Ligue des tocards

15 Sep

Mercredi 16 septembre 2015 à 21 heures, c’est la rentrée des crasses pour la dissidence en carton. Une soirée ligue des tocards pour ceux qui restent obnubilés par la secte « soral-dieudonné ».
Salim Laïbi organise en direct sur youtube un « jeu de la vérité » en compagnie d’anciennes gloires de la « dissidence » écartées pour des raisons diverses et variées par le binôme phare du mouvement contestataire numérique.
La bande annonce est alléchante : Mathias Cardet, Olivier Mukuna, Pierre Dortiguier et Paul-Eric Blanrue vont venir balancer anecdotes et analyses à charge contre ceux qui les ont rendus célèbres.

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C’est ballot de proposer une soirée de déballage de linge sale sur le Net le soir de la première journée de la ligue des champions, c’est partir du principe qu’un talk-show sur Soral intéresse plus qu’une soirée de foot.
Une erreur de timing et de casting si le public visé est celui des classes populaires. Probablement peu de gens suivront le direct du grand déballage, mais ce n’est pas grave : les déclarations les plus fracassantes pourront être revues en boucle dans les nombreux épisodes qui animeront cette nouvelle saison de « comprendre les pitres ».

Cette décomposition sur fond de concurrence pour des parts de marché était prévisible et inévitable. Aucune gloire à tirer d’avoir annoncé il y a plus d’un an la tempête et le naufrage qui ont transformé la dissidence en zizi-dance. Notre seul regret c’est que les seaux de purins qu’ils se jettent au visage à grand renfort de communication et de spectacle continuent de pourrir un terreau avide d’une éducation populaire. Aujourd’hui, la dissidence c’est « confessions intimes », tout le monde assis sur un canapé à raconter sa vie et déballer son intimité sur fond de justifications théologiques et culturelles. Le processus fonctionne avec les chaines mainstream ; il est aussi valable pour les plateformes internet. Le public se choisit un personnage et devient fan, avec en arrière-plan l’éternelle faute des juifs, des islamo-racailles et autres LGBT.

Tout un tas d’opportunistes ont gravité autour de Soral et Dieudonné pour vendre eux aussi leur bile. Chacun a clamé sa proximité idéologique et humaine, tressé des lauriers, chanté les louanges du duo de pitres Soral et Dieudonné. On les a vu s’afficher avec eux, multiplier les conférences et les vidéos faisant la promotion de ce que ce binôme incarnaient à l’époque selon eux : un front de la foi, des héros de la lutte contre une France enjuivée, contre la finance internationale apatride, contre le lobby gay qui veut adopter des enfants pour les violer, contre les francs-maçons satanistes… Tous ces délires sans lesquels une vidéo ne peut être estampillée du label dissident.

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Durant des années, des personnages inconnus ont pu devenir des stars aux yeux des spectateurs du « Secret Story » de la politique mis sur pied par l’équipe d’Egalité et Réconciliation. Cette boite de communication a appliqué avec succès la recette des émissions de télévision comme « C’est mon choix » qui avaient fait la renommée de Soral.

Pierre Dortiguier, obscur parmi les obscurs, est devenu un « philosophe » qui explique le traditionalisme ou le récentisme à un public qui a envie de rêver. Durant plusieurs années, c’est avec le concours de la PME d’évènementiel de Soral que cet homme a pu raconter le plus grand n’importe quoi pour divertir et abrutir les fans soraliens. Dans les histoires de Dortiguier, le moyen-âge n’a pas existé. Le mur d’Hadrien ? Il a servi à contenir les dinosaures. Ce précurseur a ouvert la voie à MetaTV qui est désormais « première sur la science-fiction dissidente », soit l’ufologie nazie à destination des nuls.

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Olivier Mukuna, journaliste ordinaire, est devenu une figure « dissidente » étiquetée anticoloniale parce qu’il a été dans le sillage de Dieudonné. Aujourd’hui, il tente de feindre l’étonnement quant à la trajectoire de celui qui l’a rendu populaire et dévoile le racisme dans lequel baigne Dieudonné. Comme laver plus blanc ?

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Paul-Eric Blanrue est l’auteur à succès de livres sur n’importe quel sujet et « les juifs ». Il était sur le filon des juifs avant Soral. C’est-à-dire avant que cela ne redevienne rentable de cracher sur les juifs. Il soutient depuis longue date le négationniste Faurisson et est un des rares à avoir pris un selfie avec feu Emmanuel Ratier. C’est un des poids lourds de l’obsession des feujs.

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A ce titre, c’est peut-être le seul militant sérieux du plateau de mercredi soir, un militant royaliste d’extrême droite qui s’assume et qui va devoir composer avec des clowns qu’il méprise ouvertement:

« Je ne suis guère adepte du récentisme d’Anatoli Fomenko et les géants de l’Atlantide de Laurent Glauzy ne sont pas de ma famille ».

Se permettre d’écrire cela dans la préface du bouquin de Salim Laïbi c’est se moquer ouvertement de la personne que l’on préface. Quand un type comme Blanrue, qui a tenté de se bâtir une réputation sur le dézingage de mythes sectaires comme celui des raëliens ou de la scientologie pour tenter de réhabiliter le négationniste Faurisson, évoque les géants d’Atlantides pour se démarquer de Salim laïbi tout en lui assurant sa considération, c’est du foutage de gueule et une belle manipulation.
Il a beau jeu de vouloir se démarquer des 4 fantastiques avec qui il va tailler le bout de gras, lui – secrétaire du duc d’Anjou – reste enraciné dans le terroir et prétend garder la tête sur ses épaules (contrairement aux ancêtres de son maitre d’Anjou).
Il va être l’un de ceux qui vont tirer les plus gros boulets rouges sur Soral. On attend avec impatience des détails croustillants sur les liens entre Goldnagel et Soral et les règlements de compte avec Peninque, qui n’est pas dans les petits papiers de Blanrue. L’extrême droite a ça de fabuleux : elle est agitée d’histoires de boutiquiers envieux les uns des autres.

Le quatrième pitre de cette soirée de tocards, c’est le hooligan invisible et producteur de rap virtuel Mathias Cardet, Thomas Nlend pour les intimes. Ex-soldat de Soral, le mec qui devait amener la street-credibility chez E&R et qui a vraisemblablement amené StreetPress vers certaines infos.
Il était prêt à se taper et mourir pour Soral, il multipliait les vidéos de menaces et insultes parce qu’il se croyait bien entouré. C’est facile de faire le malin quand on utilise la protection de véritables figures comme Jo Dalton. Le problème c’est qu’aujourd’hui, Jo Dalton, qu’il présentait comme son parent, nie en bloc tout lien avec Mathias. Cerise sur le gâteau, Jo est entré en guerre ouverte avec Soral. Jo Dalton ne tolère pas les racistes, il lui est impossible de pactiser avec des gens de droite radicale même s’ils sont solvables. Il faut ajouter à cela que Coco TKT ne fait plus de quenelle.
L’oncle Tomtom reste donc seul à visage découvert, sa légende d’ancien hooligan ultraviolent a disparu le jour où sa capuche est tombée. Du coup, Cardet a quitté le navire dissident, en tapant dans la caisse selon les dires de son ancien maître. Si tel est le cas, félicitations Mathias pour ta constance dans l’escroquerie.
La seule chose à laquelle Cardet reste fidèle, c’est sa légendaire traitrise. Ses nouveaux compères sont avertis.

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Le maître de cette cérémonie, c’est le dentiste très premier degré Salim Laïbi. La guerre pour des parts de marché est devenue une sale affaire personnelle entre Soral et lui.

Pourquoi un tel déballage ? Parce que Soral reste leader sur le marché et qu’il se comporte comme le petit patron poujadiste qu’il est avec ses anciens subalternes et sous-traitants.

On peut avoir une idée de la teneur des propos de mercredi : pour Dortiguier et Blanrue, le logiciel de Soral est mauvais parce qu’il dit du mal des juifs avec un enrobage « marxiste » superflu. La lutte des classes, ce n’est pas un truc qui intéresse Blanrue. On doit pouvoir détester les juifs sans rêver d’une révolution qui mettrait en cause les hiérarchies sociales. Blanrue rêve que la noblesse soit contagieuse, il rêve d’être irradié de sang bleu de par son statut de majordome ou de secrétaire d’un duc. Le complexe du nègre de maison version franchouillarde.
Les deux renois de la soirée, quant à eux, vont sans doute nous expliquer le racisme soralien dans lequel baigne la dissidence après avoir vécu à ses crochets.
Les deux blancs et les deux ex-tirailleurs vont balancer des anecdotes sur la virilité surjouée et bidon de Soral et nous narrer quelques belles histoires sur son comportement de pleutre dans la vie réelle. Le prélude de ce passage est annoncé par cette petite perfidie de Blanrue qui rappelle dans la préface du bouquin de Laïbi que Soral n’a du boxeur qu’une certaine forme de jeu de jambes :

« il court se réfugier dans un Franprix durant une rixe survenue entre ses militants et les antifas au marché Pyrénées dans le XXe arrondissement de Paris ».

La conclusion reviendra bien évidement à Salim Laïbi, qui tentera de faire une synthèse entre l’expérience de l’infanterie dissidente noire et les idéologues fascistoïdes, afin de replacer son dernier ouvrage qui semble moins marcher que le bouquin sorti par les deux journalistes de StreetPress.

La pensée maurassienne, le négationnisme comme toile de fond et des anecdotes sur les coulisses de la dissidence. Tout cela ne vaut malheureusement pas une soirée de ligue des champions dans laquelle il y a plus de spontanéité, d’émotions et de beaux gestes. Malgré tout, on compte toujours plus de fans du Bayern de Munich que d’obsédés des Illuminés de Bavière.

Dans le camp des droites nationales, l’opportunisme n’a pas de limites et est toujours spectaculaire. Les 4 fantastiques (Cardet dans le rôle de l’invisible) et le « serviteur du Duc d’Anjou » vont balancer tout ce qu’ils peuvent sur la dissidence et accabler Soral dans l’optique de faire oublier qu’ils en sont tous d’anciens animateurs et défenseurs à l’exception de Blanrue qui n’aura fait que bénéficier de son réseau de distribution.

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Il n’y a pas si longtemps, les 4 fantastiques se moquaient et se battaient pour jeter la première pierre à Ahmed Moualek, qui fut le premier à raconter à quoi ressemble la dissidence hors Internet. Maintenant que tout le monde sait que cette clique sent le moisi, ils jouent à leur tour les messieurs propres.
Les voilà, comme Moualek, à devoir se réinventer une vie devant leur public pour continuer à lui faire cracher au bassinet et vivre à ses dépens de combats contre des moulins à vent. Leur avenir va se jouer sur cette soirée. Il leur faudra convaincre des ahuris de la sincérité de leur démarche. On a un argumentaire tout trouvé pour eux, pioché chez leur menteur de référence : il n’y a jamais eu de dissidence, les vidéos de Soral n’ont jamais fait 6 millions de vues.

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Durant des années, les 4 fantastiques n’ont eu de cesse de chanter les louanges de Soral et Dieudonné, de rappeler et manifester leur proximité avec ces « figures » de la dissidence. Le cinquième, serviteur de la noblesse, surfait sur la vague d’argent crée par la brise dissidente. Aujourd’hui, c’est un flot d’insultes et un déni permanent : ils connaissaient à peine Soral et Dieudonné. Ils n’étaient ni amis, ni proches. Petit paradoxe avec celle ligne de défense : ils vont donc parler de ce qu’ils ne sont pas censés savoir puisqu’ils ne les ont pas fréquentés.
C’est le même argument miteux utilisé par Jean Bricmont, aujourd’hui défenseur de Soral. Il affirme ne pas savoir si ce qui se dit sur Soral est vrai ou faux mais cela ne l’empêche pas de clamer qu’un complot est ourdis contre « un penseur ».
Parce qu’il y aurait une pensée cohérente dans Soral ?
Même comme VRP du FN, Soral est nul, il dit tout et son contraire : un jour Philipot,un jour Chauprade, un jour Marine et aujourd’hui Jean-Marie.
Savoir que Soral est un escroc au service de l’extrême droite, ce n’est pas important pour Bricmont. C’est vrai que dévoiler Soral tel qu’il est, un rabatteur cupide pour l’extrême droite, cela oblige à se positionner face à lui quand on se réclame de la gauche révolutionnaire en Europe ou en Amérique latine.
C’est sans doute ce qui gêne Bricmont et tous ceux qui, sur le Net, espèrent vivre ou profiter encore un peu de la notoriété de Soral et Dieudonné malgré l’accumulation de preuves de leur médiocrité.

On a les maitres à penser que l’on mérite. Prendre la défense de Soral, c’est choisir son camp : celui du racisme, du sexisme, du mensonge, de la bassesse et de la cupidité. C’est le genre d’engagement qu’on ne peut pas laver en un talk-show ou un retournement de veste.

Les démarches de soutien à Soral sont de plus en plus rares. L’observation de la dissidence nous enseigne que pour chacune d’entre elle, l’intérêt qui les motive finit tôt ou tard par apparaitre lors de règlements de comptes.
Chez les « dissidents », la trahison n’est décidément qu’une question de temps.

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