Farida Belghoul : Game Over.

29 Mar

Elle avait dit vaincre ou mourir. Elle avait promis qu’elle ferait tomber le gouvernement. Elle avait balancé un paquet de phrases choquantes parce qu’elle aime se retrouver sur le devant de la scène.
Le 24 mars 2016, elle atterrit à la barre d’un Tribunal pour répondre de ses déclarations sur le Net.
Tata Farida n’a pas vaincu, et elle n’a pas péri. Elle a juste été lâchée par les gens comme Escada ou Soral qui ont su tirer profit de son égo.
Deux ans après son succès médiatique c’est la déconfiture.

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Elle avait contribué à lancer des accusations sur une maîtresse d’école qui aurait obligé des enfants à se mettre nus devant leur classe au nom de la « théorie du genre ».
Deux ans après la mode des « manifs de droite pour tous », le retour au réel est brutal. Le tribunal fait office de cellule de dégrisement. Fini la parade, il ne reste rien que des personnes qui ont parlé à tort et travers.
Aucune preuve des accusations lancées. On s’en doutait un peu. Mais surtout, une ligne de défense dans le plus pur style dissidence en carton : « c’est pas moi, chef ! ».
D’après Tata Farida la vidéo insultante à caractère diffamatoire a été postée à l’insu de son plein gré par son caméraman qui a fui la France en lui piquant des sous et son passeport.

« C’est le cameraman qui l’a diffusée. Il a fait le montage et a décidé de la diffusion. Je n’ai pas été consultée, j’ai même pas vu la vidéo en entier. Les jours suivants, je ne m’y suis pas opposée car il n’y avait pas de nom cité. Le compte Facebook était d’ailleurs géré également par ce cameraman qui vivait à mon domicile. J’étais occupée par de très nombreuses tâches et toujours en déplacement. Ce caméraman s’est d’ailleurs révélé infréquentable par la suite. Il m’a volé de l’argent, mon passeport (…) Et a quitté le territoire national. »

Décidément le milieu des combattants de la vertu est composé de personnes peu fréquentables. On croirait un épisode de la vie de Soral se faisant truander par son poto Cardet.
La mère de famille qui témoignait devant la caméra de Farida déclare elle devant le tribunal qu’elle ne se doutait pas un seul instant que c’était pour faire une vidéo et qu’en plus elle racontait ce que lui avait dit quelqu’un d’autre. On croirait une ligne de défense sortie d’un sketch des Guignols de l’info.
Quand ça faisait le buzz, côté JRE ça bombait le torse et ça jurait que ça irait jusqu’au bout.
Devant le tribunal hier, Tata Farida et l’ex militante de son réseau plaidaient toutes deux le malentendu avec un numéro de claquettes sur les bonnes mœurs pour sauver la face.
Pas d’excuses, pas de preuves mais surtout un dégonflage en règle telle est l’aboutissement du combat de façade de Farida.
Farida se déballonne mais ne reconnait pas ses erreurs. Ce serait se fâcher avec ses commanditaires de la droite catholique qui la maintienne sous perfusion et surtout cela lui ferait perdre le peu d’influence qui lui reste sur les derniers illuminés qui l’écoutent encore.
Reconnaître les torts faits à une maîtresse qui travaille dans un quartier populaire ce serait admettre que les JRE et la théorie du genre c’était du bluff depuis le début. Alors les deux saintes de la croisade destinée à protéger nos enfants de Satan louvoient pour éviter de devoir assumer leur mensonge qui a jeté une institutrice en pâture à la vindicte des fans des JRE.
La ligne de défense des deux moralisatrices : elles auraient repris un mensonge de bonne foi sans savoir que s’en était un, elles se seraient filmées sans avoir l’intention de publier des vidéos.

« Pour moi, cette vidéo était le dernier recours. Je n’ai pas affirmé que les faits étaient avérés, j’ai relayé les propos d’une maman. Mon but était de faire pression sur la directrice. Nous n’avons pas pu identifier la petite fille dont parlait le garçon. Je ne savais pas que la vidéo serait accessible par tous, je pensais que sa diffusion serait restreinte au réseau JRE. »

Dur maintenant d’assumer les déclarations filmées devant le tribunal sans mettre à mal les basses œuvres réalisées par les JRE qui ont permis d’amplifier le fossé entre l’école et les parents des classes populaires pour le plus grand profit des écoles privées cultuelles.
Cerise sur le gâteau de la dissidence en carton, pendant que Tata Farida nous vendait l’école payante de ses bailleurs de fonds de la droite catholique en l’enrobant avec un discours pieu, le gouvernement était lui bien content de voir une bataille sur des moulins à vent détourner l’attention d’une fraction des classes populaires des réformes alors en cours dans l’Éducation Nationale.
L’ABC de l’égalité n’a rien changé dans les cours d’école. Nos gamins n’ont pas été violés en masse par des maîtresses d’école satanistes comme Tata Farida le clamait.
Par contre, les nouveaux rythmes scolaires ont renforcé les inégalités sociales en transformant les activités périscolaires en garderies sociales dans les écoles des villes populaires qui n’ont pas la volonté et les moyens d’organiser des cours de violon et d’équitation pour des familles qui ont déjà du mal à payer la cantine. Les municipalités, pour leur grande majorité, en ont profité pour se « restructurer » c’est-à-dire faire des économies sur la qualité de l’encadrement.

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Pour les gens qui, comme Tata Farida, défendent l’Ecole Privée cette destruction d’un Service Public qui tient encore un peu la route c’est une aubaine.
La diversion Farida a bien marché. La réforme des rythmes scolaires s’est installée dans notre quotidien sans faire de bruit. La dissidence en carton a encore une fois joué parfaitement son rôle d’aide à la préservation du système en se basant sur les « valeurs morales ».
Pour preuve, le Procureur explique à la fin de son intervention que les explications de Tata Farida qui prétend ne pas avoir voulu faire de vidéos finissent par être crédibles.

«[Hassan et Belghoul] disent qu’elles n’ont pas créé l’événement. Je commence à me poser la question.»

Toutes les institutions ne se valent pas. La Justice ne semble pas défendre avec autant d’acharnement les enseignants que les policiers mais cela ne peut plus permettre à Farida Belghoul de faire illusion auprès du grand public. Ni victoire, ni mort, rien que de la communication et du colportage de rumeurs. Game Over.

Maintenant que le soufflé médiatique est retombé et qu’il n’y a plus de confusion, plusieurs questions demeurent.
Est-ce que toutes celles et ceux qui ont soutenu Tata Farida et ses délires en l’invitant et en l’aidant à propager ses thèses la soutiennent encore publiquement?
Ont-ils abandonné le combat pour sauver les enfants? C’était un combat vital, le combat de leur vie.

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Se sont-ils simplement servi de la gloire éphémère de Farida pour se mettre dans sa lumière de manière opportuniste? Crier avec la meute ça permet aussi de se faire entendre.
Il n’y avait personne pour la soutenir au tribunal, et même pas un petit mot de soutien sur les réseaux sociaux.
Il est plausible que les anciens associés de Farida Belghoul espèrent qu’on oublie au plus vite leur engagement à ses côtés. Game Over.

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  1. Soral et Conversano, les anges de la téléréalité dissidente | Quartiers libres - 11 décembre 2016

    […] ainsi dans la lignée des règlements de comptes mesquins entre individus plus tordus les uns que les autres qui égrènent la vie des dissidents en carton depuis 2 ans. En réalité, le seul truc […]

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