Pourquoi en serait-il autrement avec l’extrême droite juive?

Le traitement mensonger médiatique de ce 1er mai permet de tracer des lignes de front et de montrer des convergences idéologiques et d’intérêts qui s’opèrent.

D’un côté, une stratégie de dédiabolisation du FN soutenue par bon nombre de médias et une partie de la droite en vue d’alliances; de l’autre, une diabolisation des soutiens à la cause palestinienne et de la gauche radicale sous toutes ses formes (Tarnac, ZAD …) et des quartiers populaires (JSS News n’utilise pas le terme de racailles en vain).

La thèse d’un « nouvel antisémitisme » censé être porté par la gauche radicale pro-palestinienne est largement véhiculée dans les médias ainsi que dans une une large frange de la classe politique française. Faut-il rappeler que récemment le philosophe en carton qu’est Michel Onfray a lui aussi taxé le NPA d’antisémitisme au motif qu’ils avaient participé aux manifestations de l’été 2014 en soutien à Gaza ?

Le traitement médiatique de cet incident, toute proportion gardée, est comparable à ce qui s’est passé lors de la manifestation qui a vu la LDJ détaler après ses provocations rue de la Roquette. Dans un premier temps les affrontements avec la LDJ ont été présentés comme une attaque contre une synagogue, avant que les déclarations du rabbin de la synagogue, les tweets de la LDJ appelant à un affrontement et une vidéo ne révèlent la présence d’une LDJ armée et présente pour en découdre.

De fait, il existe en France des juifs qui appartiennent à une mouvance raciste et qui sont liés avec l’extrême droite classique. Cela fait des années que des militants antifascistes les affrontent sur le terrain sans en faire de publicité ou en tirer une quelconque gloire.

Le CRIF, le FN et leurs satellites (comme Soral et JSS news) évacuent soigneusement l’aspect politique des incidents du 1er mai pour racialiser la lutte du peuple palestinien et la réduire à un affrontement entre juifs et arabes, judaïsme et islam, évacuant la dimension coloniale, les oppositions juives au projet sioniste et à la politique israélienne, l’implication de puissances impérialistes, les divisions entre pays arabes.

Ce qui s’est passé le 1er mai n’est pas un affrontement à connotation antisémite, mais une altercation entre militants politiques dont la conception du monde diffère totalement.
Cette bagarre a été déclenchée par la présence d’une milice raciste. Cette milice mobilise pour ses basses œuvres de jeunes juifs qui s’amusent a faire les malins sur le Net ou derrière les CRS.

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La rue ce n’est pas GTA, on ne se débrouille pas en pianotant « croix / rond / triangle » pour placer un combo gagnant dans une tête. Si on prétend jouer les guerriers, inutile de pleurer quand on récolte  le cassage de gueule promis à autrui. Parce que c’est pour ça que  la LDJ était présente sur le bord de cortège du 1er mai 2015 à Paris : casser des gueules. À ce jeu la LDJ ne gagne que très rarement face à l’extrême gauche mais elle n’a aucune raison légitime de venir se plaindre après sa tentative de raid.

Ce 1er mai 2015 la LDJ est venue pour se taper, ses militants ont eu leur bagarre. Ils ont perdu une fois encore.

Une fois de plus, ils pleurent et se font passer pour des victimes auprès de la Police et des médias.

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C’est la simple et triste réalité. Ceux qui se rêvaient en guerriers hébreux ce 1er mai 2015 rue des Boulets à Paris, sont avant tout des boulets carrés de la violence de rue, incapables de bouger, juste bons à la parlotte et à vociférer des insultes bien à l’abri des assauts derrière des rangées de garde-mobiles. Ils sont fort heureusement incapables d’assumer la violence qu’ils revendiquent sur les réseaux sociaux, ils sont dans la rue peu vaillants et mythomanes. Cela en dit long sur les dissidents en carton comme Soral qui se sont construits une image de chevalier en racontant qu’ils vivaient sous la terreur de ce groupe.

Les militants engagés dans le soutien de la lutte du peuple palestinien ne se cachent pas derrière des larmes ou des mensonges car ils se battent pour la vérité et la justice.

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Une Réponse to “Un 1er mai sous le signe des menteurs et des pleureurs”

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  1. Guignolades et guerres civiles | quartierslibres - 1 septembre 2015

    […] c’est souvent protégé par les forces de l’ordre que ce groupuscule arrive à se sortir de situations humiliantes qu’il a lui-même provoquées. Ces enfants gâtés ne sont pas « dangereux » mais ils ont accès à une formation […]

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